mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2402880 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | CISSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2024 à 11 heures 58 et un mémoire enregistré le 30 septembre 2024, Mme C G, placée au centre de rétention administrative de Metz, représentée par Me Cissé, demande au tribunal :
1°) de désigner un avocat commis d'office ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2024 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
- ces décisions sont entachées d'incompétence ;
- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation ;
- elles n'ont pas été notifiées dans une langue qu'elle comprend ;
Sur le moyen propre à la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
Sur les moyens propres à la décision refusant un délai de départ volontaire :
- cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'elle ne présente pas un risque de fuite ;
Sur les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention contre la torture et autres traitements inhumains ou dégradants ;
Sur les moyens propres à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
- cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation quant à sa durée et quant à l'existence de circonstances humanitaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention contre la torture et autres traitements inhumains ou dégradants ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné, au titre de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Mme Philis, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués pour statuer sur les recours relevant des procédures à juge unique définis au chapitre 1er du titre II du livre IX de ce code.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Philis, magistrate désignée ;
- les observations de Me Cissé, représentant Mme G, qui :
. reprend les conclusions et moyens de la requête en insistant sur le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'obligation de quitter le territoire français et sur le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision ;
. soulève un moyen tiré de l'erreur de fait entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français dès lors que, contrairement aux termes de cette décision, l'intéressée n'est pas célibataire ;
. soulève un moyen tiré du défaut d'examen à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination et contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée deux ans dans la mesure où l'autorité préfectorale n'a pas pris en compte ses attaches personnelles en Belgique ;
. évoque le contexte de l'arrivée en France en 2014 de Mme G, sous une fausse identité, en vue d'y solliciter l'asile, demande qui a fait l'objet d'un rejet de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmé par la Cour nationale du droit d'asile ;
. indique que Mme G, qui a fait l'objet d'une mesure d'éloignement en 2016, s'est maintenue en France jusqu'en 2023, date à laquelle elle s'est rendue en Belgique rejoindre son concubin. Elle entretient cette relation avec ce compatriote bénéficiaire du statut de réfugié depuis 2020 ;
. fait état des craintes qu'elle nourrit en cas de retour dans son pays d'origine en raison de son engagement dans un mouvement contestataire ;
. ajoute que les décisions portant refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français font obstacle à ses démarches de régularisation entreprises en Belgique ;
. relève que l'attestation produite, revêtue d'un tampon de la mairie, est probante et que la circonstance que Mme G ne figure pas dans les bases de données des autorités belges est sans incidence ;
- les observations de Mme G qui indique qu'elle vit en Belgique et que des démarches sont en cours concernant la légalisation de son acte de naissance ;
- et les observations de Me Morel, représentant le préfet du Nord, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes moyens, et :
. souligne que la requérante reconnaît avoir fait l'objet d'une mesure d'éloignement en 2016 et se maintenir irrégulièrement sur le territoire français jusqu'à son départ pour la Belgique en 2023 ;
. remet en cause la valeur probante de l'attestation produite par son prétendu compagnon. En tout état de cause, cette pièce est insuffisante pour caractériser l'ancienneté et la stabilité de cette relation ;
. relève que les autorités belges, interrogées par les services de l'Etat français, n'ont pas identifié dans leurs bases de données Mme G ;
. fait valoir que l'intéressée ne démontre pas être exposée à un traitement contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G, ressortissante congolaise née le 24 novembre 1978 à Kinshasa, est entrée une première fois en France en 2014 pour y solliciter l'asile sous un alias, demande qui a été rejetée successivement par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 30 octobre 2015 et la Cour nationale du droit d'asile le 29 août 2016. Elle est retournée sur le territoire français, selon ses déclarations, le 22 septembre 2024. Ce même jour, elle a été placée en retenue pour vérification de son doit au séjour. Par un arrêté du 23 septembre 2023, le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par la présente requête, Mme G, placée en rétention administrative, demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la demande de désignation d'un avocat commis d'office :
2. Mme G, placée en rétention administrative lors de l'introduction de sa requête, a présenté celle-ci sans ministère d'avocat et a été assistée à l'audience par Me Cissé qui s'est constitué en cours d'instance. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande de désignation d'un avocat commis d'office.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
3. En premier lieu, Mme E A, adjointe à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, a reçu délégation à l'effet de signer les décisions en litige, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme F B, par un arrêté du 5 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Nord le même jour. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B n'aurait pas été absente ou empêchée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
4. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. La circonstance que le préfet du Nord n'aurait pas fait état de l'ensemble des éléments en sa possession est sans incidence sur la légalité de ces décisions. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur sa légalité. La requérante ne peut utilement soutenir que les décisions attaquées n'auraient pas été notifiées dans une langue qu'elle comprend. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
6. Il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressée. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions portant refus de délai de départ volontaire et portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
7. La requérante ne peut utilement soutenir que les décisions portant refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans font obstacle aux démarches qu'elle entreprend en Belgique pour régulariser sa situation au regard de son droit au séjour, qu'elle n'établit pas au demeurant. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Il ressort des pièces du dossier que Mme G, qui est sans charge de famille, est entrée récemment sur le territoire français. En outre, l'intéressée n'établit pas disposer en France des liens d'une intensité et ancienneté particulières et ne démontre pas être dépourvue d'attaches personnelles dans son pays d'origine. Si elle se prévaut d'une relation qu'elle entretiendrait avec un compatriote résidant régulièrement en Belgique en raison de son statut de réfugié, elle n'apporte pas d'éléments suffisants permettant de démontrer l'ancienneté, la stabilité et l'intensité des liens tissés avec ce dernier. Elle ne justifie pas davantage de son intégration en France. Dans ces conditions, Mme G n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Nord aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, au regard des buts en vue desquels la mesure d'éloignement a été prise.
10. En deuxième lieu, contrairement aux allégations de la requérante, la décision attaquée reprend ses déclarations relatives à la relation qu'elle entretiendrait en Belgique avec un compatriote. Au demeurant, eu égard à ce qu'il a été dit au point précédent, la circonstance que la décision litigieuse mentionnerait, à tort, son célibat est sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision refusant un délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, le moyen dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écarté, l'exception d'illégalité de cette décision, invoquée par Mme G à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, doit être écartée.
12. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "
13. Mme G n'apporte aucun élément suffisant de nature à démontrer qu'elle présente des garanties de représentation suffisantes. Dans ces conditions, le préfet du Nord a pu légalement fonder sa décision sur les dispositions combinées du 3° de l'article L. 612-2 et celles du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce motif étant suffisant pour justifier le refus de délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, le moyen dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écarté, l'exception d'illégalité de cette décision, invoquée par Mme G à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination, doit être écartée.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Mme G ne produit aucun élément de nature à établir la réalité et le caractère personnel des risques qu'elle encourt en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
16. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants : " 1. Aucun Etat partie n'expulsera, ne refoulera, ni n'extradera une personne vers un autre Etat où il y a des motifs sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture. () ". Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
17. En premier lieu, le moyen dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écarté, l'exception d'illégalité de cette décision, invoquée par Mme G à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, doit être écartée.
18. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
19. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, le préfet assortit, en principe et sauf circonstances humanitaires, l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour. La durée de cette interdiction doit être déterminée en tenant compte des critères tenant à la durée de présence en France, à la nature et l'ancienneté des liens de l'intéressé avec la France, à l'existence de précédentes mesures d'éloignement et à la menace pour l'ordre public représentée par la présence en France de l'intéressé.
20. Ainsi qu'il a été dit au point 9 du présent jugement, Mme G, entrée récemment en France, ne justifie pas de liens personnels et familiaux sur le territoire d'une particulière intensité. Elle ne conteste pas davantage avoir fait l'objet, sous une autre identité, d'une précédente mesure d'éloignement édictée le 27 octobre 2016 par le préfet de police. En outre, comme relevé par l'autorité préfectorale dans la décision litigieuse, l'intéressée ne justifie pas, par les pièces qu'elle produit, de circonstances humanitaires. Dans ces conditions, alors même que le préfet du Nord a considéré que son comportement ne représente pas une menace pour l'ordre public, ce dernier n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en prononçant à l'encontre de Mme G une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par suite, le moyen doit être écarté.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme G doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction sous astreinte.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au titre des frais exposés non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y plus lieu de statuer sur la demande de Mme G tendant à la désignation d'un avocat commis d'office.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme G est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C G, à Me Cissé et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La magistrate désignée,
L. Philis
La greffière
M. D
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026