lundi 4 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2403177 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | RICHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 octobre 2024 à 14 heures 13, M. A B, représenté par Me Richard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 octobre 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle l'a assigné à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours en l'obligeant à se présenter tous les mardis et jeudis, y compris les jours fériés auprès des services de police de Toul ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision portant assignation à résidence doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français ;
- la préfète a méconnu son droit à être entendu ;
- la décision est insuffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la préfète ne démontre pas avoir procédé à un examen individuel de sa situation ;
- la décision est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il n'est pas établi que l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français présenterait une perspective raisonnable ni qu'il présenterait un risque de fuite la rendant nécessaire ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 30 octobre 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Grandjean, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, magistrate désignée,
- et les observations de M. B assisté de sa fille pour l'interprétariat en langue albanaise.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant albanais né le 25 mars 1964, est entré en France, selon ses déclarations le 8 octobre 2016, accompagné de son épouse et de sa fille pour y solliciter le statut de réfugié. Sa demande d'asile a été rejetée par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 26 juillet 2017 et de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 22 août 2019. Le 29 novembre 2016, une mesure d'éloignement a été prise à son encontre. Le 11 janvier 2018, il a présenté une demande de titre de séjour en raison de son état de santé qui a été rejetée par une décision du préfet de Meurthe-et-Moselle du 29 novembre 2018. Cette décision a été annulée par un jugement du 5 novembre 2019 à la suite duquel des titres de séjour pour raison de santé lui ont été délivrés sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 2 août 2023, le requérant a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Toutefois, au vu notamment de l'avis défavorable émis le 27 décembre 2023 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), la préfète de Meurthe-et-Moselle a, par un arrêté du 4 avril 2024, refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours sur le fondement des 3° et 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a fixé le pays de destination. Par un jugement du 23 août 2024, le tribunal administratif de Nancy a rejeté le recours formé contre cet arrêté. Par la décision attaquée, la préfète de Meurthe-et-Moselle a assigné M. B à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
3. En premier lieu, M. B a été entendu par les services de gendarmerie de Toul le 16 octobre 2024. À cette occasion, il a été informé de ce que la préfète de Meurthe-et-Moselle envisageait de prendre à son encontre une mesure d'éloignement assortie d'une assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté vise le 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que M. B entre dans le champ de cet article dès lors qu'il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 4 avril 2024 dans un délai de trente jours et que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant assignation à résidence doit être écarté comme manquant en fait.
5. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que la préfète n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant avant de l'assigner à résidence. Par suite ce moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, la décision du 4 avril 2024 par laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle a obligé M. B à quitter le territoire français n'a pas été annulée par le jugement du tribunal administratif de Nancy du 23 août 2024. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision d'assignation doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.
7. En cinquième lieu, en se bornant à soutenir que la décision d'assignation est illégale dans la mesure où elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale, le requérant n'apporte pas les précisions permettant d'apprécier la portée de ce moyen. À la barre, le requérant fait valoir les multiples pathologies dont il est atteint. Toutefois, il ressort des termes du jugement du 23 juin 2024 que le collège de médecins de l'OFII a estimé que si l'état de santé de M. B nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pouvait effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par ses seules affirmations sur l'indisponibilité dans son pays d'origine du traitement nécessaire pour soigner le sévère psoriasis dont il est notamment atteint, le requérant n'établit pas l'absence de possibilité de bénéficier effectivement du traitement approprié en cas de retour dans son pays d'origine. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit par suite être écarté.
8. En sixième lieu, si M. B fait valoir que la mesure d'assignation à résidence n'est pas nécessaire dès lors qu'aucun risque de fuite n'est caractérisé, cette circonstance est sans incidence dès lors que les dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne subordonnent pas le prononcé d'une assignation à résidence à l'existence d'un tel risque. En outre, il n'apporte aucun élément de nature à établir que son éloignement ne demeurerait pas une perspective raisonnable. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
9. En dernier lieu, si M. B fait valoir que la décision d'assignation à résidence est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, cette décision a toutefois été prise en vue de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. Par ailleurs, le requérant ne soutient pas à la barre que cette mesure et les obligations qui y sont attachées seraient incompatibles avec sa vie quotidienne ou son état de santé. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B à fin d'annulation de la décision du 16 octobre 2024 portant assignation à résidence doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2024.
La magistrate désignée,
G. GrandjeanLe greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026