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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2403228

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2403228

vendredi 8 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2403228
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantRICHARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 octobre 2024, Mme D C, représentée par Me Richard, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 octobre 2024 de la préfète de Meurthe-et-Moselle en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français et fixe le pays de renvoi ;

2°) d'annuler l'arrêté du 23 octobre 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle l'a assignée à résidence dans le département de la Meurthe-et-Moselle pendant une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois ;

3°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens et la somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendue ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la préfète n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est contraire à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendue ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- la préfète n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir ;

- elle méconnaît l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bourjol, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bourjol, magistrate désignée,

- les observations de Me Richard, représentant Mme C, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, et insiste sur le défaut de motivation dont serait entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français, sur le défaut d'examen de la situation de la requérante, la préfète n'ayant pas pris en considération le fait qu'un retour en Albanie l'exposerait à des risques de traitements inhumains et dégradants, alors qu'elle a entamé des démarches en vue de régulariser sa situation en sollicitant un titre de séjour au titre de travail. Elle soutient, en outre, que la décision fixant le pays de renvoi a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendue.

- et les observations de Mme C.

La préfète de Meurthe-et-Moselle n'était ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante albanaise née le 16 mars 1968, a déclaré être entrée en France le 12 mars 2017 en compagnie de son époux et de leurs trois enfants. Leurs demandes d'asile ont été rejetées, en dernier lieu, par la Cour nationale du droit d'asile, le 13 novembre 2017, qui a également rejeté leurs demandes ultérieures de réexamen. Par un arrêté du 20 décembre 2017, dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Nancy le 22 février 2018, puis par la cour administrative d'appel de Nancy le 11 avril 2019, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de délivrer à Mme C un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme C a alors sollicité la délivrance d'un titre de séjour en se prévalant de son état de santé. Par un arrêté du 19 août 2021, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Le recours que la requérante a exercé devant le tribunal administratif de Nancy contre l'arrêté du 19 août 2021 a été rejeté par un jugement du 24 février 2022. A la suite d'un contrôle d'identité dans les transports en commun, Mme C a fait l'objet d'un arrêté du 23 octobre 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois et d'un arrêté du même jour par lequel la même autorité l'a assignée à résidence. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 23 octobre 2024, en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi et de l'arrêté du même jour l'assignant à résidence.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, la décision par laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle a fait obligation à Mme C de quitter sans délai le territoire français comporte, dans une rédaction qui n'est pas stéréotypée, l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Cette décision est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait. Il ne ressort, par ailleurs, pas des pièces du dossier, ainsi qu'en témoigne le contenu de la décision contestée, que la préfète se serait abstenue de procéder à un examen individuel et complet de la situation de l'intéressée avant de prendre à son encontre la mesure d'éloignement litigieuse.

3. En deuxième lieu, le droit de toute personne d'être entendue, tel qu'il est énoncé notamment au 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Enfin, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.

4. Il ressort du procès-verbal d'audition établi le 23 octobre 2024 par les services de gendarmerie de Toul que Mme C a été expressément informée qu'elle était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement, mise à même de présenter ses observations et a expressément indiqué qu'elle souhaitait rester sur le territoire français. Au demeurant, Mme C ne précise pas en quoi elle disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'elle aurait été empêchée de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la mesure d'éloignement en litige et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à y faire obstacle. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être préalablement entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne peut qu'être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. Mme C soutient que le centre de ses intérêts se trouve désormais en France, où l'essentiel de ses attaches familiales résident, et se prévaut de ses efforts d'insertion par ses activités bénévoles et l'apprentissage de la langue française. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la durée de la présence en France de Mme C, arrivée en 2017, s'explique pour l'essentiel par les démarches qu'elle a entreprise pour obtenir l'asile et par le fait qu'elle n'a pas mis à exécution les mesures d'éloignement prononcées à son encontre les 20 décembre 2017 et 19 août 2021. Si elle fait valoir la présence en France de ses enfants et petits-enfants, il ressort toutefois du procès-verbal de son audition par les services de gendarmerie que deux de ses trois enfants, tous majeurs, résident à l'étranger. En outre, la circonstance que son fils cadet ait obtenu la délivrance d'une carte de séjour temporaire n'est pas, en soi, de nature à faire obstacle à l'éloignement de Mme C, dont l'époux fait également l'objet d'une mesure d'éloignement. Par ailleurs, elle n'établit pas qu'elle serait dans l'impossibilité de s'établir à distance de sa famille restée en Albanie afin d'échapper au conflit familial dont elle prétend être la victime, ce qu'elle n'établit pas. Dans ces conditions, alors que l'intéressée n'établit pas ne plus disposer d'attaches familiales dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 49 ans, et malgré son implication incontestable dans différents projets associatifs et de son emploi comme aide-ménagère, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme C une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté. Pour les mêmes motifs, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français contestée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

7. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.

8. Pour les mêmes motifs que ceux qui sont exposés au point 4, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendue préalablement à l'édiction de la décision fixant le pays de renvoi attaquée doit être écarté.

9. En deuxième lieu, la décision attaquée vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et indique que Mme C n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, au vu, notamment, du rejet de sa demande d'admission au bénéfice de l'asile. La décision fixant le pays de renvoi est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait. Cette motivation révèle également que la préfète a procédé à un examen particulier de la situation de la requérante au regard des éventuels risques qu'elle encourt en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen réel et sérieux de la situation personnelle de la requérante doivent être écartés.

10. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui sont exposés au point 6, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. Si Mme C, dont la demande d'asile a été définitivement rejetée, soutient être victime, elle et sa famille, d'une vendetta familiale en Albanie, les seuls témoignages familiaux en ce sens, qui ont pu être examinés antérieurement par les instances de l'asile, ne sauraient établir la réalité des risques qu'elle invoque en cas de retour dans son pays. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 octobre 2024, en tant qu'il fait obligation à Mme C de quitter le territoire français et fixe le pays de renvoi, doivent être rejetées.

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 6 que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, invoqué par voie d'exception à l'encontre de la décision portant assignation à résidence, doit être écarté.

14. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui sont exposés au point 4, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendue préalablement à l'édiction de la décision d'assignation à résidence attaquée doit être écarté.

15. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants ; / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

16. En troisième lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, elle est suffisamment motivée.

17. En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté ni des autres pièces du dossier que la préfète n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de la requérante.

18. En cinquième lieu, si Mme C fait valoir que la mesure d'assignation à résidence n'est pas nécessaire dès lors qu'aucun risque de fuite n'est caractérisé, cette circonstance est sans incidence dès lors que les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 12 du présent jugement ne subordonnent pas le prononcé d'une assignation à résidence à l'existence d'un tel risque. En outre, elle n'apporte aucun élément de nature à établir que son éloignement ne demeurerait pas une perspective raisonnable. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

19. En sixième lieu, si Mme C fait valoir que la décision d'assignation à résidence est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, cette décision a toutefois été prise en vue de l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet. Par suite, le moyen doit être écarté.

20. En septième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie ./ () ".

21. D'une part, les obligations de se présenter périodiquement aux services de police, susceptibles d'être imparties par l'autorité administrative en vertu de l'article L. 733-1 précité, doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent et ne sauraient, sous le contrôle du juge administratif, porter une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir. D'autre part, si une décision d'assignation à résidence doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et notamment préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations, ces modalités de contrôle sont divisibles de la mesure d'assignation elle-même.

22. La décision litigieuse assigne à résidence Mme C au sein du département de la Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours avec obligation de se présenter tous les mardis et jeudis, y compris les jours fériés, à 10 heures 30 à la circonscription de police de Toul, sis n°446 avenue du colonel B, et lui imposant de se maintenir à son domicile à Toul tous les jours de six heures à neuf heures. Si la requérante fait valoir que la préfète n'a pris en compte ni ses horaires de travail ni son état de santé, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir de l'intéressée, laquelle ne fait valoir aucun élément probant de nature à établir qu'elle ne serait pas en mesure de s'astreindre à ces obligations. Par suite, les moyens tirés de ce que cette décision porte atteinte à sa liberté d'aller et venir et méconnaitrait l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peuvent qu'être écartés.

23. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 octobre 2024 portant assignation à résidence doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

24. Les conclusions aux fins d'annulation des arrêtés attaqués ayant été rejetées, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les dépens :

25. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de la requérante tendant à la condamnation de l'Etat à prendre à sa charge les entiers dépens ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

26. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à la préfète de Meurthe-et-Moselle et à Me Richard.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2024.

La magistrate désignée,

A. Bourjol

La greffière

L. Remond

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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