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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2402214

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2402214

vendredi 13 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2402214
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU OQTF 6 semaines
Avocat requérantCHAIB

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête enregistrée le 22 juillet 2024, sous le n°2402213 et un mémoire complémentaire enregistré le 29 août 2024, M. B E, représenté par Me Chaïb, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois ;

3°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ainsi qu'une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision portant refus de séjour a été signée par une autorité incompétente ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la préfète a entaché sa décision d'une erreur de fait en raison de la dégradation de son état de santé depuis l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 5c) de la directive " retour " n°2008/115/CE du Parlement européen et du conseil du 16 décembre 2008 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;

- la décision fixant le pays de destination doit être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'erreurs de droit et d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juillet 2024.

II- Par une requête enregistrée le 22 juillet 2024, sous le n°2402214, Mme F D, représentée par Me Chaïb, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois ;

3°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ainsi qu'une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision portant refus de séjour a été signée par une autorité incompétente ;

- la préfète de Meurthe-et-Moselle a commis une erreur de droit en examinant sa situation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;

- la décision fixant le pays de destination doit être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'erreurs de droit et d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juillet 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sousa Pereira,

- les observations de Me Chaïb, avocate de M. E et Mme D, qui reprend les conclusions et moyens des requêtes et précise que M. E est actuellement hospitalisé, qu'il ne peut pas rester très longtemps en position assise ;

- les observations de Mme D, assistée d'une interprète en langue Géorgienne, qui déclare que son mari a été victime d'un accident de la voie publique, qu'il avait très peu de chance de survie et qu'il a été placé dans un coma ;

- et les observations de Mme A, entendue en qualité d'observatrice en application de l'article R. 732-1 du code de justice administrative.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. E et Mme D, ressortissants géorgiens nés respectivement les 1er juin 1994 et 27 juin 1996, déclarent être entrés France le 10 novembre 2022, accompagnés de leurs deux enfants mineurs, afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions du 28 février 2023 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), confirmées par des décisions de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 10 juillet 2023. Le 8 août 2023, M. E a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en se prévalant de son état de santé sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, au vu notamment de l'avis défavorable émis le 3 avril 2024 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, la préfète de Meurthe-et-Moselle, par un arrêté du 28 juin 2024, a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation, sur le fondement des dispositions du 3° et 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra, le cas échéant, être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois. Par un arrêté du même jour, la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé d'admettre au séjour Mme D, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination duquel elle pourra, le cas échéant, être reconduite et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois. Par les requêtes susvisées, qu'il y a lieu de joindre, M. E et Mme D demandent au tribunal d'annuler les arrêtés les concernant.

Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle :

2. M. E et Mme D ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du bureau d'aide juridictionnelle du 29 juillet 2024. Par suite il n'y a pas lieu de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté relatif à la situation de M. E :

S'agissant de la décision portant refus de séjour :

3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. /La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. /Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. /Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée () ".

4. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

5. Il ressort des pièces du dossier que pour rejeter la demande de délivrance d'un titre de séjour de M. E, la préfète de Meurthe-et-Moselle s'est notamment fondée sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 3 avril 2024 qui précisait que si son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, toutefois l'intéressé pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de ce pays et qu'au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, l'état de santé de l'intéressé pouvait lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. Il ressort toutefois des pièces du dossier, en particulier de trois certificats médicaux, des 10 et 18 juillet 2024, postérieurs à la décision contestée mais révélant un état de fait antérieur, que M. E, hospitalisé dans les suites d'une chirurgie d'escarre avec lambeau perforant para-sacré, réalisée le 15 avril 2024, dans un contexte de tétraparésie de niveau C5, a subi une nouvelle intervention, le 26 juin 2024, pour la pose de cystocatheter, qui s'est compliquée d'une infection à staphylocoque épidermidis sensible au bactrim. Il ressort également de ces certificats médicaux que l'intéressé a, dans ce contexte, été hospitalisé à l'institut régional de réadaptation de Nancy et qu'il est dans l'impossibilité de voyager, son état de santé nécessitant une continuité de soins locaux appropriés et de surveillance en vue d'une cicatrisation et une reprise d'appui progressive au fauteuil roulant. Ainsi, à la date de la décision attaquée, l'état de santé de l'intéressé ne lui permettait pas de voyager sans risque dans son pays d'origine. Dans ces conditions, M. E est fondé à soutenir que la préfète de Meurthe-et-Moselle a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués par l'intéressé, la décision portant refus de titre de séjour doit être annulée.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. Dans la mesure où un refus de titre de séjour n'est pas le fondement d'une obligation de quitter le territoire français, l'éventuelle annulation du refus de titre de séjour ne conduit pas, par elle-même, à l'annulation par voie de conséquence de l'obligation de quitter le territoire français, qui aurait pu être légalement prise en l'absence du refus de titre de séjour et n'est pas intervenue en raison de ce refus.

7. Il en va ainsi, en principe, pour les obligations de quitter le territoire français prises sur le fondement du 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, dans le cas où serait contesté à l'occasion d'un recours dirigé contre une telle obligation un refus de titre de séjour pris concomitamment, si le juge administratif annule le refus de titre de séjour, il lui appartient, s'il est saisi d'un moyen en ce sens, d'apprécier, eu égard au motif qu'il retient, si l'illégalité du refus de titre de séjour justifie l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français. Tel est le cas notamment lorsque le motif de l'annulation implique le droit de l'intéressé à séjourner en France.

8. Il résulte des motifs explicités au point 5 du présent jugement que le motif d'annulation du refus de titre de séjour sollicité par M. E en raison de son état de santé implique que son droit au séjour soit réexaminé par l'autorité préfectorale en vue de son admission au séjour à ce titre. Il s'ensuit que l'illégalité du refus de titre de séjour qui lui a été opposé justifie l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prononcé à son encontre, quand bien même celle-ci est également fondée sur les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par conséquent, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision contestée en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour doit être accueilli.

9. Il s'ensuit que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués par l'intéressé, la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, celles du même jour fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français.

En ce qui concerne l'arrêté relatif à la situation de Mme D :

10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui.

11. Il n'est pas contesté que la présence de Mme D constitue un soutien de son mari, étranger malade, dont le traitement actuel impacte ses conditions de vie quotidienne. Dans les circonstances très particulières de l'espèce, l'intérêt familial de la requérante est de pouvoir rester auprès de M. E. Dès lors que l'état de santé de ce dernier justifie la délivrance d'un titre de séjour, la préfète de Meurthe-et-Moselle, en refusant de lui délivrer un titre de séjour et en édictant une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de Mme D a porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de leur vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits et des libertés fondamentales doit donc être accueilli.

12. Il s'ensuit que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués par l'intéressée, les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français doivent être annulées ainsi que, par voie de conséquence, celles du même jour fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. Le présent jugement implique, eu égard à ses motifs, qu'il soit enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de délivrer à M. E un titre de séjour en sa qualité d'étranger malade dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision et de délivrer, dans les mêmes conditions de délai, un titre de séjour " vie privée et familiale " à Mme D.

Sur les frais exposés :

14. M. E et Mme D ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, leur avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Chaïb, avocate de M. E et Mme D, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Chaïb de la somme de 2 000 euros.

15. En revanche, les présentes instances n'ayant donné lieu à aucuns dépens, les conclusions présentées à ce titre par M. E et Mme D doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. E et Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Les arrêtés du 28 juin 2024 pris par la préfète de Meurthe-et-Moselle sont annulés.

Article 3 : Il est enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de délivrer un titre de séjour en qualité d'étranger malade et un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " respectivement à M. E et Mme D dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : L'Etat versera à Me Chaïb une somme de 2 000 (deux mille) euros, dans le cadre des deux instances, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Chaïb renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme F D, à M. B E, à Me Chaïb et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.

La magistrate déléguée,

C. Sousa Pereira

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2402213 et 2402214

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