mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2402841 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | KEMFOUET KENGNY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Kemfouet Kengny, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé d'examiner sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle d'examiner sa demande et, le cas échéant, " marquer son accord favorable " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'une erreur quant au champ d'application de la loi dès lors qu'elle fait référence à la convention franco-sénégalaise qui ne lui est pas applicable ;
- la préfète de Meurthe-et-Moselle a entaché sa décision d'une incompétence négative ;
- la décision a été prise en méconnaissances des dispositions des articles L. 434-2 et L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il remplit l'ensemble des conditions pour se voir accorder le regroupement familial au bénéfice de son épouse.
La procédure a été communiquée à la préfète de Meurthe-et-Moselle qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- et les observations de Me Kemfouet Kengny, représentant M. A.
Le rapport de Mme Grandjean a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant camerounais né le 4 août 1989, est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 9 octobre 2025. Il a sollicité une mesure de regroupement familial au bénéfice de son épouse, avec laquelle il s'est marié le 22 janvier 2022. La préfète de Meurthe-et-Moselle a classé sans suite la demande du requérant le 28 mai 2024 au motif de son incompétence territoriale et rejeté le 12 août 2024, le recours gracieux formé par l'intéressé contre cette décision. Par la requête susvisée, M. A demande l'annulation du classement sans suite qui lui a été opposé.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ; / () ". Aux termes de l'article R. 434-13 du même code : " Après vérification des pièces du dossier de demande de regroupement familial et délivrance à l'intéressé de l'attestation de dépôt de sa demande, les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration transmettent une copie du dossier au maire de la commune de résidence de l'étranger ou au maire de la commune où l'étranger envisage de s'établir ". Aux termes de l'article R. 434-26 du même code : " L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'entrer en France dans le cadre du regroupement familial est le préfet et, à Paris, le préfet de police. Cette autorité statue sur la demande de regroupement familial dans un délai de six mois à compter du dépôt par l'étranger du dossier complet de cette demande. L'absence de décision dans ce délai vaut rejet de la demande de regroupement familial ". Il appartient au préfet, saisi d'une demande de regroupement familial, d'apprécier si elle relève de sa compétence territoriale à la date à laquelle il statue.
3. M. A a déclaré, à l'appui de sa demande de regroupement familial résider à Nancy. Pour décliner sa compétence pour instruire cette demande, la préfète de Meurthe-et-Moselle a estimé que le centre de vie de celui-ci ne se situait pas en Meurthe-et-Moselle, au motif que le siège social de son employeur se trouvait à Buchelay (Yvelines) et que la mission qu'il a réalisée du 8 janvier au 30 juin 2024 l'avait affecté auprès d'une entreprise située dans les Hauts-de-Seine, que sa facture d'électricité pour la période du 19 janvier au 18 mars 2024 était très faible et que le courrier en recommandé qu'il lui avait envoyé le 4 mars 2024 à cette adresse était revenu dans ses services le 27 mars 2024 avec la mention " pli avisé non réclamé ". Toutefois, il résulte des dispositions précitées de l'article R. 434-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet compétent pour se prononcer sur la demande de regroupement familial est le préfet du lieu où se situe le logement qui accueille ou a vocation à accueillir l'étranger et le bénéficiaire du regroupement familial et que, par ailleurs, aucune disposition du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'impose que le prétendant au regroupement familial réside à proximité de son lieu de travail. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A dispose depuis 2023 d'un logement d'une surface de 37 m² situé à Nancy et qu'il a déclaré cette adresse à son employeur ainsi qu'aux services des impôts et à la préfecture. La circonstance que le siège de l'entreprise qui emploie le requérant soit situé dans les Yvelines, que l'intéressé soit susceptible de travailler dans l'ensemble de la France et à l'étranger au titre des missions que lui confie son employeur et qu'il ait effectué une mission de près de six mois au cours du premier semestre 2024 en région parisienne, ce qui en outre est de nature à expliquer la faible consommation d'électricité constatée par la préfète du 19 janvier au 18 mars 2024 et la circonstance qu'il n'ait pas été en mesure de réceptionner le courrier que la préfète lui a envoyé le 4 mars 2024, ne permettent pas de conclure que le requérant n'est pas établi à Nancy, ou, à tout le moins, qu'il n'envisagerait pas de s'y établir avec sa famille. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir qu'il appartenait à la préfète de Meurthe-et-Moselle d'instruire sa demande de regroupement familial.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 28 mai 2024 par laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé d'instruire la demande de regroupement familial de M. A doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Compte tenu du motif d'annulation de la décision attaquée et après examen de l'ensemble des autres moyens de la requête, le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de réexaminer la demande de M. A dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La décision du 28 mai 2024 de la préfète de Meurthe-et-Moselle est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de procéder au réexamen de la demande de regroupement familial présentée par M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience publique du 14 janvier 2025 à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
Mme Jouguet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026