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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2403188

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2403188

vendredi 8 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2403188
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantJACQUIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 octobre 2024, Mme I E, représentée par Me Jacquin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2024 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a décidé son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

3°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2024 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin l'a assignée à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle, pour une durée de quarante-cinq jours ;

4°) d'enjoindre au préfet de la région Grand Est, préfet du Bas-Rhin de lui délivrer une attestation de demande d'asile " procédure normale " et de lui remettre un formulaire de demande d'asile ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Jacquin au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative ou 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'arrêté portant transfert aux autorités espagnoles est entaché d'incompétence ;

- il est entaché d'un vice de procédure en ce qu'elle n'a pas reçu les informations prévues à l'article 4 du règlement n°604/2013 ;

- il est entaché d'un vice de procédure, faute pour le préfet de justifier qu'elle a pu bénéficier de l'entretien prévu à l'article 5 du règlement n° 604/2013, assistée d'un interprète ;

- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;

- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- il appartient à la préfecture de justifier de la demande de reprise en charge auprès des autorités espagnoles dans les conditions fixées par les articles 21 et 22 du règlement n° 604/2013 ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que la préfète n'a pas fait usage du pouvoir discrétionnaire dont elle dispose, en application de l'article 17 du règlement ;

- l'arrêté portant assignation à résidence doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation de l'arrêté portant transfert aux autorités espagnoles ;

- il est entaché d'incompétence ;

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- il n'est ni nécessaire ni proportionné et contrevient à son droit de circulation dès lors qu'elle a des garanties de représentation permettant de prévenir le risque de soustraction à l'exécution de la décision de transfert.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 5 novembre 2024, le préfet de la région Grand Est, préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné M. Bastian, conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bastian ;

- et les observations de Me Jacquin, qui soulève un moyen tiré des défaillances systémiques de l'Espagne en matière d'accueil des demandeurs d'asile en raison des inondations ayant touché le sud du pays ; qui conclut pour le surplus aux mêmes fins par les mêmes moyens ; qui fait valoir que si la tante et le cousin de sa cliente ne peuvent être qualifiés de " membres de la famille " au sens du g) de l'article 2 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, ils sont des " proches " au sens du h) de ce même article ; qui insiste sur l'absence de réelle perspective de transfert en Espagne ; qui indique que la fille de sa cliente est restée dans son pays d'origine et qu'elle craint qu'elle ne soit victime d'excision.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E, ressortissante mauritanienne née le 14 février 2001, a sollicité l'asile en France le 22 août 2024. Par des arrêtés du 27 septembre et du 21 octobre 2024, dont Mme E demande l'annulation, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a décidé son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile et l'a assignée à résidence.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 572-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et alors qu'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu d'admettre Mme E au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.

Sur les autres conclusions :

En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités espagnoles :

4. En premier lieu, Mme B F, cheffe du pôle régional Dublin, a reçu délégation l'autorisant à signer les décisions attaquées, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme D, par un arrêté du 30 août 2024 de la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le lendemain. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D n'aurait pas été absente ou empêchée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment: a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée; b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères; c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations; d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert; e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement; f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. ".

6. Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application de ce règlement doit se voir remettre, dès le début de la procédure, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 cité au point précédent. Eu égard à leur nature, la délivrance de ces informations constitue une garantie pour le demandeur d'asile.

7. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de sa signature apposée sur la première page des documents produits par le préfet, que Mme E s'est vue remettre le 22 août 2024, le guide du demandeur d'asile rédigé en langue française. Mme E ayant déclaré ne pas savoir lire et ne parler que le soninké, les informations contenues dans ce document ont été portées oralement à sa connaissance via le concours d'interprète d'ISM interprétariat. Mme E s'est également vue remettre deux brochures intitulées " A. J'ai demandé l'asile dans l'UE - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' ", et " B. Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", documents rédigés en langue soninké, langue qu'elle a déclaré comprendre. Ces documents contiennent l'intégralité des informations prévues par les dispositions précitées de l'article 4 du règlement n° 604/2013. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure ne peut qu'être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. ".

9. Il ressort des pièces du dossier, notamment du compte-rendu d'entretien produit en défense par la préfète, que Mme E a bénéficié, le 22 août 2024, de l'entretien individuel et confidentiel, mené par un agent qualifié de la préfecture, comme le prévoit l'article 5 du règlement n°604/2013 précité, assistée d'un interprète en langue soninké. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme manquant en fait.

10. En quatrième lieu, l'arrêté attaqué vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et notamment ses articles 3 et 8, le règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013 et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'arrêté mentionne que la consultation du fichier Eurodac a révélé que Mme E avait sollicité l'asile auprès des autorités espagnoles, que ces dernières ont été saisies de demandes de reprise en charge le 4 septembre 2024, qu'elles ont expressément donné leur accord à cette reprise en charge le 11 septembre 2024, que l'ensemble des éléments de fait et de droit caractérisant la situation de la requérante ne relèvent pas des dérogations prévues aux articles 3.2 ou 17 du règlement UE n° 604/2013 et qu'elle ne peut se prévaloir d'une vie privée et familiale stable en France. Dès lors que l'arrêté contesté comporte l'énoncé suffisant des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

11. En cinquième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni des autres pièces du dossier, que la préfète, qui n'était pas tenue de faire état de toutes les circonstances de droit relatives à la vie privée et familiale de Mme E aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.

12. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier que la consultation du fichier Eurodac le 16 août 2024 a révélé que Mme E avait sollicité l'asile en Espagne le 8 août 2024. Ces autorités ont été saisies d'une demande de reprise en charge le 4 septembre 2024 et ont expressément donné leur accord à cette reprise en charge le 11 septembre 2024. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il appartient à la préfecture de justifier de la demande de reprise en charge auprès des autorités espagnoles dans les conditions fixées par les articles 21 et 22 du règlement n° 604/2013 doit être écarté.

13. En septième lieu, aux termes du paragraphe 2 de l'article 3 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé : " () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. () ".

14. Le Royaume d'Espagne est un État membre de l'Union européenne et partie tant à la Convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il doit être présumé, en l'absence de défaillances systémiques dans la procédure d'asile dans ce pays, que la demande d'asile de Mme E sera traitée par les autorités espagnoles dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile et notamment celles prévues par les directives de l'Union européenne. Si la requérante se prévaut de la récente catastrophe naturelle dans le sud du pays, cette circonstance est postérieure à la décision en litige. En tout état de cause, elle n'apporte aucun élément, notamment des documents, de nature à renverser cette présomption. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit être écarté.

15. En huitième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ".

16. Si la tante et le cousin de Mme E sont respectivement titulaires d'une carte de résident et d'une carte de séjour pluriannuelle, la requérante n'établit ni sa proximité avec eux ni la nécessité de demeurer auprès d'eux en France. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 27 septembre 2024 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a décidé son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile.

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision portant transfert aux autorités espagnoles. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté portant assignation à résidence devrait être annulé par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant transfert aux autorités espagnoles doit être écarté.

19. En deuxième lieu, par un arrêté du 30 septembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, la préfète par intérim a donné délégation à M. A G, directeur des migrations et de l'intégration, et en cas d'absence ou d'empêchement de ce dernier, à Mme C H, cheffe du bureau de l'admission au séjour, à l'effet de signer dans la limite des attributions de cette direction, tous actes et décisions à l'exception de certaines catégories d'actes parmi lesquelles ne figurent pas les assignations à résidence. Par conséquent, alors qu'il n'est ni établi ni même allégué que M. G n'aurait pas été absent ou empêché, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

20. En troisième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, il est suffisamment motivé.

21. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () L'étranger faisant l'objet d'une décision de transfert peut également être assigné à résidence en application du présent article, même s'il n'était pas assigné à résidence lorsque la décision de transfert lui a été notifiée. () ". Aux termes de l'article L. 733-1 du même code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. / () ". Les obligations de se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, susceptibles d'être imparties par l'autorité administrative en vertu de l'article L. 733-1 précité, doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent et ne sauraient, sous le contrôle du juge administratif, porter une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir.

22. Dès lors que Mme E fait l'objet d'un arrêté de transfert aux autorités espagnoles, qui ont expressément accepté sa prise en charge, il ne ressort pas des pièces du dossier que le transfert de Mme E ne constituerait pas une perspective raisonnable. Si la requérante conteste le caractère nécessaire de la décision d'assignation à résidence en l'absence de risque de fuite et compte tenu de ses garanties de représentation, cet argument est sans incidence sur la légalité d'une telle décision dès lors que les dispositions de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne subordonnent pas le prononcé de cette mesure à l'existence d'un tel risque. En outre, Mme E ne fait valoir aucun élément de nature à établir le caractère disproportionné de la mesure et l'atteinte disproportionnée à sa liberté de circulation. Par suite, le moyen doit être écarté.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme E doivent être rejetées. Par conséquent, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Mme E est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E, à Me Jacquin et au ministre de l'intérieur.

Copie du présent jugement sera adressée au préfet de la région Grand Est, préfet du Bas-Rhin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2024.

Le magistrat désigné,

P. Bastian

Le greffier,

L. Thomas

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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