vendredi 8 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2403263 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL AVOCATLOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 octobre 2024, M. B A demande au tribunal :
1°) de désigner un avocat commis d'office ;
2°) de suspendre l'exécution de la mesure d'expulsion et de la décision fixant Haïti comme pays de destination en date des 11 et 14 octobre 2024, sur le fondement de l'article L. 753-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile jusqu'à ce que la cour nationale du droit d'asile se soit prononcée sur son recours contre la décision de l'office français de protection des réfugiés et des apatrides qui lui a été notifiée le 30 octobre 2024 ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Aube de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa demande est recevable ;
- il présente des éléments nouveaux et sérieux de nature à justifier son maintien sur le territoire français durant l'examen de son recours devant la cour nationale du droit d'asile ;
- son renvoi imminent vers Haïti méconnait l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles 3, 2 et 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 novembre 2024, le préfet de l'Aube conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Milin-Rance pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin-Rance, magistrate désignée ;
- les observations de Me Jacquemin, avocat commis d'office, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et souligne que le requérant a quitté Haïti en 2003 à l'âge de 19 ans et que la situation sécuritaire dans son pays d'origine ne cesse de se dégrader depuis l'assassinat du président de la République. Lors de son voyage en 2018, il a fait l'objet de menaces par des personnes qui l'ont suivi en moto et auxquelles il est parvenu à échapper. Son père lui a récemment indiqué qu'il faisait lui-même l'objet de menaces pour sa vie et qu'il a été expulsé de son logement ;
- les observations de M. D, représentant le préfet de l'Aube, qui conclut au rejet de la requête, à titre principal comme étant irrecevable. Il soutient que les dispositions de l'article L. 753-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent être invoquées par le requérant dont la demande d'asile est postérieure au placement en rétention. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant. En tout état de cause, le requérant ne présente pas d'élément sérieux à l'appui de sa demande d'asile et ne démontre pas être exposé à un risque personnel, actuel et certain d'atteinte à sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique conformément à l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 16 juillet 1983, de nationalité haïtienne, est entré en France en 2003 et a sollicité le bénéfice de l'asile qui a été rejeté le 13 février 2007 par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides et le 21 décembre 2007 par la cour nationale du droit d'asile. Sa demande de réexamen a été rejetée le 19 janvier 2009. Par arrêté du 11 octobre 2024, la préfète de l'Aube a prononcé son expulsion du territoire français, et, par une décision en date du 14 octobre 2024, le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné a été fixé. Le 15 octobre 2024, il a été placé en rétention administrative. Le 16 octobre 2024, il a sollicité le réexamen de sa demande d'asile et a été maintenu en centre de rétention. Par une décision en date du 25 octobre 2024, notifiée le 30 octobre 2024, l'office français de protection des réfugiés et des apatrides a rejeté sa demande de réexamen. M. A demande la suspension de l'exécution de son expulsion du territoire français et de la décision fixant le pays de destination jusqu'à l'intervention de la décision de la cour nationale du droit d'asile.
Sur la demande de désignation d'un avocat commis d'office :
2. M. A, placé en rétention, a présenté sa requête sans ministère d'avocat et a été assisté à l'audience par Me Jacquemin, avocat commis d'office désigné par le bâtonnier du barreau de Nancy, en application de l'article 19-1 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Par conséquent, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande de désignation d'un avocat commis d'office.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 753-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, l'étranger peut demander au président du tribunal administratif de suspendre l'exécution de l'éloignement jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. Cette demande est présentée et jugée selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 ou, en cas de rétention administrative, selon la procédure prévue à l'article L. 921-2. Les délais pour saisir le tribunal administratif fixés aux mêmes articles L. 921-1 et L. 921-2 courent à compter de la notification à l'étranger de la décision de l'office. "
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 542-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b, c ou d du 1° de l'article L. 542-2, l'étranger peut demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement. / Cette demande est présentée dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 752-5 à L. 752-12 lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2. / Elle est présentée dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 753-7 à L. 753-11 lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application du c du 1° de l'article L. 542-2. ". L'article L. 542-2 du même code prévoit : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes :/ () c) une décision de rejet ou d'irrecevabilité dans les conditions prévues à l'article L. 753-5 ;/ d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; () ". Et aux termes dudit article L. 531-24 : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : / () 3° Le demandeur est () maintenu en rétention en application de l'article L. 754-3. "
5. M. A ayant déposé sa demande d'asile en rétention, selon la procédure prévue aux articles L. 754-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le 3° de l'article L. 531-24 du même code prévoit que l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides statue en procédure accélérée. De plus, l'autorité administrative a sollicité la mise en œuvre de la procédure accélérée prévue par le 5° de l'article L. 531-27. Dès lors, le droit du requérant de se maintenir sur le territoire français a pris fin dès la notification de la décision de l'office, en application du d) du 1°) de l'article L. 542-2 du code précité.
6. Dans cette hypothèse, les dispositions des articles L. 752-5 à L. 752-12, auxquelles renvoie l'article L. 542-6 de ce code, n'ouvrent pas la possibilité de demander au tribunal de surseoir à l'exécution d'une décision d'expulsion. Le requérant, qui n'a pas fait l'objet d'une décision de rejet de sa demande d'asile dans les conditions prévues par l'article L. 753-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 753-7 précité dans les prévisions desquelles il n'entre pas, dès lors que sa demande d'asile a été présentée en rétention.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir, que les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision d'expulsion et de la décision fixant le pays de renvoi présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de désignation d'un avocat commis d'office.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Aube.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2024.
La magistrate désignée,
F. Milin-RanceLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Aube, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026