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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2401989

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2401989

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2401989
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantJEANNOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Jeannot demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision implicite refusant de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer, durant l'instruction de sa demande, un récépissé, dépourvu de la mention " X se disant ", pour une durée d'au moins six mois, avec autorisation de travail, dans le délai de trois jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75-I de la loi du 10 juillet 1991.

Par des mémoires enregistrés les 8 et 23 août 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que l'agent instructeur a prolongé l'instruction de la demande de titre de séjour du 8 avril 2024 au 7 juillet 2024, que le requérant a reçu, via la plateforme ANEF, l'attestation, autorisant son séjour et qu'une nouvelle attestation lui a été délivrée pour la période allant du 7 juillet au 8 octobre 2024.

Par des mémoires enregistrés les 13 août et 2 septembre 2024, M. B conclut qu'il n'a plus lieu de statuer et maintient ses conclusions relatives aux frais d'instance.

Il fait valoir que, contrairement à ce qu'allègue l'administration, c'est seulement le 9 juillet 2024 qu'a été déposée sur son espace personnel une attestation de prolongation d'instruction autorisant sa présence en France.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

2. Tout d'abord, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juillet 2024, de sorte que sa demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire est désormais dépourvue d'objet.

3. Ensuite, si la sous-section 1 de la section 5 du chapitre 1er du titre III du livre IV du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile détermine les règles applicables à la délivrance des documents provisoires délivrés à l'étranger pendant l'examen d'une demande présentée sans recours à un téléservice, la sous-section 2 de la même section détermine les règles applicables à la délivrance des documents provisoires délivrés pendant l'examen d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2. Au sein de cette sous-section 2, l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " () Lorsque l'étranger mentionné aux 2°, 3° ou 4° de l'article R. 431-5 a déposé une demande complète dans le respect du délai auquel il est soumis, le préfet est tenu de mettre à sa disposition via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande () ".

4. Il est constant que M. B, qui a présenté sa demande de titre de séjour au moyen de la plateforme " Administration Numérique pour les Etrangers en France " (ANEF), a obtenu une attestation de prolongation d'instruction d'une première demande de titre de séjour valable à compter du 9 juillet 2024, l'autorisant à séjourner et à travailler en France, postérieurement à l'introduction de sa requête. Si l'administration fait valoir qu'il a bénéficié d'une telle attestation dès le 8 avril 2024, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'attestation en question avait effectivement été mise à sa disposition dès cette date depuis cette plateforme. Il y a donc non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte.

5. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de M. B tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75-I de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B aux fins d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, d'annulation, d'injonction et d'astreinte.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Jeannot et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.

Fait à Nancy, le 30 septembre 2024.

La présidente de la 3ème chambre,

A. Samson-Dye

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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