mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2402908 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GEHIN |
Vu les procédures suivantes :
I. - Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2024 sous le n° 2402907, M. D B, représenté par Me Géhin, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 12 août 2024 par laquelle la préfète des Vosges a refusé d'instruire sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " salarié " ;
3°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de réexaminer sa demande de titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer, dans les quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance, dans l'attente du réexamen de sa situation, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle est dirigée contre une décision faisant grief ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que son épouse et lui se trouvent dans une situation de précarité administrative, qu'ils sont dans l'impossibilité de poursuivre leur formation et/ ou travail et qu'ils peuvent être interpelés et placés en rétention à tout moment ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée en tant qu'elle refuse d'instruire sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", les moyens tirés de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué, de l'insuffisance de motivation, d'une erreur dans la qualification de la demande considérée à tort comme abusive et dilatoire, du caractère non confirmatif de la décision contestée, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée en tant qu'elle refuse l'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " salarié ", les moyens tirés de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué, de la méconnaissance de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, son épouse étant en droit de bénéficier d'un tel titre de séjour en conséquence de la situation de son épouse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2024, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les conditions prévues par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne sont pas remplies.
II. - Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2024 sous le n° 2402908, Mme A C, représentée par Me Géhin, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 12 août 2024 par laquelle la préfète des Vosges a refusé d'instruire sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " salarié " ;
3°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de réexaminer sa demande de titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer, dans les quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance, dans l'attente du réexamen de sa situation, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative de 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soulève les mêmes moyens que son époux dans l'instance n°2402907, excepté le moyen tiré de ce que la décision refusant de lui accorder le renouvellement de sa demande de titre de séjour méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2024, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les conditions prévues par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne sont pas remplies.
Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
- les requêtes de Mme C et M. B enregistrées le 25 septembre 2024 sous les nos 2402904 et 2402905, tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 octobre 2024 :
- le rapport de Mme Sousa Pereira, juge des référés,
- et les observations de Me Géhin, avocat de M. B et de Mme C qui reprend ses conclusions et moyens. Il précise que l'urgence est présumée dès lors que la préfète a refusé de faire droit à leurs demandes de renouvellement de titre de séjour. Il précise que la demande des requérants ne présente pas un caractère dilatoire dès lors qu'ils ne l'ont pas en vue de faire obstacle à une action devant être mise en œuvre par l'administration. Il indique que la demande des requérants n'est pas abusive et que les décisions contestées ne sont pas confirmatives des premières décisions.
Considérant ce qui suit :
1. M. B et Mme C, ressortissants arméniens, déclarent être entrés en France le 16 février 2015, avec leurs trois enfants. En 2021, les intéressés ont bénéficier de titres de séjour portant la mention " salarié ", qui ont été régulièrement renouvelés jusqu'au 30 juin 2023. Le 16 mai 2023, M. B et Mme C ont sollicité auprès des services de la préfecture des Vosges la délivrance de titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et, à titre subsidiaire, le renouvellement de leurs titres de séjour. Par deux décisions du 21 août 2023, leurs demandes de changement de statut ont été rejetées. S'agissant de leurs demandes de renouvellement, les intéressés ont bénéficié d'autorisations provisoires de séjour avec autorisation de travail, valables jusqu'au 20 mars 2024. Le 13 mars 2024, M. B et Mme C ont de nouveau sollicité la délivrance de titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et, subsidiairement, le renouvellement de leurs titres de séjour portant la mention " salarié ". Par des décisions du 12 août 2024, la préfète des Vosges a refusé d'instruire leurs demandes de changement de statut à raison du caractère dilatoire et abusif de celles-ci et a invité les requérants, s'agissant de leurs demandes de renouvellement, à transmettre à ses services une autorisation de travail afin que celles-ci puissent être accordées. Par les présentes requêtes, qu'il y a lieu de joindre, M. B et Mme C demandent à ce que la suspension de l'exécution de ces décisions soit prononcée.
Sur les demandes d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B et Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence, compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. D'une part, contrairement à ce que font valoir M. B et Mme C, les décisions litigieuses ne peuvent s'analyser comme des décisions refusant de faire droit à leurs demandes de renouvellement de cartes de séjour temporaires portant la mention " salarié ", la préfète ayant expressément indiqué, dans les décisions contestées, être dans l'attente de la transmission par ces derniers d'une autorisation de travail en vue de renouveler leurs titres de séjour. Ainsi, les requérants ne peuvent pas se prévaloir de la présomption d'urgence qui s'attache aux décisions portant refus de renouvellement de titre de séjour.
6. D'autre part, si les requérants soutiennent, pour justifier de l'urgence, qu'ils se trouvent actuellement en situation irrégulière sur le territoire français et qu'ils ne peuvent plus y travailler, il résulte toutefois de l'instruction qu'ils sont chacun en possession d'autorisations provisoires de séjour avec autorisation de travail valables jusqu'au 3 décembre 2024. Par suite, et alors qu'ils ne font valoir aucun autre élément, la condition d'urgence ne saurait être regardée comme remplie.
7. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner si les moyens soulevés par les requérants sont de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées, les demandes de suspension qu'ils ont présentées à l'encontre des décisions du 12 août 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, les sommes demandées par les requérants au titre des frais de litige.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B et Mme C sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B, à Mme A C, à Me Géhin et au ministre de l'intérieur.
Copie pour information sera adressée à la préfète des Vosges.
Fait à Nancy, le 9 octobre 2024.
La juge des référés,
C. Sousa Pereira
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Nos 2402907, 2402908
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026