LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2403043

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2403043

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2403043
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantGEHIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête n° 2403043 enregistrée le 8 octobre 2024 à 16 heures 42 et un mémoire complémentaire enregistré le 17 octobre 2024, M. A D, représenté par Me Géhin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 10 septembre 2024 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

3°) d'annuler l'arrêté en date du 10 septembre 2024 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin l'a assigné à résidence dans le département des Vosges pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable trois fois, avec l'obligation de se présenter avec sa conjointe et ses enfants tous les mercredis, hors jours fériés, entre 9 heures et 10 heures au commissariat d'Epinal ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Le requérant soutient que :

En ce qui concerne la décision portant transfert aux autorités espagnoles :

- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait les articles 4 et 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ainsi que l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 ; il n'est pas établi qu'il a bénéficié d'un entretien avec une personne qualifiée ;

- le préfet ne justifie pas avoir saisi les autorités espagnoles dans les délais ;

- la décision contestée méconnait les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 dès lors qu'il existe des défaillances systémiques de la procédure d'asile en Italie et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il ne relève pas des dispositions de l'article 18 1 c) du règlement (UE) n° 604/2013 ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle sera annulée en conséquence de l'annulation de la décision portant transfert aux autorités espagnoles ;

- la décision méconnait les dispositions des articles L 561-2-1 et R. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2024, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

II. Par une requête n° 2403044 enregistrée le 8 octobre 2024 à 16 heures 45 et un mémoire complémentaire enregistré le 17 octobre 2024, Mme F, représentée par Me Géhin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 10 septembre 2024 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

3°) d'annuler l'arrêté en date du 10 septembre 2024 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin l'a assignée à résidence dans le département des Vosges pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable trois fois, avec l'obligation de se présenter avec sa conjointe et ses enfants tous les mercredis, hors jours fériés, entre 9 heures et 10 heures au commissariat d'Epinal ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

La requérante soutient que :

En ce qui concerne la décision portant transfert aux autorités espagnoles :

- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait les articles 4 et 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ainsi que l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 ; il n'est pas établi qu'elle a bénéficié d'un entretien avec une personne qualifiée ;

- le préfet ne justifie pas avoir saisi les autorités espagnoles dans les délais ;

- la décision contestée méconnait les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 dès lors qu'il existe des défaillances systémiques de la procédure d'asile en Italie et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle ne relève pas des dispositions de l'article 18 1 c) du règlement (UE) n° 604/2013 ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la décision sera annulée en conséquence de l'annulation de la décision portant transfert aux autorités espagnoles ;

- la décision méconnait les dispositions des articles L 561-2-1 et R. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2024, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le règlement (UE) n°60/2013 du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Marini, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marini,

- et les observations de M. D et de Mme F qui indiquent qu'ils sont arrivés en Espagne par bateau, que leur situation en Espagne était difficile et a affecté leurs enfants.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. D et Mme F, ressortissants congolais ont déclaré être entrés irrégulièrement sur le territoire français, accompagnés de leurs trois enfants mineurs pour y solliciter l'asile. La consultation du fichier EURODAC a révélé qu'ils ont franchi irrégulièrement les frontières espagnoles dans les douze mois précédant l'introduction de leur première demande. Les autorités espagnoles ont été saisies le 2 mai 2024 d'une demande de prise en charge. Elles ont fait connaître leur accord implicite le 3 juillet 2024. Par des arrêtés du 10 septembre 2024, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a ordonné leur transfert vers l'Espagne et les a assignés à résidence dans le département des Vosges pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable trois fois, avec l'obligation de se présenter avec leurs enfants tous les mercredis, hors jours fériés, entre 9 heures et 10 heures au commissariat d'Epinal. Par les requêtes susvisées qu'il y a lieu de joindre, les intéressés demandent l'annulation de ces arrêtés du 10 septembre 2024.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions précitées, d'admettre provisoirement M. D et Mme F au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant transfert aux autorités espagnoles :

4. En premier lieu, Mme B E, cheffe du pôle régional Dublin a reçu délégation par arrêté de la préfète du Bas-Rhin du 30 août 2024 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit, par suite, être écarté.

5. En deuxième lieu, les arrêtés attaqués visent les textes dont il est fait application et font état, notamment, de la saisine des autorités espagnoles, de leur accord implicite pour une prise en charge des intéressés, et mentionne les éléments relatifs à la situation personnelle des requérants. Ils comportent ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, les arrêtés attaqués, qui permettent de vérifier que l'autorité préfectorale a procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de M. D et de Mme F, sont suffisamment motivés.

6. En troisième lieu, il résulte des dispositions de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application de ce règlement doit se voir remettre, dès le début de la procédure, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 précité. Eu égard à leur nature, la délivrance de ces informations constitue une garantie pour le demandeur d'asile. Par ailleurs, en application de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013, l'Etat membre qui procède à la détermination de l'Etat membre responsable doit mener un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité et doit être mené par une personne qualifiée en vertu du droit national.

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment des comptes rendus d'entretiens produit en défense par la préfète, que M. D et Mme F ont bénéficié, le 5 avril 2024, d'un entretien individuel et confidentiel. S'ils soutiennent qu'il n'est pas établi que les entretiens ont été menés par une personne qualifiée en vertu du droit national, le résumé de ces entretiens porte la mention, mené par un agent qualifié de la préfecture de Police de Paris. La préfète justifie en outre, par la production d'une fiche " Procédure Dublin " que cet entretien a été mené par un agent du guichet. Ces éléments sont suffisants pour établir que l'entretien a été mené par une personne qualifiée au sens du droit national dont font nécessairement partie, en l'absence de tout élément contraire versé au dossier, les agents recevant les étrangers au sein du guichet unique des demandeurs d'asile de la préfecture de police de Paris. Les requérants se sont également vus remettre la brochure d'information intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' ", ainsi que la brochure intitulée " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " en langue française qu'ils ont déclaré comprendre. Dans ces conditions, et alors qu'il appartenait ainsi aux requérants de prendre connaissance des informations qui leur ont été transmises, ils ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions des articles 4 et 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 n'auraient pas été respectées.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Toute personne relevant de l'article 9, paragraphe 1, de l'article 14, paragraphe 1, ou de l'article 17, paragraphe 1, est informée par l'Etat membre d'origine par écrit et, si nécessaire, oralement, dans une langue qu'elle comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'elle la comprend : / a) de l'identité du responsable du traitement au sens de l'article 2, point d), de la directive 95/46/CE, et de son représentant, le cas échéant ; / b) de la raison pour laquelle ses données vont être traitées par Eurodac, y compris une description des objectifs du règlement (UE) n° 604/2013, conformément à l'article 4 dudit règlement, et des explications, sous une forme intelligible, dans un langage clair et simple, quant au fait que les Etats membres et Europol peuvent avoir accès à Eurodac à des fins répressives ; / c) des destinataires des données ; / d) dans le cas des personnes relevant de l'article 9, paragraphe 1, ou de l'article 14, paragraphe 1, de l'obligation d'accepter que ses empreintes digitales soient relevées ; / e) de son droit d'accéder aux données la concernant et de demander que des données inexactes la concernant soient rectifiées ou que des données la concernant qui ont fait l'objet d'un traitement illicite soient effacées, ainsi que du droit d'être informée des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris les coordonnées du responsable du traitement et des autorités nationales de contrôle visées à l'article 30, paragraphe 1 / () 3. Une brochure commune, dans laquelle figurent au moins les informations visées au paragraphe 1 du présent article et celles visées à l'article 4, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 est réalisée conformément à la procédure visée à l'article 44, paragraphe 2, dudit règlement. / () ".

9. L'obligation d'information prévue par les dispositions de l'article 29, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013, a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile concernés, laquelle est garantie par l'ensemble des Etats membres relevant du régime européen d'asile commun. Le droit d'information des demandeurs d'asile contribue, au même titre que le droit de communication, le droit de rectification et le droit d'effacement de ces données, à cette protection. Il s'ensuit que la méconnaissance de cette obligation d'information ne peut être utilement invoquée à l'encontre des décisions par lesquelles le préfet transfère un demandeur d'asile aux autorités compétentes de l'Etat qui s'est reconnu responsable de l'examen de sa demande. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.

10. En cinquième lieu, contrairement à ce qui est soutenu par les requérants, les décisions contestées ne sont pas fondées sur l'article 18-1 c) du règlement (UE) n° 604/2013 mais sur l'article 13-1 du même règlement. Ainsi, le moyen tiré de l'erreur de droit dès lors qu'ils ne relèveraient pas des dispositions de l'article 18-1 c) doit être écarté.

11. En sixième lieu, pour établir que les autorités espagnoles ont effectivement été saisies d'une demande de prise en charge concernant M. D et Mme F, la préfète produit la saisine des autorités espagnoles en date du 2 mai 2024 ainsi que le constat de la décision implicite d'acceptation de la prise en charge du 6 août 2024. Par suite, le moyen tiré de l'absence de saisine des autorités espagnoles doit être écarté.

12. En septième lieu, Aux termes de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ".

13. Les requérants sont entrés récemment en France. Ils ne font état d'aucun élément de nature à justifier l'examen de leur demande d'asile par la France. Par suite, la préfète du Bas-Rhin n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013, de l'article 3 et de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et dans les conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.

En ce qui concerne les décisions portant assignation à résidence :

14. En premier lieu, M. D et Mme F n'établissent pas l'illégalité des décisions portant transfert aux autorités espagnoles. Par suite, ils ne sont pas fondés à soutenir que les décisions les assignant à résidence devraient être annulées en raison de l'illégalité des décisions ordonnant leur transfert aux autorités espagnoles.

15. En deuxième lieu, Mme B E, cheffe du pôle régional Dublin a reçu délégation par arrêté de la préfète du Bas-Rhin du 30 août 2024 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit, par suite, être écarté.

16. En troisième lieu, les décisions assignant à résidence les requérants, visent l'article L. 751-2 susmentionné du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionnent le fait que les intéressés ont fait l'objet des décisions de transfert aux autorités espagnoles et que leur éloignement demeure une perspective raisonnable. Ces décisions sont ainsi suffisamment motivées en droit et en fait.

17. En dernier lieu, il résulte des termes mêmes des dispositions des articles L. 732-7 et R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la remise du formulaire relatif aux droits et obligations des étrangers assignés à résidence doit s'effectuer au moment de la notification de la décision d'assignation à résidence ou, au plus tard, lors de la première présentation de l'intéressé aux services de police ou de gendarmerie. Ainsi, elle constitue une formalité postérieure à l'édiction de la décision d'assignation à résidence dont les éventuelles irrégularités sont, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité de cette dernière décision. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut donc qu'être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des requêtes doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquences les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. D et Mme F sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Mme C F, à Me Géhin et au ministre de l'intérieur.

Une copie du présent jugement sera adressée à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.

La magistrate désignée,

C. Marini

La greffière

L. Rémond

La République mande et ordonne au Ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2403043 et 2403044

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions