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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2402852

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2402852

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2402852
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête enregistrée le 19 septembre 2024, sous le n° 2402851, Mme A F épouse D, représentée par Me Martin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a prononcé son transfert aux autorités croates, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

3°) d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin l'a assignée à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable trois fois ;

4°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer l'attestation de demande d'asile prévue à l'article L 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile justifiant de l'examen par les autorités françaises de sa demande d'asile ou, le cas échéant, de réexaminer sa situation, l'ensemble dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui serait accordé, sur le fondement de la loi du 10 juillet 1991, ou à elle-même, au titre des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative, dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui serait refusé.

Elle soutient que :

- sa requête a été présentée dans le délai de recours contentieux de sept jours ;

- les arrêtés sont entachés d'incompétence ;

- il n'est pas justifié qu'une information complète sur ses droits lui ait été donnée en début de procédure, par écrit, en méconnaissance de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il n'est pas établi qu'il a été procédé à l'entretien individuel aux fins de déterminer l'Etat membre responsable de sa demande d'asile, prévu par l'article 5 du même règlement ;

- l'article 17 de ce règlement est méconnu et la décision de transfert est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle est enceinte de quatre mois, qu'un suivi obstétrical est mis en place à Nancy et que la France aurait pu se déclarer responsable de l'examen de sa demande d'asile ;

- l'assignation à résidence doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'arrêté de transfert.

II- Par une requête enregistrée le 19 septembre 2024, sous le n° 2402852, M. H D, représentée par Me Martin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a prononcé son transfert aux autorités croates, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

3°) d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin l'a assigné à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable trois fois ;

4°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer l'attestation de demande d'asile prévue à l'article L 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile justifiant de l'examen par les autorités françaises de sa demande d'asile ou, le cas échéant, de réexaminer sa situation, l'ensemble dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui serait accordé, sur le fondement de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui-même, au titre des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative, dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui serait refusé.

Il soulève les mêmes moyens que ceux invoqués dans la requête n° 2402851, en se prévalant de la grossesse de son épouse.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2024, dans les deux instances, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet des requêtes.

Elle soutient qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Samson-Dye, vice-présidente, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Samson-Dye, magistrate désignée ;

- les observations de Me Martin, qui conclut aux mêmes fins que les requêtes par les mêmes moyens et qui se prévaut en outre du fait que l'oncle de M. D réside en France ;

- et les observations de Mme F et de M. D, assistés de Mme G, interprète en langue russe, qui évoquent les motifs ayant justifié leur départ de Russie, tenant à l'enrôlement de M. D pour participer à l'opération militaire russe en Ukraine, la présence de proche résidant sur le territoire français et leurs craintes d'être expulsés en Russie ou dénoncés aux autorités russes en cas de retour en Croatie.

La préfète du Bas-Rhin, n'était ni présente ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Des pièces en délibéré ont été produites pour les requérants le 2 octobre 2024 mais n'ont pas été communiquées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F et M. D, ressortissants russes d'origine tchétchène, se sont présentés au guichet unique d'accueil des demandeurs d'asile de la préfecture de la Moselle le 5 juillet 2024 et se sont vus remettre chacun une attestation de demande d'asile en procédure Dublin. La consultation du fichier Eurodac a révélé que leurs empreintes digitales étaient identiques à celles relevées le 25 juin 2024 par les autorités croates. Les autorités croates, saisies le 22 juillet 2024 d'une demande de reprise en charge sur le fondement de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, ont fait connaître leur accord le 3 août 2024. Par deux arrêtés du 4 septembre 2024, la préfète du Bas-Rhin a prononcé le transfert de Mme F et M. D aux autorités croates, qu'elle estime responsables de l'examen de leurs demandes d'asile. Par deux autres arrêtés du même jour, la préfète du Bas-Rhin les a assignés à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable trois fois, et les a obligés à se présenter, chaque mercredi, hors jours fériés, entre 9 heures et 10 heures à l'hôtel de police situé 38 boulevard Lobau à Nancy. Par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un unique jugement, Mme F et M. D demandent au tribunal, chacun en ce qui le concerne, d'annuler les arrêtés du 4 septembre 2024.

Sur les conclusions aux fins d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président " et aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire des requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la légalité des arrêtés attaqués :

4. En premier lieu, les arrêtés du 4 septembre 2024 sont signés par Mme B E, cheffe du pôle régional Dublin, à laquelle la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a, par un arrêté du 29 août 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du lendemain, délégué sa signature à l'effet de signer notamment les arrêtés de transfert et les décisions d'assignation à résidence en cas d'absence et d'empêchement de Mme C, cheffe du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière. Le défaut d'absence ou d'empêchement de cette dernière n'est pas établi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions portant transfert et assignation à résidence attaquées doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement (). / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. / 3. La commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune ainsi qu'une brochure spécifique pour les mineurs non accompagnés, contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac. () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application de ce règlement doit se voir remettre, dès le début de la procédure, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 précité. Eu égard à leur nature, la délivrance de ces informations constitue une garantie pour le demandeur d'asile.

6. Il ressort des pièces des dossiers que chacun des requérants a attesté, par sa signature, s'être vu remettre, le 5 juillet 2024, par les services de la préfecture de la Moselle les brochures, intitulées " A. J'ai demandé l'asile dans l'UE - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et " B. Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", ainsi que le guide du demandeur d'asile, en langue russe qu'ils ont déclaré comprendre. Ces documents constituent la brochure commune visée au paragraphe 3 précité de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 et ont ainsi permis au requérant de bénéficier d'une information complète sur l'application de ce règlement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () / 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type (). "

8. Il ressort des pièces des dossiers que Mme F et M. D ont chacun bénéficié, le 5 juillet 2024, de l'entretien individuel et confidentiel prévu par les dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, conduit en langue russe, qu'ils ont déclaré comprendre et dont ils ont signé le compte rendu. Le moyen tiré de l'absence de cet entretien manque donc en fait.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Les États membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux, y compris à la frontière ou dans une zone de transit. La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. / () 2. () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable () ". Par ailleurs, l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dispose que : " Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

10. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire.

11. Les requérants évoquent leurs craintes, en cas de transfert vers la Croatie, de voir des informations les concernant être divulguées aux autorités russes, ainsi qu'un risque que les autorités croates les éloignent en Russie.

12. Cependant, les allégations des requérants ne sont étayées que par leurs déclarations sommaires et peu circonstanciées effectuées au cours de l'audience quant à des renseignements sur leur situation qu'auraient essayé de recueillir des personnes originaires de Tchétchénie, alors qu'ils se trouvaient en Croatie. Pour le surplus, les mesures de transfert contestées n'ont ni pour objet ni pour effet de renvoyer les intéressés en Russie mais seulement de les remettre aux autorités croates responsables de leurs demandes d'asile. A cet égard, les requérants n'apportent aucun commencement de preuve de ce que les autorités croates feraient structurellement ou systématiquement obstacle à l'enregistrement et au traitement d'une demande d'asile, ni qu'une telle demande ne serait pas examinée par ces mêmes autorités dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. Le moyen tiré des craintes liées au transfert en Croatie doit donc être écarté.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ".

14. Les requérants évoquent le fait que Mme F est enceinte de quatre mois à la date des arrêtés litigieux. Si l'existence de cette grossesse est corroborée par les pièces des dossiers, en revanche cette seule circonstance n'est pas de nature à justifier la mise en œuvre des dispositions citées au point précédent, au regard du stade modérément avancé de cette grossesse et en l'absence de risques spécifiques. Par ailleurs, les requérants soutiennent qu'ils ont des proches en France, alors même qu'ils n'avaient mentionné cette circonstance lors des entretiens précédemment mentionnés. Toutefois, ils produisent uniquement la carte de séjour d'un compatriote, résidant dans l'Aude, ayant la qualité de réfugié, dont il est allégué qu'il serait le cousin de M. D, sans qu'il soit établi qu'il existerait un lien particulièrement intense entre les requérants et cet individu. Il n'est donc pas établi que l'abstention des autorités françaises de mettre en œuvre les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de leur situation personnelle.

15. En sixième lieu, les requérants n'étant pas fondés à demander l'annulation des décisions de transfert, ils ne sont pas fondés à demander l'annulation des assignations à résidence par voie de conséquence.

16. Il résulte de ce qui précède que Mme F et M. D ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés de la préfète du Bas-Rhin en date du 4 septembre 2024. Leurs requêtes doivent dès lors être rejetées, dans toutes leurs conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : Mme F et M. D sont admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les requêtes nos 2402851 et 2402852 de Mme F et M. D sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. H D, à Mme A F épouse D, à Me Martin et à la préfète du Bas-Rhin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.

La magistrate désignée,

A. Samson-Dye

La greffière

L. Rémond

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2402851, 240285

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