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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2402790

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2402790

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2402790
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantLEMONNIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 12, 17 et 20 septembre 2024, Mme B, représentée par Me Lemonnier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 3 septembre 2024 par lequel le préfet de la Meuse lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé son pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a assignée à résidence pour une durée de trente jours ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de cette décision ;

4°) de mettre à la charge du préfet la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- elle encourt des risques en cas de retour dans son pays d'origine ;

- elle souffre de problèmes de santé ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- le préfet n'a pas suffisamment examiné sa situation ;

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation au regard du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le préfet n'a pas examiné l'opportunité de faire usage de son pouvoir discrétionnaire ;

- la décision fixant le pays de renvoi est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est fondée à solliciter la suspension de la mesure d'éloignement ;

- la décision d'assignation à résidence est insuffisamment motivée ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation personnelle ;

- la mesure est injustifiée et disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2024, le préfet de la Meuse conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Cabecas, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Cabecas,

- les observations de Me Lemonnier, avocate commise d'office représentant Mme A, qui reprend les moyens et conclusions de la requête,

- les observations de Mme A, assistée d'une interprète en langue géorgienne, qui indique vouloir rester sur le territoire français.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante géorgienne née le 12 avril 1993, serait entrée en France, le 25 octobre 2023, selon ses déclarations. Elle a formé une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 4 décembre 2023, qui a été rejetée le 23 mai 2024. L'intéressée a formé un recours devant la Cour nationale du droit d'asile. Par l'arrêté contesté du 3 septembre 2024, le préfet de la Meuse lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé son pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a assignée à résidence. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 62 du décret du 19 décembre 1991 portant application de la loi du 10 juillet 1991 : " L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué ".

3. En raison de l'urgence à statuer sur la présente requête, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français vise notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 611-1, 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne que la demande d'asile Mme A a été rejetée par l'OFPRA et qu'elle ne dispose plus du droit de se maintenir sur le territoire français. Elle fait aussi état des conditions d'entrée et de séjour de Mme A, ainsi que de sa situation personnelle et familiale. Dès lors que la décision contestée comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ladite décision doit être écarté comme manquant en fait.

5. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté contesté ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de la Meuse n'aurait pas procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de Mme A avant de prononcer à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire.

6. En troisième lieu, les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été abrogées par la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, à compter du 28 janvier suivant. Par suite, la requérante ne peut utilement soutenir que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions.

7. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que la présence en France de Mme A est récente et que son époux fait l'objet d'une mesure d'éloignement. La cellule familiale, qu'ils composent avec leurs deux enfants, a donc vocation à se reconstituer dans leur pays d'origine alors que l'intéressée n'établit pas qu'ils devraient retourner vivre chez son beau-père qui serait, selon ses déclarations, violent. Par ailleurs, la requérante n'établit pas que son état de santé ferait obstacle à une mesure d'éloignement et qu'elle ne pourrait pas recevoir de soins appropriés dans son pays d'origine. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la mesure d'éloignement a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations précitées une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

10. La décision attaquée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer les enfants de Mme A de leurs parents alors que l'impossibilité de reconstituer la cellule familiale en Géorgie n'est, ainsi qu'il a été dit au point 8 ci-dessus, pas établie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

11. En dernier lieu, la requérante ne peut utilement soutenir que le préfet aurait dû examiner l'opportunité d'une mesure de régularisation sur le fondement de son pouvoir discrétionnaire dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement.

En ce qui concerne contre la décision fixant le pays de destination :

12. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée par Mme A à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination ne peut qu'être écartée par voie de conséquence.

13. En deuxième lieu, la décision fixant le pays de destination vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne que Mme A est de nationalité géorgienne, que sa demande d'asile a été rejetée et qu'elle n'établit pas encourir des risques en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors que la décision contestée comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ladite décision doit être écarté comme manquant en fait.

14. En troisième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Ce dernier texte énonce que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".

15. Mme A soutient que son retour en Géorgie l'exposerait à des traitements contraires aux textes susvisés. Toutefois, Mme A, dont la demande d'asile a, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, été rejetée par l'OFPRA, n'établit pas la réalité des risques personnels auxquels elle serait exposée en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation des textes précités ne peut être accueilli.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

16. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée par Mme A à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne peut qu'être écartée par voie de conséquence.

17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

18. D'une part, la décision portant interdiction de retour sur le territoire vise les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que l'entrée en France de la requérante est récente et qu'elle ne peut se prévaloir d'une vie privée et familiale suffisante sur le territoire français. Le moyen tiré de ce que la décision serait insuffisamment motivée doit être écarté comme manquant en fait.

19. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'entrée en France de Mme A est récente et la cellule familiale constituée avec son mari et leurs enfants a, tel qu'il a été dit au point 8 du présent jugement, vocation à se reconstruire en Géorgie. Dans ces conditions, alors que la requérante ne justifie pas de circonstances humanitaires, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de l'intéressée et en fixant sa durée à un an, le préfet ait inexactement apprécié la situation de Mme A. Dans ces conditions, le moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision l'assignant à résidence :

20. En premier lieu, la décision assignant Mme A à résidence vise les dispositions de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'intéressée fait l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français, que son droit au maintien sur le territoire français a pris fin et que dans la perspective d'un traitement rapide et d'un suivi efficace de sa demande d'asile, l'intéressée est assignée à résidence. Dès lors que la décision attaquée comporte ainsi l'énoncé suffisant des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ladite décision doit être écarté. Il ne ressort par ailleurs ni de cette motivation ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas examiné de manière particulière la situation de Mme A.

21. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence, aux fins du traitement rapide et du suivi efficace de sa demande d'asile, l'étranger dont le droit au maintien a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ".

22. Mme A soutient que la mesure d'assignation à résidence fait obstacle à ce qu'elle puisse s'entretenir avec un avocat et assister à l'audience devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Toutefois, dès lors qu'elle ne dispose pas du droit de se maintenir sur le territoire français, en application du d) du 1° de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et qu'elle peut se faire représenter devant l'audience de la CNDA, elle ne peut utilement se prévaloir de ces circonstances. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige ne serait pas justifiée et est disproportionnée doit être écarté.

23. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 3 septembre 2024 par lequel le préfet de la Meuse lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, en fixant son pays de destination, en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français et en l'assignant à résidence.

Sur la demande de suspension de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

24. Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 752-11 du même code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".

25. A l'appui de sa demande de suspension, Mme A ne produit aucun élément de nature à justifier au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. Sa demande tendant à la suspension de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français durant l'examen de son recours doit donc être rejetée.

Sur les frais de l'instance :

26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au titre des frais exposés non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, à Me Lemonnier et au préfet de la Meuse.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 26 septembre 2024.

La magistrate désignée,

L. Cabecas La greffière

L. Rémond

La République mande et ordonne au préfet de la Meuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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