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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2402152

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2402152

jeudi 25 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2402152
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantSCP JEAN KOPF

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 juillet 2024 à 16 heures 09 et le 23 juillet 2024, M. D A, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 juillet 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de cinq ans ;

2°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il ne lui a pas été notifié dans une langue qu'il comprend ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est illégale dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il ne présente pas de risque de fuite ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant cinq ans est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant aux circonstances humanitaires et à la durée de l'interdiction de retour ;

- elle viole le droit constitutionnel d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné M. Bastian, conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la procédure.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bastian ;

- les observations de Me Kopf qui demande l'admission de son client au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ; qui soutient que M. A ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement dès lors qu'en raison de la protection subsidiaire dont il bénéficiait, il avait nécessairement été mis en possession d'un titre de séjour et qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ce titre aurait été retiré, ni, a fortiori, qu'il aurait été retiré dans le respect des procédures applicables au retrait des titres de séjour ; qui soutient que, dès lors, M. A n'aurait pas dû faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français fondée sur le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais sur le 3° de ce même article ; qui soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit en ce que la préfète s'est estimée en situation de compétence liée par rapport à la décision de retrait de la protection subsidiaire ; qui soutient que cette décision est entachée d'une inexacte application du 5° de l'article L. 611-1 dès lors que le comportement de M. A ne constitue pas une menace pour l'ordre public, eu égard notamment à la circonstance qu'il a bénéficié d'une importante remise de peine ; qui soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les articles L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qui conclut pour le surplus aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- M. A lui-même, assisté d'un interprète en langue pachto, qui n'a pas souhaité présenter d'observations orales, mais qui, en réponse à une question qui lui a été posée, a précisé ne pas savoir s'il était en possession d'un titre de séjour ;

- et les observations de M. E, représentant la préfète de Meurthe-et-Moselle, qui précise qu'il ne dispose d'aucun élément relatif au titre de séjour évoqué par la partie adverse ; qui considère que le comportement de M. A, condamné pour viol, constitue une menace pour l'ordre public ; qui souligne que la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise sur le seul fondement du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; qui soutient, s'agissant du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, que M. A n'a pas contesté la décision de retrait de la protection subsidiaire devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), que cette protection lui avait été accordée au motif qu'il aurait dû traverser des zones de guerre pour regagner sa provenance, alors que désormais ces zones ne sont plus en guerre, que les décision de la CNDA produites au dossier considèrent que la région dont il est originaire ne sont plus l'objet de violences d'une exceptionnelle gravité et, enfin, qu'il n'a fait aucune observation lorsque la possibilité d'un éloignement lui a été expliquée ; qui conclut pour le surplus aux mêmes fins par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant afghan né le 1er janvier 1995, est entré en France en 2016. La CNDA lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire en raison de son origine et des risques qu'il encourt en Afghanistan. Cette protection a été retirée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 21 mars 2023. Par un arrêté du 16 juillet 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. En raison de l'urgence et alors qu'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

3. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par Mme C B, directrice de l'immigration et de l'intégration, à laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle établit avoir délégué sa signature aux fins de signer les décisions en litige par un arrêté en date du 16 avril 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du vice de forme ne peut qu'être écarté.

5. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions en litige ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres pièces du dossier que la préfète de Meurthe-et-Moselle n'aurait pas procédé à un examen complet, individuel et sérieux de la situation de M. A.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () "

8. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que la préfète a fondé sa décision portant obligation de quitter le territoire français sur le 5° de l'article L. 611-1 cité au point précédent au motif que M. A a été condamné par la cour d'assises de Meurthe-et-Moselle le 27 janvier 2023 à six ans d'emprisonnement criminel pour des faits de viol commis le 25 mai 2020 à Nancy. Par suite, le moyen tiré de ce que la préfète se serait estimée en situation de compétence liée par rapport au retrait du bénéfice de la protection subsidiaire de M. A ne peut qu'être écarté.

9. En troisième lieu, si M. A soutient qu'il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement dès lors qu'il est titulaire d'un titre de séjour, cette circonstance ne ressort d'aucune des pièces produites au dossier. Par suite, son moyen doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la mesure d'éloignement ne pouvait être fondée que sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

10. En quatrième lieu, M. A a été condamné par la cour d'assises de Meurthe-et-Moselle el 27 janvier 2023 à six ans d'emprisonnement criminel pour des faits de viol commis le 25 mai 2020 à Nancy. Dès lors, et quand bien même il aurait bénéficié d'une importante remise de peine, son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de l'inexacte application des dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. " Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".

12. La décision portant obligation de quitter le territoire français ne désigne pas, par elle-même, le pays à destination duquel l'étranger est susceptible d'être éloigné. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions et stipulations citées au point précédent est inopérant à l'encontre de la mesure d'éloignement elle-même.

13. En sixième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :

14. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation par voie de conséquence de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du CESEDA : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

16. Ainsi qu'il a été dit au point 10, le comportement de M. A constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de l'inexacte application des dispositions citées au point précédent doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

17. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation par voie de conséquence de la décision fixant le pays de destination.

18. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

19. M. A s'est vu accorder le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision n° 17003924 de la CNDA du 23 mars 2017 motif pris de ce qu'il existait des motifs sérieux d'estimer qu'il était alors exposé, en cas de retour en Afghanistan, à une menace grave et individuelle contre sa vie ou sa personne en raison d'une violence de forte intensité résultant d'une situation de conflit armé interne sans pouvoir se prévaloir de la protection des autorités en raison des combats et attentats réguliers commis à Kaboul, point de passage nécessaire pour regagner sa région d'origine, ainsi que dans les provinces frontalières de Kaboul. Toutefois, il ne ressort d'aucun élément du dossier que le requérant pourrait être exposé, en tant que civil et au regard des caractéristiques de sa situation personnelle, à une menace grave et individuelle contre sa vie ou sa personne en raison d'une violence, dont l'intensité n'est pas exceptionnelle, résultant de la situation de conflit armé sévissant, à la date de la décision en litige, dans sa province d'origine, Laghman, ou dans l'une quelconque de celles qu'il serait amené à traverser brièvement en cas de retour en Afghanistan depuis le point d'entrée qu'est Kaboul. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

20. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

21. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation par voie de conséquence de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

22. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () "

23. D'une part, M. A ne fait état d'aucune attache sur le territoire français. Il se borne à soutenir qu'il a fui l'Afghanistan en raison des risques dans son pays d'origine. Dès lors, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 19, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit, en tout état de cause, être écarté.

24. D'autre part, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier, eu égard à la menace à l'ordre public que l'intéressé représente, à l'absence d'attaches familiales et personnelles en France et à la durée de sa présence sur le territoire, que la préfète aurait inexactement apprécié les dispositions citées au point 22 en fixant à cinq ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre de M. A.

25. En dernier lieu, M. A soutient que la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français dont il fait l'objet porte une atteinte grave et disproportionnée à son droit constitutionnel d'asile dès lors qu'elle fait obstacle à son retour en France afin d'y solliciter asile et protection. Il résulte toutefois des dispositions de l'article L. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'intéressé peut solliciter à tout moment l'abrogation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Si cette demande n'est recevable que si l'intéressé réside hors de France, une telle condition n'est pas de nature à porter atteinte au droit d'asile dès lors que le refus d'entrée sur le territoire ne fait pas obstacle, ainsi que le prévoit l'article L. 332-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au dépôt d'une demande d'asile à la frontière, comme l'a relevé le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2011-631 DC du 9 juin 2011, aux termes de laquelle il a, dans ses motifs et son dispositif, déclaré conformes à la Constitution les dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, reprises à l'identique à l'article L. 613-7. Par suite, le moyen tiré de la violation du droit constitutionnel d'asile doit être écarté.

26. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Kopf et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.

Rendu par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024 ;

Le magistrat désigné,

P. BastianLa greffière

L. Rémond

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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