jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2402858 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SALKAZANOV |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 septembre 2024 et des mémoires complémentaires enregistrés les 25 septembre, 15 et 16 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Salkazanov, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner son extraction afin qu'il puisse assister à l'audience de référé ;
3°) de suspendre l'exécution de la décision du 29 août 2024 par laquelle le directeur de la maison d'arrêt d'Epinal a décidé son placement à l'isolement jusqu'au 27 novembre 2024 ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 600 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) d'ordonner le versement de la somme de 3 600 euros à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- il est nécessaire que son extraction soit ordonnée afin qu'il puisse être présent à l'audience de référé ;
- la condition d'urgence est présumée satisfaite, l'administration pénitentiaire ne faisant pas valoir de circonstances particulières ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que :
- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée et ne respecte pas les dispositions de l'article L. 6 du code pénitentiaire en matière de respect de la dignité et des droits de la personne détenue ;
- elle est entachée de vices de procédure : d'une part, les droits de la défense ont été méconnus dès lors que la décision attaquée n'a pas été signée par son conseil et qu'ainsi il n'a pas bénéficié de l'assistance de son avocat lors de l'intégralité des débats ou à tout le moins lors de la retranscription de la décision, que cette retranscription est douteuse ; d'autre part, l'administration n'établit pas que la décision a été précédée de l'avis d'un médecin, conformément à l'article R. 213-30 du code pénitentiaire ; l'administration n'a ainsi pas pris la peine de s'assurer de la compatibilité de son état de santé avec son placement à l'isolement ; enfin, rien ne prouve que le chef d'établissement a rendu compte de sa décision au directeur interrégional des services pénitentiaires en méconnaissance de l'article R. 213-23 du code pénitentiaire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'aucun de ses motifs ne permet de justifier le maintien à l'isolement et qu'elle n'a pas été prise pour le maintien de l'ordre et de la sécurité ; son inscription au répertoire des détenus particulièrement signalés ne saurait suffire à le placer à l'isolement ; contrairement à ce qu'indique la décision son beau-frère n'est nullement impliqué dans un trafic de stupéfiants ; il est un détenu modèle et ne représente aucun danger pour la sécurité et l'ordre de l'établissement ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un courrier en date du 8 octobre 2024, la préfète des Vosges a informé le tribunal qu'elle refusait de procéder à l'extraction de M. B.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 octobre 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;
- il n'y a pas de doute quant à la légalité de la décision contestée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête aux fins d'annulation enregistrée le 19 septembre 2024 sous le n° 2402859 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code pénitentiaire ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Coudert, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 octobre 2024 à 11 heures :
- le rapport de M. Coudert, juge des référés ;
- les observations de Me Salkazanov, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient en outre que la décision contestée ne comporte pas la signature de son conseil lors de la procédure d'isolement ; que la retranscription des observations de ce conseil sont très particulières et que ce dernier n'a manifestement pas pu les relire ; qu'ainsi la violation des droits de la défense est caractérisée ; que les motifs de son placement à l'isolement sont sujets à caution ; que ce régime de détention altère sa santé physique et psychique ; que ses conditions actuelles de détention sont indignes.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 11h25.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, en détention provisoire depuis le 19 mars 2024, a été transféré le 27 août 2024 à la maison d'arrêt d'Epinal. Le 27 août 2024, il a été placé provisoirement à l'isolement et, par une décision du 29 août 2024, le directeur de la maison d'arrêt a décidé son placement à l'isolement jusqu'au 27 novembre 2024. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité par le juge du fond.
Sur les conclusions aux fins d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président " et aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions tendant à ce que le juge des référés ordonne l'extraction de M. B :
4. Aux termes de l'article D. 215-27 du code pénitentiaire : " Le préfet apprécie si l'extraction des personnes détenues appelées à comparaître devant des juridictions ou des organismes d'ordre administratif est indispensable. / Dans l'affirmative, il requiert l'extraction par les services de police ou de gendarmerie selon la distinction de l'article D. 215-26 ".
5. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'il appartient au seul préfet de statuer sur une demande d'extraction présentée par un détenu souhaitant être présent à une audience devant la juridiction administrative à laquelle il a été convoqué. D'autre part, il résulte de l'instruction que la préfète des Vosges, saisie en ce sens par le tribunal, n'a pas donné une suite favorable à la demande d'extraction formée au bénéfice de M. B. Par suite les conclusions présentées par ce dernier et tendant à ce que son extraction soit ordonnée par le tribunal ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins de suspension de la décision en litige :
6. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
7. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. B n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par conséquent, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, il y a lieu de rejeter les conclusions par lesquelles M. B demande la suspension de l'exécution de la décision du 29 août 2024 le plaçant à l'isolement.
8. Par voie de conséquence de ce qui précède, il y a lieu de rejeter également les conclusions présentées au bénéfice de son conseil par M. B au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au garde des sceaux, ministre de la justice et à Me Salkazanov.
Copie en sera transmise, pour information, au directeur de la maison d'arrêt d'Epinal.
Fait à Nancy, le 17 octobre 2024.
Le juge des référés,
B. Coudert
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026