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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2402453

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2402453

mercredi 21 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2402453
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantCORSIGLIA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nancy a rejeté la requête de M. A, ressortissant albanais, contestant l'arrêté préfectoral du 12 août 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour de cinq ans. Le tribunal a estimé que la décision d'éloignement était fondée sur le 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison du comportement de l'intéressé constituant une menace pour l'ordre public, et que les moyens soulevés, notamment la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés. La solution retenue confirme la légalité de l'ensemble des décisions contestées, y compris l'interdiction de retour jugée proportionnée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 août 2024 à 16 heures 50 et un mémoire complémentaire enregistré le 21 août 2024, M. B A, représenté par Me Corsiglia, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 août 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans ;

3°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

- elles sont entachées d'incompétence de leur auteur ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnait des dispositions du 1° et du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire :

- elle sera annulée en conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- il ne présente pas de risque de fuite ;

- son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- la décision méconnait les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle sera annulée en conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, de fait et d'appréciation et porte atteinte à son droit de mener une vie familiale normale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Marini, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la procédure.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marini ;

- les observations de Me Corsiglia, représentant M. A, qui rappelle que ce dernier est un ressortissant albanais, entré une première fois en France en 2012 avec son épouse et ses filles. Il a fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement dont la dernière a été exécutée le 13 avril 2021 après un placement en rétention. La durée de l'interdiction de retour de trois ans a été respectée par M. A. Ce dernier est revenu sur le territoire français mais pas pour y vivre de manière pérenne. Il avait pour projet de repartir en Albanie en septembre quand ses enfants seraient à nouveau scolarisés. Dès lors qu'il avait exécuté totalement la précédente mesure d'éloignement, les faits commis et ayant fondés cette mesure d'éloignement ne peuvent pas justifier la décision contestée de la préfète. Par ailleurs, les derniers faits reprochés à M. A ne peuvent justifier la menace à l'ordre public. La dégradation et le port du couteau ne sont pas contestés mais sont de nature contraventionnelle et ont été suivis d'une dispute sur le trottoir. Le requérant n'a pas violenté la voisine ou ses filles. Ce qui entache d'illégalité tant la mesure d'éloignement que l'interdiction de retour. Sa famille est en France, sa fille majeure a vocation à avoir un titre de plein droit et sa famille est présente sur le territoire français depuis 14 ans. La durée de l'interdiction de retour est disproportionnée. M. A conteste avoir indiqué ne pas vouloir se soumettre à la mesure d'éloignement. Les faits à l'origine de la décision contestée n'ont pas fait l'objet de suites et sa fille doit elle-même être entendue dans le cadre des violences en tant qu'auteur. Il a produit en cours d'instance la copie d'un passeport albanais et démontre donc son entrée régulière en France ;

- les observations de Me Morel, représentant la préfète de Meurthe-et-Moselle qui précise que l'exécution de la mesure d'éloignement a été forcée et non volontaire. Si M. A est dispensé de visa pour entrer en France, il ne démontre pas disposer de son passeport d'où la demande de laissez-passer consulaire. L'intention de rester en France est démontré par sa déclaration selon laquelle il vit en location en France. Il ne vit pas habituellement avec les membres de sa famille, a déjà violenté ses enfants par le passé et a réitéré son comportement lors de son retour en France. Les faits font l'objet d'une enquête préliminaire. Il ne pouvait pas être assigné à résidence dans le domicile ou vivent les personnes qu'il a violentées. L'interdiction de retour est justifiée par le fait qu'il a été absent pendant trois ans, il n'a pas d'intégration en France, les membres majeurs de sa famille sont en situation irrégulières et n'ont pas vocation à rester en France. Il a par ailleurs dépassé la période autorisée de circulation s'il a un passeport ;

- les observations de M. A qui indique qu'il ne peut s'absenter plus de six mois d'Albanie sous peine d'être expulsé ;

- et les observations de la fille de M. A qui précise que son père ne l'a jamais violentée ainsi que sa sœur et qu'il pouvait être assigné à résidence.

La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant albanais, né le 18 août 1976, serait entré en France le 28 février 2012 selon ses déclarations. Par des arrêtés des 19 juin 2013, 9 septembre 2014 et 6 avril 2021, il a fait l'objet d'obligations de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour de 36 mois. Placé en rétention le 13 avril 2021, il a exécuté la mesure d'éloignement. Il serait entré à nouveau en France en avril 2024 selon ses déclarations. Il a été placé en garde à vue le 11 août 2024 pour des faits de violence aggravée, port d'arme de catégorie D et dégradations. Par l'arrêté contesté, la préfète de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans. Placé au centre administratif de Metz, M. A conteste ces decisions.

Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, et alors qu'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

4. En premier lieu, par un arrêté du 21 août 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Meurthe-et-Moselle du même jour, le préfet de la Meurthe-et-Moselle a donné délégation à M. Julien Le Goff, secrétaire général de la préfecture à l'effet de signer toutes décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de Meurthe-et-Moselle à l'exception des arrêtés de conflit. Par suite, le moyen tiré de ce que ces dernières seraient entachées d'incompétence doit être écarté.

5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne les considérations de droit et de fait qui fondent l'ensemble des décisions. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'ensemble des décisions que contient l'arrêté doit, par suite, être écarté.

6. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision n'ont d'incidence que sur les voies et délais de recours contentieux contre cette décision mais n'affectent pas sa légalité et le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué a été notifié dans une langue non comprise par M. A doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " l'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants :1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; "

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné le 16 novembre 2020 à une peine d'emprisonnement de huit mois pour outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, violence par une personne en état d'ivresse sans incapacité, violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours et violence sans incapacité sur un mineur de 15 ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime. Il est défavorablement connu des services de police pour des faits de vol par escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, vol à la roulotte, destruction ou dégradation de véhicule public, faits commis entre 2014 et 2019. Si M. A est depuis ces faits retourné en Albanie en exécution d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour de trois ans, alors qu'il n'est de retour en France que très récemment, il a réitéré son comportement et a été placé en garde à vue pour des faits de violence aggravée, port d'arme de catégorie D et dégradations. La préfète de Meurthe-et-Moselle est ainsi fondée à considérer que son comportement constitue une menace pour l'ordre public et pouvait pour ce seul motif lui faire obligation de quitter le territoire français. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la préfète de Meurthe-et-Moselle a méconnu les dispositions précitées et a entaché sa décision d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. Il ressort des pièces du dossier que M. A déclare être entré récemment en France après avoir exécuté une précédente mesure d'éloignement. Il se prévaut de la présence de sa femme et de ses enfants sur le territoire français. Il ressort toutefois des pièces du dossier que sa femme réside irrégulièrement en France de même que sa fille majeure. Il ne justifie d'aucune insertion. Il a été condamné le 16 novembre 2020 à une peine d'emprisonnement de huit mois pour outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, violence par une personne en état d'ivresse sans incapacité, violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours et violence sans incapacité sur un mineur de 15 ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime. Il est défavorablement connu des services de police pour des faits de vol par escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, vol à la roulotte, destruction ou dégradation de véhicule public, faits commis entre 2014 et 2019. Depuis son retour récent en France, il a été placé en garde à vue pour des faits de violence aggravée, port d'arme de catégorie D et dégradations. Par suite, c'est sans méconnaitre les dispositions précitées et sans entacher sa décision d'un erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur la situation du requérant que la préfète de Meurthe-et-Moselle a pu lui faire obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

11. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; ()4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "

12. Il ressort des pièces du dossier ainsi qu'il a été dit précédemment, que M. A a été condamné le 16 novembre 2020 à une peine d'emprisonnement de huit mois pour outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, violence par une personne en état d'ivresse sans incapacité, violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours et violence sans incapacité sur un mineur de 15 ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime. Il est défavorablement connu des services de police pour des faits de vol par escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, vol à la roulotte, destruction ou dégradation de véhicule public, faits commis entre 2014 et 2019. Depuis son retour récent en France, il a été placé en garde à vue pour des faits de violence aggravée, port d'arme de catégorie D et dégradations. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la préfète de Meurthe-et-Moselle a méconnu les dispositions précitées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

13. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ".

14. Le requérant ne produit aucun élément de nature à démontrer la réalité et le caractère personnel des risques qu'elle encourt en cas de retour dans leur pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations et de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour." Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). "

16. Eu égard à l'entrée récente du requérant en France, à son absence d'insertion, à la situation irrégulière des membres de sa famille et à la circonstance que sa présence représente une menace pour l'ordre public dès lors qu'il a réitéré son comportement délictuel après l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement, M. A n'est pas fondé à soutenir que la préfète aurait entaché sa décision d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation en fixant à cinq ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A, aux fins d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Corsiglia et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 août 2024.

La magistrate désignée,

C. Marini

Le greffier,

L. Thomas

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2402453

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