jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2403267 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | KIPFFER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 4 et 12 novembre 2024, M. C A, représenté par Me Kipffer, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de lui communiquer l'entier dossier sur la base duquel l'administration a pris la décision contestée ;
3°) d'annuler l'arrêté du 31 octobre 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
4°) de mettre à la charge du préfet la somme de 3 000 euros à verser à son avocat, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été entendu préalablement à son édiction ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que l'administration n'établit pas la nécessité de l'assigner à résidence et qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que seul un renouvellement de l'assignation pouvait être pris et non une nouvelle assignation ;
- son éloignement ne constitue pas une perspective raisonnable dès lors que la préfète ne justifie d'aucune diligence pour l'éloigner du territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 novembre 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Cabecas, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Cabecas a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant nigérian, est né le 26 septembre 1992. Par un arrêté du 11 juin 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, en fixant son pays de destination et en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un arrêté du 17 septembre 2024, la préfète l'a assigné à résidence. Par un arrêté du 31 octobre 2024, la préfète l'a de nouveau assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence à statuer sur la présente requête, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande de production de l'entier dossier du requérant :
4. Aux termes des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné le concours d'un interprète et la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise. () ". La préfète de Meurthe-et-Moselle ayant produit le dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise, les conclusions présentées à ce titre sont devenues sans objet et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, il résulte des dispositions des livres V et VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions de transfert. Dès lors, les dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ne sauraient être utilement invoquées par M. A à l'encontre de l'arrêté portant assignation à résidence.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, (), assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement sans délai de départ volontaire ou pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français ". Aux termes de l'article L. 731-1 du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée ".
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, par une décision du 11 juin 2024, qu'il n'a pas exécutée dans le délai de départ qui lui était octroyé. Il se trouvait ainsi entrer dans le cas prévu à l'article L. 730-1 précité dans lequel l'autorité administrative peut assigner un étranger à résidence, lequel n'est pas conditionné à la circonstance que l'étranger représente une menace à l'ordre public. M. A n'est ainsi pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'erreur de droit sur ce point.
8. D'autre part, l'arrêté en litige vise la décision initiale du 17 septembre 2024 portant assignation à résidence ainsi que les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 6 du présent jugement. Il en ressort que la préfète de Meurthe-et-Moselle a entendu se fonder sur les dispositions combinées des articles L. 730-1, L. 731-1 et L. 732-3 de ce code en assignant à résidence M. A pour une nouvelle durée de quarante-cinq jours. La circonstance que la décision en litige ne mentionne pas qu'il s'agisse d'un renouvellement de l'assignation initiale est sans incidence sur sa légalité alors que les mentions de l'arrêté permettent de comprendre la procédure administrative antérieure à son édiction et notamment la circonstance qu'il s'agit de la seconde assignation.
9. Enfin, il ressort des termes de l'arrêté contesté que M. A est dépourvu de tout document de voyage et d'identité et qu'il est nécessaire de disposer d'un laisser passer consulaire afin de pouvoir procéder à son éloignement du territoire français. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un tel document ne pourrait être obtenu, dans les meilleurs délais, par l'administration, et le requérant n'est ainsi pas fondé à soutenir que son éloignement ne serait pas une perspective raisonnable. Le moyen tiré de l'erreur de droit dont serait entachée la décision sur ce point doit donc être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 31 octobre 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle l'a assigné à résidence.
Sur les frais de l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au titre des frais exposés non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à la production du dossier de M. A.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Kipffer et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 novembre 2024.
La magistrate désignée,
L. Cabecas La greffière
M. B
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026