LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2402895

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2402895

mercredi 2 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2402895
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantANDIC ANOUZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024 à 10 heures 09 et un mémoire complémentaire enregistré le 1er octobre 2024, Mme A C demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 août 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de 15 jours suivant la notification de la décision à intervenir, en application des dispositions des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie ;

- les décisions sont insuffisamment motivées ;

- l'arrêté ne lui a pas été notifié dans une langue qu'elle comprend ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle dispose d'un droit au séjour permanent en France en application des articles L. 251-2 et L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

- son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public ;

- le préfet a commis une erreur d'appréciation quant au risque de fuite ;

- aucune urgence au sens de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne justifie le refus de délai de départ volontaire ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision a été prise en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son comportement ne saurait caractériser une menace à l'ordre public ;

- la décision porte une atteinte disproportionnée au principe de la liberté de circulation ;

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 septembre 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Grandjean, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Grandjean, magistrate désignée,

- les observations de Me Andic Anouz, avocate commise d'office, représentant Mme C qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, et relève que Mme C a bien remis son passeport lors de la garde à vue qui s'est tenue le 22 août 2024 contrairement aux affirmations de la préfète, que son identité est parfaitement établie au vu de ce passeport dont elle présente à l'audience la copie, qu'elle réside en France depuis 2016 et présente à cet effet à l'audience, une carte d'hospitalisation valable le 30 avril 2022 et une carte vitale émise le 4 août 2018, a toujours travaillé, qu'elle est sans emploi depuis quelques mois, s'est inscrite à Pôle Emploi et perçoit régulièrement le RSA dans les conditions prévues par le code de l'action sociale et des familles, qu'elle remplit ainsi les conditions d'un droit au séjour permanent, que son fils aîné vit également en France, qu'hormis les deux faits qui lui ont valu une interpellation, qui n'ont été suivis d'aucunes poursuites, elle est inconnue des services de police ;

- les observations de Mme C, qui revient sur les conditions de ses deux interpellations ;

- et les observations de M. E, représentant la préfète du Bas-Rhin qui soulève une fin de non-recevoir tirée de l'éventuelle tardiveté de la requête et conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes moyens, tout en insistant d'une part, sur le fait que la requérante ne justifie pas des conditions requises pour se voir reconnaître un droit au séjour permanent en particulier une présence régulière et ininterrompue sur le territoire français, pas plus qu'elle ne justifie y résider régulièrement depuis plus de trois mois dès lors qu'elle ne justifie notamment pas d'une activité professionnelle et qu'ainsi, l'obligation de quitter le territoire français était également justifiée par l'absence de droit au séjour, d'autre part, sur l'absence d'attaches sur le territoire français contrairement à ce qu'elle affirme à la barre, et enfin, sur la circonstance que son interpellation à un mois d'intervalle pour deux infractions de nature similaire justifie qu'un délai de départ volontaire lui ait été refusé et qu'une interdiction de circulation sur le territoire français lui ait été opposée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante roumaine née le 15 février 1977, est entrée en France en 2016, selon ses déclarations. Par un arrêté du 23 août 2024, la préfète du Bas-Rhin lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office et lui a fait interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée d'un an. Mme C, placée en centre de rétention par une décision du 24 septembre 2024, demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

2. En premier lieu, l'arrêté du 23 août 2024 est signé par Mme D B, cheffe du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, à laquelle la préfète du Bas-Rhin a, par un arrêté du 30 août 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, délégué sa signature à l'effet de signer notamment les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.

3. En deuxième lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur la légalité de celle-ci. La requérante ne peut ainsi utilement faire valoir que l'arrêté contesté n'aurait pas été notifié dans une langue qu'elle comprend. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que la décision lui a été notifié avec l'assistance d'un interprète. Par suite, ce moyen doit être écarté.

4. En troisième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation dont seraient entachées les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et opposant une interdiction de circulation sur le territoire français doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 251-1 les citoyens de l'Union européenne ainsi que les membres de leur famille qui bénéficient du droit au séjour permanent prévu par l'article L. 234-1 ". Aux termes de l'article L. 233-1 du même code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; () 5° Ils sont le conjoint ou le descendant direct à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées au 3° ". Aux termes de l'article L. 234-1 dudit code : " Les citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article L. 233-1 qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français. / () ".

6. Il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 251-2 et L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que, si les citoyens de l'Union européenne ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 251-1, c'est à la double condition qu'ils aient résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes et qu'ils relèvent de l'une des cinq catégories de citoyens européens mentionnées à l'article L. 233-1 précité.

7. Mme C fait valoir qu'elle est présente en France depuis 2016 et qu'elle aurait ainsi acquis un droit permanent au séjour. Toutefois, elle n'établit pas y résider de manière légale et ininterrompue depuis cette date. Ainsi, la requérante, qui n'entre pas dans le champ d'application desdites dispositions, ne bénéficiait pas d'un droit au séjour permanent en tant que ressortissante roumaine, disposant de la qualité de citoyen de l'Union européenne. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir qu'en vertu des dispositions de l'article L. 251-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne pouvait être légalement prise à son encontre.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; / 3° Leur séjour est constitutif d'un abus de droit. / Constitue un abus de droit le fait de renouveler des séjours de moins de trois mois dans le but de se maintenir sur le territoire alors que les conditions requises pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois ne sont pas remplies, ainsi que le séjour en France dans le but essentiel de bénéficier du système d'assistance sociale. / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ".

9. Il ressort des termes du procès-verbal établi le 22 août 2024 par un agent de police judiciaire en fonction au sein de la circonscription de police nationale de Strasbourg, que Mme C a été interpelée avec une autre ressortissante roumaine présentée comme sa belle-sœur, en raison de faits de vol de vêtements dans un magasin de Strasbourg, que l'intéressée savait être dépourvue de surveillance vidéo. Si l'intéressée nie à la barre avoir voulu voler les articles avec lesquels elle a été surprise, elle a reconnu les faits lors de cette interpellation. Par ailleurs, il ressort des échanges à la barre que sa deuxième interpellation, également dans le Bas-Rhin, seulement un mois après ces premiers faits, a été motivée par une infraction de même nature de tentative de vol en réunion, dans des circonstances que la requérante a expliqué de manière confuse. Dans ces conditions, quand bien même, selon la requérante, ces faits n'auraient donné lieu à aucune poursuite ni rappel à la loi, leur matérialité doit être regardée comme établie. Par suite, la préfète a pu, à bon droit, estimer que ces faits, bien que commis alors que Mme C déclare être présente sur le territoire depuis plusieurs années sans pour autant établir la régularité de ce séjour et son caractère ininterrompu, étaient de nature à constituer, du point de vue de l'ordre public, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, justifiant une mesure d'éloignement prise sur le fondement des dispositions précitées du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la demande de substitution de base légale sollicitée par la préfète, ce moyen doit être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. Si Mme C a déclaré lors de son audition par les services de police être mariée, elle ne le démontre pas et ne précise pas non plus la situation de son conjoint au regard de son droit au séjour en France. Au demeurant, il ressort du procès-verbal d'audition établi lors de son interpellation par la gendarmerie nationale le 23 septembre 2024 qu'elle a déclaré que celui-ci vivait depuis six mois en Roumanie. Par ailleurs, si l'intéressée soutient que son fils aîné âgé de 19 ans vit avec elle à Lyon, elle ne l'établit pas et a déclaré à la barre qu'il faisait des allers-et-retours entre la France et la Roumanie. Il ressort par ailleurs de ses déclarations que sa fille mineure réside en Roumaine. Aucune pièce du dossier n'établit son entrée alléguée sur le territoire français en 2016, la carte vitale produite ayant été établie en 2018, pas plus que la régularité et la continuité de son séjour en France depuis cette dernière date. La requérante ne justifie, de plus, d'aucune attache ancienne, intense et stable sur le territoire français. Enfin, alors qu'elle ne justifie d'aucune activité professionnelle et a été interpellée les 23 août et 23 septembre 2024 pour des faits de vol en réunion, la requérante ne démontre pas son intégration en France. Dans ces conditions, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la préfète du Bas-Rhin aurait porté atteinte à son droit à une vie privée et familiale en l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen propre à la contestation de la décision refusant un délai de départ volontaire :

12. Aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel ".

13. Eu regard à la nature et à la répétition des faits, tels exposés au point 9, pour lesquels Mme C a été récemment interpellée, la préfète du Bas-Rhin a pu, sans entacher sa décision d'erreur d'appréciation, considérer qu'il y avait urgence à l'éloigner du territoire français afin d'en prévenir la réitération et refuser ainsi de lui accorder un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision fixant le pays de destination :

14. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

15. Mme C se borne à soutenir que la décision méconnaît les dispositions de l'article 3 précité de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sans autre précision. Ce faisant, elle ne met pas le tribunal en mesure d'apprécier la portée de ce moyen sur la légalité de la décision contestée.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision d'interdiction de circulation sur le territoire français :

16. Aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 251-6 du même code : " Le sixième alinéa de l'article L. 251-1 et les articles L. 251-3, L. 251-7 et L. 261-1 sont applicables à l'interdiction de circulation sur le territoire français ".

17. Eu égard au comportement et à la situation personnelle, tels qu'exposés aux points 9 et 11 du présent jugement, de la requérante qui ne démontre pas disposer d'un droit au séjour en France et dont la famille proche se trouve en Roumanie, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en prononçant à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français et en en fixant la durée à un an, ni que cette décision aurait porté une atteinte disproportionnée à la liberté de circulation de Mme C.

18. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète du Bas-Rhin, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la préfète du Bas-Rhin.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 octobre 2024.

La magistrate désignée,

G. GrandjeanLa greffière,

L. Rémond

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions