jeudi 1 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2402273 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juillet 2024 à 16 heures 24, et un mémoire enregistré le 31 juillet 2024, M. A B, placé au centre de rétention administrative de Metz, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de désigner un avocat commis d'office et d'ordonner la communication de son entier dossier ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2024 par lequel la préfète de la Haute-Marne a prolongé de deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre le 30 août 2023 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son avocat, au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil s'engage à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation quant à la durée fixée ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2024, la préfète de la Haute-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Philis, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Philis, magistrate désignée ;
- les observations de Me Mbousngok, avocat commis d'office, représentant M. B qui :
. reprend les conclusions et moyens de sa requête et demande également à ce que M. B soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
. insiste sur le moyen tiré du défaut d'examen et sur le caractère disproportionné de la prolongation de la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français dès lors que le comportement de M. B ne constitue pas une menace pour l'ordre public et que la mesure compromet les projets qu'il souhaite entreprendre en France ;
. indique, en rappelant son parcours, que M. B est arrivé en France en 2018 en raison des craintes qu'il nourrissait dans son pays d'origine, qu'il a séjourné dix mois en Allemagne avant de revenir récemment en France et qu'il se trouve dans une situation précaire ;
- et les observations de M. B qui évoque les problèmes qu'il a rencontrés en Haute-Marne ainsi que sa situation précaire.
La préfète de la Haute-Marne n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de Côte d'Ivoire né le 22 décembre 2003, est entré en France, selon ses déclarations, en 2018. Par un arrêté du 30 août 2023, la préfète de la Haute-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un arrêté du 25 juillet 2024, la préfète de la Haute-Marne a prolongé de deux ans la durée de cette interdiction de retour sur le territoire français. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la demande de désignation d'un avocat commis d'office :
2. M. B, placé en rétention administrative lors de l'introduction de sa requête, a présenté celle-ci sans ministère d'avocat et a été assisté à l'audience par Me Mbousngok, avocat commis d'office désigné par le bâtonnier du barreau de Nancy, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par conséquent, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande de désignation d'un avocat commis d'office.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
3. En raison de l'urgence et alors qu'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu, en application des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991, d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande de production de l'entier de dossier de M. B :
4. Aux termes de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné le concours d'un interprète et la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise. / () ". La préfète de la Haute-Marne ayant produit le dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision attaquée a été prise, les conclusions présentées à ce titre sont devenues sans objet et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, par un arrêté du 31 janvier 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Haute-Marne le même jour, la préfète de la Haute-Marne a donné délégation à M. Guillaume Thirard, secrétaire général, à l'effet de signer toutes les décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Haute-Marne à l'exception des décisions de réquisition du comptable public, des déclinatoires de compétence, des arrêtés de conflit et des réquisitions de la force armée. Dans ces conditions, M. C était compétent pour signer l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette motivation révèle également que la préfète de la Haute-Marne a procédé à un examen particulier de la situation du requérant. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de l'arrêté en litige et du défaut d'examen de la situation particulière de M. B doivent être écartés.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : / 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; / () ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. "
8. Par un arrêté du 25 juillet 2024, la préfète de la Haute-Marne s'est fondée sur les dispositions du 1° de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour prolonger de deux ans de la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre de M. B le 30 août 2023.
9. Il est constant que M. B, qui déclare être entré en France en 2018, se maintient irrégulièrement sur le territoire alors qu'il était obligé de le quitter sans délai. En outre, il ne justifie d'aucun lien personnel d'une ancienneté ou intensité particulières. Il a notamment déclaré, lors de son audition par les services de police le 25 juillet 2024, être célibataire et sans enfant à charge. S'il soutient que la prolongation de la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français est de nature à faire obstacle aux projets qu'il entend entreprendre en France, il n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations. Il ne démontre pas davantage être dépourvu d'attaches personnelles dans son pays d'origine. Par suite, alors même que son comportement ne constituerait pas une menace pour l'ordre public, la préfète de la Haute-Marne n'a pas une inexacte application des dispositions précitées en prolongeant de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français du 30 août 2023.
10. En dernier lieu, si M. B soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, il n'assortit pas son moyen, à le supposer soulevé, des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 25 juillet 2024 portant prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au titre des frais exposés non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de M. B tendant à la désignation d'un avocat commis d'office.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Mbousngok et à la préfète de la Haute-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er août 2024.
La magistrate désignée,
L. Philis
La greffière
L. Rémond
La République mande et ordonne à la préfète de la Haute-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026