lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2403031 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | ROLLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2024, à 15 heures, et un mémoire enregistré le 14 octobre 2024, M. A D, représenté par Me Rolland, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2024 par lequel le préfet de la Moselle a prolongé la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant aux circonstances humanitaires et à la durée de l'interdiction ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2024, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Cabecas, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cabecas ;
- les observations de Me Rolland, avocat commis d'office de M. D, qui reprend les moyens et conclusions de la requête et fait valoir en outre que la demande d'asile du requérant est en cours de traitement auprès de la cour nationale du droit d'asile et qu'il a été menacé physiquement en Albanie ;
- les observations de M. D, assisté d'un interprète en langue albanaise, qui indique ne pas vouloir retourner en Albanie où il craint pour sa sécurité et celle de ses enfants ;
- et les observations de Me Iscen, représentante du préfet de la Moselle qui reprend les termes du mémoire en défense et fait en outre valoir que le requérant n'est plus en contact avec son épouse et leurs enfants et qu'il ne justifie pas de circonstances humanitaires.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant albanais né le 28 février 1972, serait entré en France au cours du mois de février 2024, selon ses déclarations. Par un arrêté du 19 juillet 2024, le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant son pays de destination et en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un arrêté du 30 août 2024, le préfet de la Moselle a retiré le délai de départ volontaire accordé à M. D. Par un arrêté 5 octobre 2024, le préfet de la Moselle a prolongé la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Placé en rétention administrative le même jour, M. D demande l'annulation de ce dernier arrêté.
2. En premier lieu, par un arrêté du 14 mai 2024, régulièrement publié, le préfet de la Moselle a donné délégation à Mme C B, agente de la préfecture, à l'effet de signer, dans le cadre des permanences des weekends, les décisions prises en application du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont font partie les décisions portant prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français. La décision en litige a par ailleurs été édictée un samedi et le préfet établit que Mme B était de permanence lors de ce weekend. Par suite, Mme B, signataire de l'arrêté contesté, était compétente pour signer la décision en litige. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté contesté doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ladite décision doit être écarté comme manquant en fait.
4. En troisième lieu, les conditions de notification de la décision attaquée sont sans incidence sur la légalité de celle-ci. Le moyen tiré de l'irrégularité de cette notification ne peut donc qu'être écarté comme inopérant.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : / 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.
Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. D a fait l'objet d'une mesure d'éloignement, le 19 juillet 2024, qu'il n'a pas exécutée et que si ses enfants et son épouse résident en France, cette dernière est dépourvue d'un titre de séjour l'y autorisant. Par ailleurs, M. D a été placé en garde à vue pour des faits de violences sur sa conjointe et leurs enfants, dont il ne conteste pas la matérialité. Enfin, il ne justifie pas de circonstances humanitaires faisant obstacle au prononcé d'une mesure d'éloignement. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prolongeant de deux ans son interdiction de retour sur le territoire français, le préfet ait inexactement apprécié la situation de M. D. Eu égard à ces éléments, la décision attaquée ne porte par ailleurs pas une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et ne méconnaît ainsi pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 octobre 2024 par lequel le préfet de la Moselle a prolongé de deux ans son interdiction de retour sur le territoire français.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de la Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 octobre 2024.
La magistrate désignée,
L. Cabecas Le greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026