jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2402095 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | BAUCHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024 à 11 heures 46, Mme D A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 juillet 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du préfet la somme de 2 000 euros à verser à son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil s'engage à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
- elle sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elles sont insuffisamment motivées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle porte atteinte à sa vie privée et familiale.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle porte atteinte aux articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
- son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- elle ne présente pas de risque de fuite.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la durée de l'interdiction de retour.
Des pièces ont été produites par le préfet du Pas-de-Calais, les 15 et 18 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Cabecas, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8, L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cabecas ;
- les observations de Me Bauche, avocat commis d'office de Mme A, qui reprend les moyens et conclusions de la requête et fait valoir en outre que la requérante n'a pas pu présenter d'observations préalablement à l'édiction de la décision ;
- les observations de Mme A, assistée d'un interprète en langue vietnamienne, qui indique vouloir quitter le territoire français ;
- et les observations de M. E, représentant du préfet du Pas-de-Calais qui reprend les termes du mémoire en défense et fait en outre valoir que Mme A a été entendue par les services de police et mise à même de présenter des observations.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante vietnamienne née le 24 février 2004, a été interpellée par les services de la police aux frontières, dans la zone d'accès du port de Calais, alors qu'elle tentait de rejoindre le Royaume-Uni. Par un arrêté du 11 juillet 2024, le préfet du Pas-de-Calais lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant son pays de destination et en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Placée en rétention administrative, Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte :
2. En premier lieu, par arrêté du 30 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le lendemain, M. B C, chef du bureau de l'éloignement, a reçu délégation du préfet du Pas-de-Calais à l'effet de signer les décisions relatives aux obligations de quitter le territoire français avec ou sans délai de départ volontaire, aux interdictions de retour sur le territoire français et les décisions fixant le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation desdites décisions doit être écarté comme manquant en fait.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la requérante a pu présenter des observations sur la perspective de son éloignement, antérieurement à l'édiction de la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendue doit être écarté.
5. En quatrième lieu, Mme A a déclaré être entrée en France au cours du mois de juin 2024. Elle ne démontre pas disposer d'attaches privées ou familiales sur le territoire français alors qu'elle a déclaré aux services de police vouloir se rendre au Royaume-Uni. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la mesure d'éloignement en litige a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.
6. En cinquième lieu, la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire à Mme A est fondée sur l'existence d'un risque qu'elle se soustraie à la mesure d'éloignement en litige. Elle ne peut donc utilement se prévaloir de ce que son comportement ne constituerait pas une menace pour l'ordre public. Par ailleurs, en se bornant à soutenir qu'elle ne présente pas de risque de fuite, elle n'établit pas que le préfet aurait inexactement appliqué les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
7. En sixième lieu, dès lors que Mme A n'établit ni même n'allègue être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
8. En septième lieu, Mme A n'établit pas la réalité des risques personnels auxquels elle serait exposée en cas de retour au Vietnam. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation de l'article 3 la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales de ne peut être accueilli.
9. En dernier lieu, dès lors que la présence de Mme A en France est particulièrement récente et qu'elle n'établit ni même n'allègue disposer d'attaches familiales sur le territoire français, le préfet du Pas-de-Calais n'a pas inexactement appliqué les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à l'encontre de l'intéressée une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 11 juillet 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant son pays de destination, et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au titre des frais exposés non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au préfet du Pas-de-Calais.
Lu en audience publique, le 18 juillet 2024, à 15 heures 05.
La magistrate désignée,
L. Cabecas La greffière
L. Rémond
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026