mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2403082 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | RODRIGUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 octobre 2024 à 10 heures 25, et un mémoire enregistré le 22 octobre 2024, Mme B C, placée au centre de rétention administrative de Metz, représentée par Me Rodrigues demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2024 par lequel le préfet de l'Aube lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens, ainsi que la somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
- ces décisions sont entachées d'incompétence ;
- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation, en méconnaissance de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen. En particulier, le préfet s'est seulement fondé sur certains critères prévus à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles n'ont pas été notifiées dans une langue qu'elle comprend ;
Sur les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreurs de fait dès lors qu'elle ne s'est pas vue notifier le courrier, libellé au nom de Madame G par lequel l'administration l'a convoquée pour l'examen de sa demande d'asile, qu'elle n'a pas pu entrer irrégulièrement sur le territoire dès lors qu'elle a présenté une demande d'asile, que la mention de sa ville de naissance est erronée et que sa cellule familiale n'a pas vocation à être reconstituée dans son pays d'origine ;
Sur les moyens propres à la décision refusant un délai de départ volontaire :
- cette décision est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'elle ne présente pas un risque de fuite ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
Sur les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
Sur les moyens propres à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
- cette décision est entachée d'erreur d'appréciation quant à sa durée et à l'existence de circonstances humanitaires ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2024, le préfet de l'Aube conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- faute de justifier de garanties de représentation suffisantes, il existe un risque que Mme C se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné, au titre de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Mme Philis, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués pour statuer sur les recours relevant des procédures à juge unique définis au chapitre 1er du titre II du livre IX de ce code.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Philis, magistrate désignée ;
- les observations de Me Rodrigues, avocate commise d'office, représentant Mme C qui :
. conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en insistant sur les moyens tirés de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué, de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, des erreurs de fait, des conditions irrégulières de notification de l'arrêté attaqué et de ce que le comportement de Mme C ne représente pas une menace pour l'ordre public et un risque de fuite ;
. indique que la requérante est mariée à M. C, présent dans le pays d'origine, et qu'elle entretient une relation avec M. G, un compatriote qui est le père biologique des enfants sans pour autant les avoir reconnus ;
- les observations de Mme C, assistée d'une interprète en langue russe, qui indique que ses deux enfants sont présents à ses côtés en France et qu'elle souhaite être libérée ;
- et les observations de M. I, représentant le préfet de l'Aube, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes moyens, et qui :
. relève que les conditions de notification d'une décision et les erreurs de fait invoquées sont sans incidence ;
. indique qu'à la suite du dépôt de sa demande d'asile dans les Yvelines, Mme C a été orientée en Moselle. Elle ne s'est pas présentée au guichet unique d'accueil des demandeurs d'asile de la préfecture de la Moselle. Elle n'a pas, au demeurant, demandé l'asile en rétention ;
. concernant le droit au respect de sa vie privée, souligne le caractère récent de son entrée sur le territoire et l'absence de pièces justificatives relatives notamment à la situation de ses deux enfants et à son intégration en France ;
. fait valoir que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté faute pour Mme C d'établir les craintes qu'elle nourrit en cas de retour dans son pays d'origine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante moldave née le 28 décembre 2001, est entrée en France, selon ses déclarations, en 2023 en vue d'y solliciter l'asile. Le 9 octobre 2024, elle a été interpellée par les services de police de Troyes pour des faits de vol en réunion. Par un arrêté du 11 octobre 2024, le préfet de l'Aube lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, par un arrêté du 2 octobre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratif de la préfecture le même jour, le préfet de l'Aube a donné délégation à Mme H D, cheffe du service des étrangers, à l'effet de signer les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination pour les étrangers faisant l'objet d'une garde à vue, ainsi qu'en cas d'absence et d'empêchement de Mme E A, à l'effet de signer les décisions relevant des attributions de la direction de la citoyenneté, de la légalité et des collectivités locales, à l'exception de certaines décisions au nombre desquelles ne figurent pas les décisions attaquées. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A n'aurait pas été absente ou empêchée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette motivation révèle que le préfet de l'Aube a procédé à un examen particulier de la situation de la requérante et a notamment pris en considération les critères prévus par les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de l'arrêté en litige et du défaut d'examen doivent être écartés.
4. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur sa légalité. La requérante ne peut utilement soutenir que les décisions attaquées auraient été notifiées dans des conditions irrégulières. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Mme C est entrée récemment en France. Lors de son audition par les services de police le 10 octobre 2024, elle a déclaré être dépourvue de toute attache familiale en France et disposer de liens personnels et familiaux dans son pays d'origine, à savoir ses parents et son mari. En outre, elle ne conteste pas que M. G, un compatriote avec qui elle entretiendrait une relation, fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Elle ne justifie pas davantage être intégrée en France. Dans ces conditions, Mme C n'est pas fondée à soutenir que le préfet de l'Aube aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, au regard des buts en vue desquels la mesure d'éloignement a été prise.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
8. La décision litigieuse n'a ni pour objet ni pour effet de séparer les enfants de leur mère. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que la cellule familiale ne pourrait pas être reconstituée dans le pays d'origine de Mme C. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
9. En troisième lieu, les circonstances, à les supposer établies, que la décision attaquée se fonde sur des motifs erronés tenant à l'absence de présentation de Mme C de demande d'asile au guichet unique d'accueil des demandeurs d'asile en Moselle, à son entrée irrégulière sur le territoire français, à sa ville de naissance et à l'impossibilité de reconstituer sa cellule familiale dans le pays d'origine sont sans incidence sur sa légalité. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que le courrier l'invitant à se présenter au guichet était également libellé au nom de C. De plus, elle ne démontre pas avoir entrepris les démarches nécessaires pour que la France examine sa demande d'asile. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit au point 8, rien ne fait obstacle à la reconstitution de la cellule familiale dans le pays d'origine, son mari étant présent et M. G faisant l'objet d'une mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré des erreurs de fait commises par le préfet doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire :
10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () ".
11. Il est constant qu'à la date de la décision attaquée, Mme C ne justifie pas être entrée régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Mme C n'établit notamment pas avoir entrepris des démarches pour déposer en France sa demande d'asile. Dans ces conditions, le préfet de l'Aube a pu légalement fonder sa décision sur les dispositions combinées du 3° de l'article L. 612-2 et celles du 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
12. En deuxième lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision, invoquée par Mme C à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, doit être écartée.
13. En troisième lieu, le moyen tiré de l'erreur de fait n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Mme C n'établit ni même n'allègue encourir des risques actuel, personnel et réel en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
15. En second lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision, invoquée par Mme C à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination, doit être écartée.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
17. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, le préfet assortit, en principe et sauf circonstances humanitaires, l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour. La durée de cette interdiction doit être déterminée en tenant compte des critères tenant à la durée de présence en France, à la nature et l'ancienneté des liens de l'intéressé avec la France, à l'existence de précédentes mesures d'éloignement et à la menace pour l'ordre public représentée par la présence en France de l'intéressé.
18. Ainsi qu'il a été dit au point 6, Mme C, entrée très récemment en France, n'établit pas disposer de liens personnels et familiaux sur le territoire français. Elle ne justifie pas davantage de circonstances humanitaires. Dans ces conditions, le préfet de l'Aube n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en prononçant à l'encontre de Mme C une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par suite, le moyen doit être écarté.
19. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 6 et 8 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
20. En troisième lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision, invoquée par Mme C à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, doit être écartée.
21. En troisième lieu, le moyen tiré de l'erreur de fait n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte.
Sur les conclusions relatives aux dépens :
23. La présente instance ne comporte aucun dépens. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par Mme C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
24. Les dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés et non compris.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Rodrigues et au préfet de l'Aube.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La magistrate désignée,
L. Philis
La greffière
M. F
La République mande et ordonne au préfet de l'Aube en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026