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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2401953

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2401953

mercredi 3 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2401953
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCORSIGLIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 juin 2024, M. A D B, représenté par Me Corsiglia, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre les effets de la décision du 13 juin 2024 de fin de prise en charge du département de Meurthe-et-Moselle ;

3°) d'enjoindre au département de Meurthe-et-Moselle dans un délai de douze heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui procurer un hébergement et une prise en charge de ses besoins alimentaires, sanitaires, médicaux, administratifs et sociaux-éducatifs, au moins jusqu'à la mise à disposition de l'arrêt de la Cour administrative d'appel, sous astreinte de 100 euros par heure de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, Me Corsiglia, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, de lui verser directement une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il se retrouvera, dès le 1er juillet 2024, sans aucune ressource, sans attache sur le territoire ou soutien familial et sans hébergement ;

-le département de Meurthe-et Moselle, en mettant un terme anticipé au contrat de jeune majeur dont il bénéficiait, a porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale révélée par la carence caractérisée dans l'accomplissement des missions qui lui sont confiées au titre de l'aide sociale à l'enfance :

* la décision litigieuse est entachée d'une erreur de droit dès lors que la régularité de la situation d'un jeune pris en charge par l'aide sociale à l'enfance s'apprécie à la date d'ouverture de ses droits ;

* le département ne pouvait, alors que l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre n'est pas devenue définitive, mettre un terme à son contrat de jeune majeur ;

* le département ne pouvait prendre la mesure litigieuse sans apprécier préalablement la situation dans laquelle il se trouve, alors que son absence de ressources et son isolement impliquaient nécessairement la poursuite temporaire de sa prise en charge.

* il est totalement isolé sur le territoire national, qu'il est scolarisé au lycée professionnel et a réussi ses deux années de certificat d'aptitude professionnel " intervention en maintenance technique des bâtiments " ; qu'il souhaite intégrer un baccalauréat en septembre 2024 et poursuivre sa formation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2024, le département de Meurthe-et-Moselle, représenté par Me Cano, conclut au rejet de la présente requête.

Il soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable à défaut d'avoir préalablement exercé le recours administratif préalable obligatoire, prévu à l'article L. 134-2 du code de l'action sociale et des familles ;

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;

- la mesure ne porte pas d'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er juillet 2024 à 14h30 :

- le rapport de Mme Sousa Pereira, juge des référés ;

- les observations de Me Corsiglia, représentant M. B, qui conclut aux même fins que la requête par les mêmes moyens ; il présente en outre, dans l'hypothèse où la fin de non-recevoir opposée par le département serait jugée fondée, des conclusions subsidiaires tendant à ce que le juge des référés ordonne, à titre principal, toutes mesures utiles consistant à lui procurer un hébergement et une prise en charge de ses besoins alimentaires, sanitaires, médicaux, administratifs et sociaux-éducatifs, au moins jusqu'à la disposition de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Nancy ; qu'il peut présenter des conclusions à fin injonction dans le cadre d'une procédure de référé liberté ; il soutient en outre que la condition d'urgence est satisfaite dès lors que sa précarité résulte de la seule décision de la présidente du département et non de la mesure d'éloignement prise à son encontre ; que le département disposait d'autres voies de droit pour mettre un terme à la prise en charge dont il bénéficiait

- et les observations de Me Cano, représentant le département de Meurthe-et-Moselle, qui conclut aux mêmes fins que son mémoire en défense par les mêmes moyens et fait valoir en outre que l'irrecevabilité opposée n'est pas régularisable, y compris en présentant des conclusions subsidiaires ; que l'intéressé ne peut présenter des demandes d'injonction à titre principal ; que l'urgence n'est pas caractérisée dès lors que la situation de précarité du requérant résulte de la décision obligeant M. B à quitter le territoire français ; que la position du département se justifie compte tenu de l'entrée en vigueur de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration ; que l'âge allégué par l'intéressé n'est pas justifié et lorsqu'une scolarité a été commencée, le département ne remet pas en cause le bénéfice d'un accompagnement dans le cursus de la scolarité que le département en maintenant le contrat jeune majeur de M. B lui a permis d'achever ses études.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 16h15.

Considérant ce qui suit :

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () soit par la juridiction compétente ou son président ".

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".

4. Il résulte de l'instruction que M. B, ressortissant guinéen né le 16 octobre 2005, a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance du département de Meurthe-et-Moselle par un jugement en assistance éducative du juge des enfants de C du 13 septembre 2022. Le 16 octobre 2023, il a bénéficié d'un contrat de jeune majeur valable jusqu'au 30 juin 2024. Le 13 juin 2024, le département de Meurthe-et-Moselle a décidé de mettre un terme à la prise en charge dont bénéficiait M. B à compter du 30 juin 2024 au motif qu'il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Il demande au juge des référés de suspendre les effets de la décision du 13 juin 2024 de fin de prise en charge du département de Meurthe-et-Moselle.

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-2 du code de l'action sociale et des familles : " Les personnes de nationalité étrangère bénéficient dans les conditions propres à chacune de ces prestations : / 1° Des prestations d'aide sociale à l'enfance ; () / Elles bénéficient des autres formes d'aide sociale, à condition qu'elles justifient d'un titre exigé des personnes de nationalité étrangère pour séjourner régulièrement en France () ". Aux termes de l'article L. 222-5 du même code, dans sa rédaction issue de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : () / 5° Les majeurs âgés de moins de vingt et un ans et les mineurs émancipés qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants, lorsqu'ils ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance avant leur majorité, y compris lorsqu'ils ne bénéficient plus d'aucune prise en charge par l'aide sociale à l'enfance au moment de la décision mentionnée au premier alinéa du présent article et à l'exclusion de ceux faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. / Peuvent être également pris en charge à titre temporaire, par le service chargé de l'aide sociale à l'enfance, les mineurs émancipés et les majeurs âgés de moins de vingt et un ans qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants. / Un accompagnement est proposé aux jeunes mentionnés au 1° du présent article devenus majeurs et aux majeurs mentionnés au 5° et à l'avant-dernier alinéa, au-delà du terme de la mesure, pour leur permettre de terminer l'année scolaire ou universitaire engagée ".

6. En second lieu, aux termes de l'article L. 222-5-1 du même code : " Un entretien est organisé par le président du conseil départemental avec tout mineur accueilli au titre des 1°, 2° ou 3° de l'article L. 222-5, au plus tard un an avant sa majorité, pour faire un bilan de son parcours, l'informer de ses droits, envisager avec lui et lui notifier les conditions de son accompagnement vers l'autonomie. Si le mineur a été pris en charge à l'âge de dix-sept ans révolus, l'entretien a lieu dans les meilleurs délais. Dans le cadre du projet pour l'enfant, un projet d'accès à l'autonomie est élaboré par le président du conseil départemental avec le mineur. Il y associe les institutions et organismes concourant à construire une réponse globale adaptée à ses besoins en matière éducative, sociale, de santé, de logement, de formation, d'emploi et de ressources. Le cas échéant, la personne de confiance désignée par le mineur en application de l'article L. 223-1-3 peut assister à l'entretien. / Le mineur privé temporairement ou définitivement de la protection de sa famille est informé, lors de l'entretien prévu au premier alinéa du présent article, de l'accompagnement apporté par le service de l'aide sociale à l'enfance dans ses démarches en vue d'obtenir une carte de séjour à sa majorité ou, le cas échéant, en vue de déposer une demande d'asile. / L'entretien peut être exceptionnellement renouvelé afin de tenir compte de l'évolution des besoins des jeunes concernés. / Le dispositif mentionné à l'article L. 5131-6 du code du travail est systématiquement proposé aux personnes mentionnées au 5° de l'article L. 222-5 du présent code ainsi qu'aux majeurs âgés de moins de vingt et un ans lorsqu'ils ont été confiés à un établissement public ou à une association habilitée de la protection judiciaire de la jeunesse dans le cadre d'une mesure de placement et qu'ils ne font plus l'objet d'aucun suivi éducatif après leur majorité, qui ont besoin d'un accompagnement et remplissent les conditions d'accès à ce dispositif ". Aux termes de l'article R. 222-6 du code de l'action sociale et des familles : " Le président du conseil départemental complète si nécessaire, pour les personnes mentionnées au 5° de l'article L. 222-5 ayant été accueillies au titre des 1°, 2° ou 3° du même article, le projet d'accès à l'autonomie formalisé lors de l'entretien pour l'autonomie mentionné à l'article L. 222-5-1, afin de couvrir les besoins suivants : / 1° L'accès à des ressources financières nécessaires à un accompagnement vers l'autonomie ; / 2° L'accès à un logement ou un hébergement ; / 3° L'accès à un emploi, une formation ou un dispositif d'insertion professionnelle ; / 4° L'accès aux soins ; / 5° L'accès à un accompagnement dans les démarches administratives ; / 6° Un accompagnement socio-éducatif visant à consolider et à favoriser le développement physique, psychique, affectif, culturel et social ".

7. Il résulte, d'une part, des dispositions précitées de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles que, depuis l'entrée en vigueur du I de l'article 10 de la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants, qui a modifié cet article sur ce point, les jeunes majeurs de moins de vingt et un ans ayant été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance d'un département avant leur majorité bénéficient d'un droit à une nouvelle prise en charge par ce service, lorsqu'ils ne disposent pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants. Les dispositions du 5° de de l'article L. 222-5 dans leur rédaction issue de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, précisent qu'il en est ainsi à l'exclusion toutefois de ceux qui font l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. Il résulte, d'autre part, des dispositions de l'article L. 222-5-1 du même code qu'un projet d'accès à l'autonomie, élaboré par le président du conseil départemental avec le mineur, en y associant d'autres institutions et organismes concernés, vise à apporter au mineur pris en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance une réponse globale adaptée à ses besoins en matière éducative, sociale, de santé, de logement, de formation, d'emploi et de ressources. Ce projet est complété, si nécessaire, en fonction des besoins particuliers du jeune majeur en application de l'article R. 222-6 de ce code, pour les jeunes majeurs de moins de vingt et un ans mentionnés au 5° de l'article L. 222-5, qui continuent de relever d'une prise en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance. Cette prise en charge prend la forme du document dénommé " contrat jeune majeur " qui a pour objet de formaliser les relations entre le service de l'aide sociale à l'enfance et le jeune majeur, dans un but de responsabilisation de ce dernier.

9. Une carence caractérisée dans l'accomplissement par le président du conseil départemental des missions fixées par les dispositions rappelées aux points précédents, notamment dans les modalités de prise en charge des besoins du mineur ou du jeune majeur relevant de l'aide sociale à l'enfance, lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour l'intéressé, est de nature à porter une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

10. D'une part, il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été rappelé au point 4, que M. B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire prononcée le 15 novembre 2022 par le préfet de Meurthe-et-Moselle, qui est, à la date de la présente ordonnance, toujours en vigueur, alors même que l'intéressé justifie avoir introduit un recours devant la cour administrative de Nancy à l'encontre du jugement du 25 avril 2023 par lequel le tribunal administratif de Nancy a rejeté le recours contentieux dirigé contre cet arrêté. Dès lors, l'intéressé ne peut plus, alors même que M. B a pu bénéficier " d'un contrat jeune majeur " jusqu'alors, se prévaloir du droit, qui s'apprécie à la date à laquelle le juge statue, qu'il tirait des dispositions du 5° de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles, en sa qualité de jeune majeur de moins de vingt et un ans ayant été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance du département avant sa majorité.

11. D'autre part, si les dispositions de l'avant dernier alinéa de l'article L. 222-5 du code de l'action social et des familles permettent une prise en charge temporaire d'un majeur âgé de moins de vingt et un ans qui ne bénéficie pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants, ces dispositions n'instaurent qu'une simple faculté à la charge du département. En l'espèce, s'il n'est pas contesté par le département de Meurthe-et-Moselle que M. B ne bénéficie pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants, il résulte de l'instruction que M. B a pu bénéficier d'un contrat jeune majeur à sa majorité afin qu'il puisse poursuivre sa formation et passer les épreuves du certificat d'aptitude professionnel " maintenance en bâtiment de collectivité ". En outre, en se bornant à soutenir qu'il a prévu d'intégrer un baccalauréat professionnel à la rentrée de septembre 2024, il ne justifie pas de la réalité et du caractère sérieux des démarches entreprises à cette fin. Par suite, et alors même que la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle ne se prononcerait pas expressément sur la possibilité d'une prise en charge temporaire de M. B sur le fondement de l'avant dernier alinéa de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles, la mesure par laquelle le département de Meurthe-et-Moselle a, le 13 juin 2024, mis fin à la prise en charge de M. B dans le cadre d'un contrat jeune majeur ne porte pas une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ni ne révèle, à la date de la présente ordonnance, une carence caractérisée dans l'accomplissement par ce dernier des missions qui lui sont confiées au titre de l'aide sociale à l'enfance.

12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le département de Meurthe-et-Moselle ou de se prononcer sur la condition d'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, que les conclusions de la requête aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence et en tout état de cause, les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D B, à Me Corsiglia et au département de Meurthe-et-Moselle.

Fait à Nancy, le 3 juillet 2024.

.

La juge des référés,

C. Sousa Pereira

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401953

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