jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2402884 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | TCHEUMALIEU FANSI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 septembre 2024, sous le n° 2402884, M. B, représenté par Me Tcheumalieu Fansi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle portant assignation à résidence, ou subsidiairement d'annuler cette mesure en tant qu'elle l'oblige à se présenter quotidiennement aux services de police et à se maintenir à son domicile entre 6 heures et 9 heures ;
2°) d'assortir sa décision d'une astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil.
Il soutient que :
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ;
- sa situation individuelle n'a pas fait l'objet d'un examen personnalisé ;
- les mesures contestées sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation et disproportionnées ;
- il justifie de garanties de représentation ;
- les mesures contestées méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 30 septembre 2024 à 12 heures 38, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Samson-Dye, vice-présidente, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Samson-Dye, magistrate désignée ;
- et les observations de M. A, assisté de Mme C, interprète en langue anglaise, qui fait valoir qu'il a besoin d'aide et que la mesure lui imposant de se présenter chaque jour au commissariat est trop contraignante, en terme de coût du billet de bus et au regard de la distance séparant ce lieu de son domicile.
La préfète de Meurthe-et-Moselle n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant nigérian, a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, désignation du pays de renvoi et interdiction de retour pendant une durée de douze mois, édicté à son encontre par la préfète de Meurthe-et-Moselle le 11 juin 2024. Cet arrêté n'a pas été contesté. Par un arrêté du 17 septembre 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle l'a assigné à résidence dans ce département pendant une durée de quarante-cinq jours et l'a également obligé, d'une part, à se présenter tous les jours, y compris les jours fériés, auprès des services de la police aux frontières de Mont-Saint-Martin, et d'autre part, à se maintenir quotidiennement de 6 heures à 9 heures à son domicile. M. A demande l'annulation de ce dernier arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". L'article L. 732-1 du même code précise que : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées.". Aux termes de l'article L. 733-1 de ce code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie (). ". Enfin, l'article L. 733-2 du même code dispose que : " L'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures.".
3. En premier lieu, l'arrêté litigieux comporte un exposé suffisamment précis des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, étant précisé que la motivation en fait des mesures de contrainte imposées peut se confondre à celle de l'assignation, sans qu'il soit exigé sur ce point de motivation spécifique. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la rédaction de l'arrêté litigieux, ni des autres pièces du dossier que la préfète n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de M. A.
5. En troisième lieu, la circonstance que l'intéressé dispose de garanties de représentation, et notamment d'une adresse connue de l'administration, est, par elle-même, sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
6. En quatrième lieu, le requérant fait valoir qu'il n'a plus d'attaches dans son pays d'origine. Cependant cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'assignation à résidence. Il est par ailleurs constant que M. A est célibataire et sans enfant en France. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que les mesures édictées à son encontre porteraient une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne peut qu'être écarté.
7. En cinquième lieu, le requérant ne fait état d'aucune circonstance précise de nature à entacher l'assignation à résidence et les mesures de contrainte dont elle est assortie d'erreur manifeste d'appréciation, ou à en établir le caractère disproportionné. A cet égard, s'il a évoqué, en termes peu circonstanciés, le coût représenté par le déplacement en transport en commun et la distance séparant son domicile des services de la police aux frontières, les éléments invoqués ne suffisent pas à établir que l'obligation de présentation quotidienne est disproportionnée.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 septembre 2024 de la préfète de Meurthe-et-Moselle. Sa requête doit donc être rejetée, dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La magistrate désignée,
A. Samson-Dye
La greffière
L. Rémond
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2402884
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026