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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2403136

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2403136

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2403136
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantSCP LEVI-CYFERMAN - CYFERMAN

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I-. Par une requête enregistrée le 18 octobre 2024 à 10 heures 46 sous le n° 2403135, Mme E, représentée par Me Lévi-Cyferman, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2024 par lequel le préfet de la Meuse a modifié l'arrêté du 12 septembre 2024 par lequel il l'avait assignée à résidence sur le territoire du département de la Meuse pour une durée de trente jours, en portant la durée de cette assignation à quarante jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Meuse de lui délivrer un titre de séjour avec autorisation de travail ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative et dans cette attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application du droit d'option de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

En ce qui concerne les moyens présentés indistinctement contre l'arrêté contesté :

- l'arrêté est entaché d'incompétence de son auteur, en l'absence de délégation de signature régulièrement publiée ;

- il méconnaît l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et le principe du contradictoire dès lors qu'elle n'a pas été mise à même de présenter ses observations écrites ou orales et d'être assistée par un avocat ou une autre personne ;

- il est insuffisamment motivé en méconnaissance de l'article L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 12-1 de la directive 2008/115/CE ;

- il est entaché d'un défaut d'examen personnalisé de sa situation ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie d'exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et d'assignation à résidence :

- les décisions contestées méconnaissent les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et le principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu dès lors qu'elle n'a pas été entendue avant la notification de ces décisions ;

En ce qui concerne la décision d'octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours :

- le préfet s'est estimé, à tort, en situation de compétence liée et a méconnu l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 7 de la directive 2008/115/CE en n'examinant pas s'il y avait lieu de prolonger le délai d'un mois prévu par ces dispositions ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- la décision contestée est insuffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et dès lors que les conditions de la modification de la durée de l'assignation à résidence ne sont pas remplies.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2024, le préfet de la Meuse conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

II-. Par une requête enregistrée le 18 octobre 2024 à 10 heures 47 sous le n° 2403136, M. C, représenté par Me Lévi-Cyferman, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2024 par lequel le préfet de la Meuse a modifié l'arrêté du 12 septembre 2024 par lequel il l'avait assigné à résidence sur le territoire du département de la Meuse pour une durée de trente jours, en portant la durée de cette assignation à quarante jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Meuse de lui délivrer un titre de séjour avec autorisation de travail ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative et dans cette attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application du droit d'option de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens présentés indistinctement contre l'arrêté contesté :

- l'arrêté est entaché d'incompétence de son auteur, en l'absence de délégation de signature régulièrement publiée ;

- il méconnaît l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et le principe du contradictoire dès lors qu'il n'a pas été mis à même de présenter ses observations écrites ou orales et d'être assisté par un avocat ou une autre personne ;

- il est insuffisamment motivé en méconnaissance de l'article L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 12-1 de la directive 2008/115/CE ;

- il est entaché d'un défaut d'examen personnalisé de sa situation ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie d'exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et d'assignation à résidence :

- les décisions contestées méconnaissent les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et le principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu dès lors qu'il n'a pas été entendu avant la notification de ces décisions ;

En ce qui concerne la décision d'octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours :

- le préfet s'est estimé, à tort, en situation de compétence liée et a méconnu l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 7 de la directive 2008/115/CE en n'examinant pas s'il y avait lieu de prolonger le délai d'un mois prévu par ces dispositions ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- la décision contestée est insuffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et dès lors que les conditions de la modification de la durée de l'assignation à résidence ne sont pas remplies.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2024, le préfet de la Meuse conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Wolff, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Wolff, magistrate désignée, qui a informé les parties qu'en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des moyens dirigés contre les décisions portant refus de titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français et portant octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours, en raison de l'inexistence de ces décisions, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B et M. A, ressortissants géorgiens nés respectivement le 16 janvier 1990 et le 25 octobre 1980, déclarent être entrés en France le 27 février 2024, accompagnés de leurs trois enfants mineurs, afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Par des décisions du 4 juillet 2024, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), statuant en procédure accélérée sur le fondement du 1° de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a rejeté leurs demandes d'asile. Par des arrêtés du 12 septembre 2024, le préfet de la Meuse les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits, leur a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et les a assignés à résidence dans le département de la Meuse, pour une durée de trente jours, renouvelable pour une durée maximale de 135 jours. Les recours qu'ils ont présentés contre ces décisions ont été rejetés par des jugements nos 2402898 et 2402899 du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Nancy du 10 octobre 2024. Par des décisions du 3 octobre 2024, le préfet de la Meuse a prolongé la durée de ces assignations à résidence pour la porter à quarante jours. Par leurs requêtes, qui ont fait l'objet d'une instruction commune et qu'il convient de joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement, Mme B et M. A demandent l'annulation de ces décisions.

Sur la demande d'admission provisoire au titre de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme B et M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens dirigés contre les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, octroyant un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination :

4. La décision contestée du 3 octobre 2024 a pour seul objet de prolonger la durée des assignations à résidence de Mme B et de M. A en en portant la durée à quarante jours. Par suite, les moyens présentés par les requérants à l'encontre des décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, octroyant un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination sont dirigés contre des décisions inexistantes et ne peuvent qu'être écartés comme irrecevables.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre les décisions portant assignation à résidence :

5. En premier lieu, par un arrêté du 21 août 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Meuse le même jour, le préfet de la Meuse a délégué sa signature à M. Christian Robbe-Grillet, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer les décisions relevant des attributions de l'État dans le département de la Meuse, à l'exception des déclinatoires de compétence, des arrêtés de conflit, des déférés et des décisions de saisine de la chambre régionale des comptes dans le cadre du contrôle budgétaire. Dans ces conditions, M. D était compétent pour signer les décisions litigieuses. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".

7. Il résulte des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution de la décision par laquelle l'autorité administrative signifie à un étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français. Dès lors, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne saurait être utilement invoqué ni à l'encontre d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, ni à l'encontre des mesures accessoires relatives au délai de départ volontaire, au pays de destination, à l'interdiction de retour sur le territoire français ou à l'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté comme inopérant.

8. En troisième lieu, si, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.

9. Toutefois, le droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Ce droit ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter son point de vue sur la décision en cause.

10. En l'espèce, les décisions litigieuses ont pour objet de prolonger la durée d'assignation à résidence de Mme B et M. A en en portant la durée à quarante jours. Il ressort des pièces des dossier que les requérants ont pu présenter sur leur situation les observations qu'ils estimaient utiles dans le cadre de l'examen de leurs demandes d'asile. Alors qu'ils ne pouvaient ignorer qu'en cas de rejet de leurs demandes d'asile en France, ils étaient susceptibles de faire l'objet de mesures d'éloignement, ils n'allèguent pas avoir sollicité en vain un entretien auprès des services préfectoraux, ni même avoir été empêchés de présenter d'autres observations avant que ne soient prises la décision d'éloignement et la précédente décision d'assignation à résidence, qui précisait d'ailleurs qu'elle était renouvelable dans la limite de 135 jours. Dans ces conditions, l'administration n'avait pas l'obligation de mettre les requérants à même de présenter des observations spécifiques à la mesure de prolongation de l'assignation à résidence. En tout état de cause, ils ne justifient d'aucun élément qu'ils auraient pu présenter à l'administration de nature à influer sur le sens des décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de leur droit d'être entendus doit être écarté.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".

12. En l'espèce, les décisions contestées comportent l'énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ainsi, le moyen tiré de leur insuffisante motivation manque en fait et doit être écarté.

13. En cinquième lieu, il ne ressort ni des termes des décisions litigieuses, ni des pièces des dossiers que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation des requérants avant de prolonger la durée de leurs assignations à résidence d'une durée de dix jours.

14. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence, aux fins du traitement rapide et du suivi efficace de sa demande d'asile, l'étranger dont le droit au maintien a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 752-3 du même code : " En cas d'assignation à résidence en application de l'article L. 752-1, les dispositions des articles L. 732-1, L. 732-3, L. 732-7, L. 733-1, L. 733-2 et L. 733-3 sont applicables. () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / () / d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ;() ". Aux termes de l'article L. 531-24 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 ; () ". Enfin, en vertu d'une décision du conseil d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides adoptée le 9 octobre 2015, la Géorgie est au nombre des pays d'origine sûrs.

15. En vertu de ces dispositions combinées, les requérants, dont les demandes d'asile ont été instruites selon la procédure accélérée, n'avaient plus de droit au maintien sur le territoire à compter de la notification des décisions de l'OFPRA rejetant leurs demandes d'asile, intervenue le 10 juillet 2024. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur de droit que le préfet de la Meuse a pris la décision contestée de prolongation de la mesure d'assignation à résidence pour en porter la durée à quarante jours, alors même qu'ils ont introduit un recours contre cette décision de l'OFPRA devant la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

16. En septième lieu, Mme B et M. A se prévalent de la présence et de la scolarisation de leurs enfants mineurs en France ainsi que de l'état de santé de M. A. Il ressort toutefois des pièces des dossiers que les requérants ont déclaré être entrés sur le territoire français en février 2024, soit il y a moins d'un an à la date des décisions contestées. Ils ne produisent en outre aucun élément de nature à établir la réalité et l'intensité de leurs liens sur le territoire. En outre, et alors que la décision litigieuse n'a pas pour objet de prononcer leur éloignement du territoire, la seule circonstance que leurs enfants soient scolarisés en France ne saurait faire obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue dans leur pays d'origine. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet de la Meuse a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences des décisions litigieuses sur leur situation personnelle.

17. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté contesté doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Mme B et M. A sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes nos 2403135 et 2403136 de Mme B et de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E, à M. C, à Me Lévi-Cyferman et au préfet de la Meuse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.

La magistrate désignée,

É. Wolff

Le greffier,

L. Thomas

La République mande et ordonne au préfet de la Meuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2403135, 2403136

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