vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2402981 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 01 et 22 octobre 2024, M. A B, représentée par Me Lebon-Mamoudy, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé pendant quatre mois par la préfète de Meurthe-et-Moselle sur sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- la requête de M. B, enregistrée le 01 octobre 2024 sous le n° 2402982, tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 octobre 2024 à 9 heures 45 :
- le rapport de M. Davesne, juge des référés ;
- les observations de Me Lebon-Mamoudy, avocate de M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- et les observations de M. C, représentant le préfet de Meurthe-et-Moselle, qui conclut au rejet de la requête.
Un mémoire, enregistré le 23 octobre 2024 à 12 heures et 4 minutes, a été présenté pour M. B.
A l'issue de l'audience, la clôture d'instruction a été reportée au 23 octobre 2024 à 18 heures.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant mauricien né le 29 décembre 1993, est arrivé en France le 13 novembre 2015, sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ", et y a séjourné à ce titre de manière régulière jusqu'au 4 octobre 2020. Il a sollicité, le 19 mars 2024, son admission exceptionnelle au séjour. Cette demande a été implicitement rejetée du fait du silence gardé par la préfète de Meurthe-et-Moselle pendant quatre mois. M. B demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Il résulte de l'instruction que M. B est employé depuis le 9 juillet 2018 par la société Sonéo et y exerce les fonctions de superviseur, après avoir exercé celles de chargé de clientèle, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. En raison de l'irrégularité de son séjour, il a été convoqué à un entretien préalable à son licenciement puis licencié avec effet immédiat par courrier du 19 septembre 2024. Ainsi, alors même qu'il est demeuré trois ans et demi en situation irrégulière avant de demander la délivrance d'un titre de séjour, l'exécution de la décision de refus de séjour porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation de M. B. La condition d'urgence doit dès lors être regardée comme satisfaite.
5. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par la préfète de Meurthe-et-Moselle en refusant d'admettre au séjour, à titre exceptionnel, M. B sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard à ses motifs, la présente ordonnance implique nécessairement que la préfète de Meurthe-et-Moselle délivre à M. B une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, valable jusqu'à la décision du tribunal statuant au fond sur la légalité de la décision attaquée. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de délivrer cette autorisation provisoire de séjour à M. B dans le délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros à M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B est suspendue jusqu'à la décision au fond du tribunal.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de délivrer à M. B une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, dans le délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à M. B au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera communiquée à la préfète de Meurthe-et-Moselle
Fait à Nancy, le 25 octobre 2024.
Le juge des référés,
S. Davesne
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026