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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2402613

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2402613

vendredi 13 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2402613
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantPIALAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 septembre 2024 à 13 heures 07 et un mémoire enregistré le 11 septembre 2024, M. F A D, représenté par Me Pialat, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2024 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités suédoises, autorités responsables de l'examen de sa demande d'asile et l'arrêté du même jour par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin l'a assigné à résidence dans le territoire du département des Vosges ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin de le convoquer pour l'enregistrement de sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile ainsi que le formulaire destiné à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans un délai de huit jours suivant la notification du jugement à intervenir, à défaut de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant transfert :

- la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie ;

- il n'a pas bénéficié de l'information prévue par l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 ;

- il n'a pas bénéficié d'un entretien individuel conformément à l'article 5 du règlement (UE) n°604/2013 ; s'il en a bénéficié, cet entretien a été incomplet au regard des exigences de cet article ; il n'est pas établi que la personne qui a procédé à l'entretien ait été habilitée à cette fin ; l'agent qui a mené l'entretien ne peut être identifié ; il ne revenait pas à un agent de la préfecture de police de Paris de mener cet entretien alors que la préfète du Bas-Rhin est seule compétente pour traiter la demande d'asile ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation : la clause dérogatoire prévue par l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 aurait dû être appliquée eu égard à son état de santé et au risque de transfert vers l'Afghanistan par les autorités suédoises dès lors que sa demande a été définitivement rejetée par les autorités suédoises, alors que, étant hasara, il appartient à un groupe ethnique persécuté par les talibans ;

- la préfète n'a pas examiné le risque encouru de renvoi vers l'Afghanistan par les autorités suédoises.

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

- la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie ;

- l'illégalité de la décision portant transfert vers les autorités suédoises prive de base légale la décision l'assignant à résidence ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 septembre 2024, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Grandjean, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Grandjean, magistrate désignée ;

- les observations de Me Pialat, représentant M. A D qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, et qui insiste sur :

. le fait qu'aucun élément permettant l'identification de l'agent qui a mené l'entretien ne figure sur le compte rendu de ce dernier, le fiche " Procédure Dublin " produite par la préfecture, qui comporte deux noms, ne permettant pas d'identifier l'agent qui a conduit l'entretien et celle-ci ayant pu être établie postérieurement,

. la circonstance que le compte rendu d'entretien ne porte aucune signature manuscrite,

- l'appartenance de son client à la communauté hasara qui est nécessairement connue des autorités afghanes, lui fait courir un grave danger en cas de retour en Afghanistan et l'importance du risque de transfert par ricochet, les autorités suédoises ne prenant pas suffisamment en compte les dangers encourus par cette communauté pourtant persécutée par les talibans ;

Il ajoute que :

. la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin était incompétente pour déterminer l'État responsable de la demande d'asile de l'intéressé dès lors que, l'entretien ayant été mené au sein de la préfecture de police de Paris, le préfet de police aurait dû mener la procédure à son terme ;

. le cas échéant, la préfète de la région Grand Est préfète du Bas-Rhin aurait dû reprendre la procédure, y compris l'entretien préalable ;

- et les observations de M. A D, assisté d'un interprète en langue dari, qui indique être entré en France le 5 mai 2024, après avoir vécu en Suède pendant neuf années au cours desquelles il a travaillé pendant sept ans et n'a posé aucune difficulté relative à des questions d'ordre public, mais où, après que sa demande d'asile a été définitivement rejetée et que sa demande de titre de séjour en qualité de salarié a également été rejetée, il a été placé dans un camp en vue de son éloignement ; sa vie serait véritablement menacée s'il devait retourner en Afghanistan ; il a en outre des problèmes de santé faisant suite à des blessures à la tête consécutives aux violences subies dans son pays d'origine et se plaint également de douleurs à la poitrine.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D, ressortissant afghan, né le 30 juin 1997, est entré en France, le 5 mai 2024 selon ses déclarations à la barre, pour y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Lors du dépôt de sa demande auprès du guichet unique de la préfecture de police de Paris le 15 mai 2024, la consultation du fichier Eurodac a fait ressortir qu'il avait sollicité l'asile auprès des autorités suédoises et hongroises. Les autorités suédoises, sollicitées le 29 mai 2024, ont expressément accepté, le 30 mai 2024, la reprise en charge de l'intéressé sur le fondement du d) du point 1 de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Par un arrêté du 2 août 2024 notifié le 27 août 2024, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a décidé de transférer M. A D aux autorités suédoises responsables de sa demande d'asile. Par une décision du même jour, l'intéressé a été assigné à résidence dans le département des Vosges. Par la requête susvisée, M. A D demande au tribunal l'annulation de ces arrêtés.

Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret susvisé du 28 décembre 2020 portant application de la loi du 10 juillet 1991 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement M. A D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés :

4. En premier lieu, les arrêtés du 2 août 2024 sont signés par Mme B E, cheffe du pôle régional Dublin, à laquelle la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a, par un arrêté du 13 juin 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 14 juin 2024, délégué sa signature à l'effet de signer notamment les décisions attaquées en cas d'absence et d'empêchement de Mme C, cheffe du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions portant transfert et assignation à résidence attaquées doit être écarté.

En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités suédoises :

5. En premier lieu, aux termes de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement (). / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. / 3. La commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune ainsi qu'une brochure spécifique pour les mineurs non accompagnés, contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac. () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application de ce règlement doit se voir remettre, dès le début de la procédure, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 précité. Eu égard à leur nature, la délivrance de ces informations constitue une garantie pour le demandeur d'asile.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. A D a attesté par sa signature s'être vu remettre, le 15 mai 2024, par les services de la préfecture de Paris les brochures, intitulées " A. J'ai demandé l'asile dans l'UE - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et " B. Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", en langue farsi qu'il a déclaré comprendre, ainsi que le guide du demandeur d'asile en langue dari qu'il a également déclaré comprendre. Ces documents constituent la brochure commune visée au paragraphe 3 précité de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 et ont ainsi permis au requérant de bénéficier d'une information complète sur l'application de ce règlement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () / 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type () ".

8. S'il ne résulte ni des dispositions citées au point 7 ci-dessus ni d'aucun principe que devrait figurer sur le compte-rendu de l'entretien individuel la mention de l'identité et de la qualité de l'agent qui a mené l'entretien, il appartient à l'autorité administrative, en cas de contestation sur ce point, d'établir par tous moyens que l'entretien a bien, en application des dispositions précitées de l'article 5.5 du règlement du 26 juin 2013, été " mené par une personne qualifiée en vertu du droit national ".

9. Il ressort des pièces des dossiers que M. A D a bénéficié, le 15 mai 2024, de l'entretien individuel et confidentiel prévu par les dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, conduit en langue dari, qu'il a déclaré comprendre et dont il a signé le compte rendu. Si le requérant soutient que le compte rendu ne comportant ni initiales ni signature de l'agent ayant mené l'entretien, il n'est pas établi qu'il ait été mené par une personne qualifiée en vertu du droit national, le résumé de cet entretien porte le tampon de la préfecture de police de Paris et, en regard de la mention " entretien réalisé par un agent qualifié du bureau de l'accueil de la demande d'asile " les initiales " YB ", la préfète justifiant en outre, par la production d'une fiche " Procédure Dublin ", que ces initiales correspondent à l'agent de guichet chargé de l'" entretien Dublin ". Ces éléments sont suffisants pour établir que l'entretien a été mené par une personne qualifiée au sens du droit national dont font nécessairement partie, en l'absence de tout élément contraire versé au dossier, les agents recevant les étrangers au sein du guichet unique des demandeurs d'asile de la préfecture de police de Paris. La circonstance que le compte rendu d'entretien ne porte pas la signature manuscrite de cet agent est à cet égard sans incidence. Enfin, au cours de cet entretien, M. A D été informé de la mise en œuvre du règlement Dublin et a été mis à même de de faire valoir toute observation qu'il jugeait utile sur sa situation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

10. En troisième lieu, en vertu de l'article R. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de département est l'autorité compétente pour procéder à la détermination de l'État responsable de l'examen d'une demande d'asile. Dès lors, la préfète de la région Grand Est préfète du Bas-Rhin était l'autorité compétente pour procéder à la détermination de l'État responsable de l'examen de la demande d'asile de M. A D, qui réside, à la date de la décision contestée, à Saint-Dié-des-Vosges, peu important à cet égard que l'entretien préalable ait été mené par un agent de la préfecture de police de Paris. Par ailleurs, ces dispositions ne font pas obstacle à ce que l'entretien individuel requis pour l'application de l'article 5 précité, préalable à la décision de transfert, soit mené par un agent de préfecture ne relevant pas de l'autorité du signataire de la décision de transfert. Par suite, le moyen tiré de ce que la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin aurait dû reprendre l'intégralité de la procédure initialement engagée auprès du préfet de police de Paris doit être écarté, de même que celui tiré de son incompétence.

11. En quatrième lieu, il ressort des termes de l'arrêté contesté que la préfète de la région Grand, préfète du Bas-Rhin a pris en compte la circonstance que l'acceptation par les autorités suédoises de la reprise en charge du requérant était fondée sur les dispositions du d) du point 1 de l'article 18 du règlement (UE) du 26 juin 2013 et le risque, qu'elle a estimé non avéré, que l'intéressé soit renvoyé dans son pays d'origine sans lui permettre de solliciter un réexamen de sa demande. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.

12. En dernier lieu, aux termes de l'article 17 du même règlement : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ". La faculté laissée à chaque État membre, par l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 précité, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

13. D'une part, si M. A D soutient qu'il " risque son transfert en Afghanistan en cas de renvoi en Suède " dès lors que sa demande d'asile a été rejetée définitivement par les autorités de ce pays, il ne produit aucun élément de nature à démontrer que les autorités suédoises n'auraient pas traité sa demande d'asile dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile et il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les autorités suédoises, alors même que sa demande d'asile a été définitivement rejetée, n'évalueront pas, avant de procéder à son éventuel éloignement, les risques auxquels il serait exposé en cas de retour en Afghanistan. D'autre part, le requérant se borne à affirmer sans plus de précision que son état de santé n'a pas été pris en compte et n'établit pas, ainsi qu'il l'affirme, appartenir à une ethnie persécutée par les talibans. Par suite, le requérant n'établit pas qu'en ne faisant pas application des stipulations précitées de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013, la préfète aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision de transfert ne peut être accueilli.

15. En second lieu, le requérant est assigné à résidence dans le département des Vosges pour une durée de quarante-cinq jours et astreint à se présenter du lundi au samedi hors jours fériés entre 9 heures et 10 heures au commissariat de Saint-Dié-des-Vosges, commune dans laquelle il réside. En se bornant à soutenir que la décision portant assignation à résidence est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, le requérant n'apporte pas à son moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des arrêtés du 2 août 2024 doivent être rejetées.

Sur les autres conclusions :

17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions susvisées ne peuvent qu'être rejetées.

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par M. A D au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er :M. A D est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin et à Me Pialat.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.

La magistrate désignée,

G. GrandjeanLe greffier,

L. Thomas

La République mande et ordonne à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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