mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2403109 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SCP LEVI-CYFERMAN - CYFERMAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 octobre 2024 à 10 heures 20 sous le n° 2403109, Mme A B, représentée par Me Lévi-Cyferman, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2024 par lequel le préfet de la Meuse a modifié l'arrêté du 13 septembre 2024 par lequel il l'avait assignée à résidence sur le territoire du département de la Meuse pour une durée de trente jours, en portant la durée de cette assignation à quarante jours ;
3°) à titre subsidiaire, de suspendre la décision dans l'attente de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Meuse de lui délivrer un titre de séjour avec autorisation de travail ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative et dans cette attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application du droit d'option de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
En ce qui concerne les moyens présentés indistinctement contre l'arrêté contesté :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de son auteur, en l'absence de délégation de signature régulièrement publiée ;
- il méconnaît l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et le principe du contradictoire dès lors qu'elle n'a pas été mise à même de présenter ses observations écrites ou orales et d'être assistée par un avocat ou une autre personne ;
- il est insuffisamment motivé en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 12-1 de la directive 2008/115/CE ;
- il est entaché d'un défaut d'examen personnalisé de sa situation ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle a formé un recours devant la cour nationale du droit d'asile contre la décision refusant de lui accorder l'asile ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie d'exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et assignation à résidence :
- les décisions contestées méconnaissent les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et le principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu dès lors qu'elle n'a pas été entendue avant la notification de ces décisions ;
En ce qui concerne la décision d'octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours :
- le préfet s'est estimé, à tort, en situation de compétence liée et a méconnu l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 7 de la directive 2008/115/CE en n'examinant pas s'il y avait lieu de prolonger le délai d'un mois prévu par ces dispositions ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- le préfet s'est à tort cru en situation de compétence liée en se bornant à mentionner la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides pour écarter l'application de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- le conditions légales de cette décision ne sont pas réunies ;
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- les conditions de cette décision ne sont pas réunies.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2024, le préfet de la Meuse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Wolff, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Wolff, magistrate désignée, qui a informé les parties qu'en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office tirés de l'irrecevabilité des conclusions à fin de suspension de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de l'irrecevabilité des moyens dirigés contre les décisions portant refus de titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français, portant octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français, en raison de l'inexistence de ces décisions ;
- et les observations de Mme B qui explique qu'elle est inscrite dans des cours de langue française, participe à des activités bénévoles et qu'elle envisage de s'installer durablement en France.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante géorgienne née le 29 avril 1966, déclare être entrée sur le territoire français le 8 octobre 2023 afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Par une décision du 29 avril 2024, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), statuant en procédure accélérée sur le fondement du 1° de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a rejeté sa demande d'asile. Par une décision du 6 août 2024, la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) a rejeté son recours formé contre cette décision. Par des arrêtés du 13 septembre 2024, le préfet de la Meuse l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assignée à résidence dans le département de la Meuse pour une durée de trente jours, renouvelable pour une durée maximale de 135 jours. Le recours qu'elle a formé contre ces décisions a été rejeté par un jugement n° 2402883 du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Nancy du 10 octobre 2024. Par une décision du 3 octobre 2024, le préfet de la Meuse a prolongé la durée de cette assignation à résidence pour la porter à quarante jours. Par sa requête, Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire au titre de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, octroyant un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et interdisant le retour sur le territoire français :
4. La décision contestée du 3 octobre 2024 a pour seul objet de prolonger la durée de l'assignation à résidence de Mme B en en portant la durée à quarante jours. Par suite, les moyens présentés par la requérante à l'encontre des décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, octroyant un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et interdisant le retour sur le territoire français sont dirigés contre des décisions inexistantes et ne peuvent qu'être écartés comme irrecevables.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant assignation à résidence :
5. En premier lieu, par un arrêté du 21 août 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Meuse le même jour, le préfet de la Meuse a délégué sa signature à M. Christian Robbe-Grillet, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer les décisions relevant des attributions de l'État dans le département de la Meuse, à l'exception des déclinatoires de compétence, des arrêtés de conflit, des déférés et des décisions de saisine de la chambre régionale des comptes dans le cadre du contrôle budgétaire. Dans ces conditions, M. C était compétent pour signer la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
7. Il résulte des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution de la décision par laquelle l'autorité administrative signifie à un étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français. Dès lors, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne saurait être utilement invoqué ni à l'encontre d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, ni à l'encontre des mesures accessoires relatives au délai de départ volontaire, au pays de destination, à l'interdiction de retour sur le territoire français ou à l'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté comme inopérant.
8. En troisième lieu, si, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux États membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.
9. Toutefois, le droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Ce droit ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter son point de vue sur la décision en cause.
10. Il ressort des pièces du dossier que la décision litigieuse a pour objet de prolonger la durée d'assignation à résidence de Mme B en en portant la durée à quarante jours. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a pu présenter sur sa situation les observations qu'elle estimait utiles dans le cadre de l'examen de sa demande d'asile. Alors qu'elle ne pouvait ignorer qu'en cas de rejet de sa demande d'asile en France, elle était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement, elle n'allègue pas avoir sollicité en vain un entretien auprès des services préfectoraux, ni même avoir été empêchée de présenter d'autres observations avant que ne soit prise la décision d'éloignement et la précédente décision d'assignation à résidence, qui précisait d'ailleurs qu'elle était renouvelable dans la limite de 135 jours. Dans ces conditions, l'administration n'avait pas l'obligation de mettre la requérante à même de présenter des observations spécifiques à la mesure de prolongation de la durée de l'assignation à résidence. En tout état de cause, elle ne justifie d'aucun élément qu'elle aurait pu présenter à l'administration de nature à influer sur le sens de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit à être entendue doit être écarté.
11. En quatrième lieu, la décision contestée comporte l'énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ainsi, le moyen tiré de son insuffisante motivation manque en fait, tant au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration que de celles de l'article 12-1 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008, qui ont, au demeurant, été transposées dans l'ordre interne et ne peuvent plus, dès lors, être invoquées utilement à l'encontre d'un acte administratif individuel.
12. En cinquième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision litigieuse, ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de la requérante avant de prolonger la durée de son assignation à résidence d'une durée de dix jours.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
14. Mme B se prévaut de la présence de son fils en France ainsi que des démarches d'intégration qu'elle a entreprises. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la requérante a déclaré être entrée sur le territoire français il y a moins d'un an à la date de la décision contestée. Elle ne produit en outre aucun élément de nature à établir la réalité et l'intensité de ses liens sur le territoire. En tout état de cause, la décision litigieuse n'a pas pour objet de prononcer son éloignement du territoire, alors qu'elle ne fait d'ailleurs pas état d'obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue hors de France. Dans ces conditions, la décision en litige ne peut être regardée comme portant au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressée une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.
15. En septième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante ait sollicité un titre de séjour à un autre titre qu'à raison de sa demande d'asile. Les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, inopérants à l'encontre de la décision litigieuse, ne peuvent ainsi utilement être invoqués et doivent être écartés.
16. En huitième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
17. Mme B se prévaut de la présence et de la scolarisation de son fils mineur en France. Toutefois, elle ne fait valoir aucun élément de nature à établir que son fils ne pourrait poursuivre sa scolarité en Géorgie. Par suite, le moyen tenant à la méconnaissance de cet article ne peut qu'être écarté.
18. En neuvième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 14 et 17 ci-dessus, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
19. En dixième lieu, le moyen tiré de ce que la requérante a formé un recours devant la Cour nationale du droit d'asile, alors au demeurant qu'il ressort des pièces du dossier que ce recours a été rejeté comme irrecevable par une décision du 6 août 2024, n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
20. En dernier lieu, en se bornant à soutenir que les conditions de l'assignation à résidence ne sont pas réunies, Mme B n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
Sur les conclusions à fin de suspension :
21. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci "
22. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4 ci-dessus, alors que la décision contestée a pour seul objet de prolonger d'une durée de dix jours l'assignation à résidence prononcée à l'encontre de la requérante le 13 septembre 2024, les conclusions à fin de suspension, dirigées contre une décision inexistante, ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision contestée doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Lévi-Cyferman et au préfet de la Meuse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
La magistrate désignée,
É. Wolff
Le greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne au préfet de la Meuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026