jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401863 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique (Chambre 1) |
| Avocat requérant | SJ2A |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juin 2024, M. A B, représenté par Me Jonquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48 SI " du 5 avril 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul et lui a enjoint de restituer son titre de conduite invalidé ainsi que les décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 11 octobre 2017, 22 mai 2018, 8 juillet 2020, 9 septembre 2020, 16 mars 2023 et 12 octobre 2023 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer sans délai son titre de conduite;
3°) de mettre la somme de 2 400 euros à la charge de l'Etat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les informations préalables obligatoires prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui ont pas été communiquées préalablement aux décisions de retrait de points consécutives aux infractions susvisées ;
- les points pour les infractions ayant entrainé le retrait d'un point au capital de son permis ne lui ont pas été restitués, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut :
1°) au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision 48 SI du 5 avril 2024 et de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction au code de la route constatée le 12 octobre 2023 ;
2°) au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- la décision 48 SI du 5 avril 2024 et la décision de retrait de points consécutive à l'infraction constatée le 12 octobre 2023 ont été retirées ;
- les points qui avaient été retirés à M. B à la suite des infractions constatées le 22 mai 2018 et 9 septembre 2020 lui ont été restitués antérieurement à la présentation de sa requête ;
- les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision 48 SI du 5 avril 2024, le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidité du permis de conduire de M. B pour solde de points nul. M. B demande l'annulation de cette décision et des décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 11 octobre 2017, 22 mai 2018, 8 juillet 2020, 9 septembre 2020, 16 mars 2023 et 12 octobre 2023.
Sur l'étendue du litige :
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B édité le 8 août 2024, que son permis de conduire est valide, avec un solde d'un point, et que n'y figure pas le retrait de points consécutif à l'infraction du 12 octobre 2023. Par suite, le ministre de l'intérieur est réputé avoir retiré sa décision d'invalidation du permis de conduire ainsi que la décision consécutive à ladite infraction. Les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction relatives à ces décisions sont ainsi devenues sans objet et il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
3. En second lieu, il ressort du relevé d'information intégral du permis de conduire de
M. B que les points retirés à la suite des infractions constatées les 22 mai 2018 et 9 septembre 2020 lui ont été restitués respectivement les 17 décembre 2018 et 1er juin 2021, antérieurement à l'introduction de la requête. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation des décisions relatives à ces retraits de points sont dépourvues d'objet et, par suite, irrecevables.
Sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 11 octobre 2017, 8 juillet 2020 et 16 mars 2023 :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès (). Et aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9 () ".
5. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et
R. 223-3 du code de la route, constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
6. Les dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code issues de l'arrêté du 13 mai 2011 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, prévoient que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée soit par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, soit, sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, soit avec interception du véhicule mais sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération.
7. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé ou constatée par radar automatique ou au moyen d'un formulaire conforme au modèle prévu par les dispositions susmentionnées du code de procédure pénale et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
8. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B que les infractions susvisées ont été constatées par un procès-verbal électronique dressé avec un appareil électronique sécurisé et que l'intéressé s'est acquitté, de manière différée, du paiement des amendes forfaitaires correspondantes. Par suite, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers l'intéressé de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende pour ces trois infractions. Le moyen tiré du défaut d'information sera écarté concernant ces infractions.
9. En second lieu, si M. B soutient que les points retirés consécutivement à certaines infractions commises auraient dû lui être restitués en application des dispositions de l'article L.223-6 du code de la route, il ne précise pas de quelles infractions il s'agit. En tout état de cause, ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, il ressort du relevé d'information intégral qu'en application de ces dispositions, les points retirés consécutivement aux infractions constatées les 22 mai 2018 et 9 septembre 2020 lui ont été restitués respectivement les 17 décembre 2018 et 1er juin 2021. Par suite, le moyen tiré de l'absence de reconstitution du capital de points affectés à son permis de conduire doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 11 octobre 2017, 8 juillet 2020 et 16 mars 2023. Par voie de conséquence les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B dirigées à l'encontre de la décision 48 SI du 5 avril 2024 et de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction constatée le 12 octobre 2023.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.
Le président,
S. C La greffière,
I .Varlet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026