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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2403280

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2403280

jeudi 14 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2403280
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantVAXELAIRE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nancy rejette la requête de M. B, ressortissant algérien, qui contestait un arrêté préfectoral du 24 octobre 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de trente-six mois et une assignation à résidence. Le tribunal estime que la préfète a procédé à un examen attentif de sa situation, que M. B ne justifie d'aucune attache familiale en France et que son placement en garde à vue pour trafic de stupéfiants constitue une menace pour l'ordre public. Les décisions attaquées sont fondées sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La requête est donc rejetée, seule l'aide juridictionnelle provisoire étant accordée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 octobre 2024, M. C B, représenté par Me Vaxelaire, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 24 octobre 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois et l'arrêté du même jour par lequel la préfète l'a assigné à résidence.

Il soutient que :

- la préfète n'a pas procédé à un examen attentif de sa situation ;

- il dispose d'attaches familiales sur le territoire français ;

- son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 novembre 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Cabecas, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Cabecas,

- et les observations de Me Vaxelaire, avocate de M. B, qui reprend les moyens et conclusions de la requête.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 5 avril 1992, a fait l'objet d'un placement en garde-à-vue le 22 octobre 2024 pour des faits de trafic de stupéfiants. Par un arrêté du 24 octobre 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant son pays de destination et en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois. Par un arrêté du même jour, la préfète l'a assigné à résidence. Placé en détention provisoire au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville, M. B demande l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence à statuer sur la présente requête, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté contesté ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète de Meurthe-et-Moselle n'aurait pas procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de M. B avant de prononcer à son encontre les décisions en litige.

5. En deuxième lieu, le requérant ne produit aucune pièce de nature à démontrer l'existence d'attaches privées ou familiales sur le territoire français. Il n'est donc pas fondé à soutenir que la décision en litige méconnaît son droit à sa vie privée et familiale.

6. En dernier lieu, M. B a été placé en garde-à-vue le 22 octobre 2024, pour des faits de trafic de stupéfiants, pour lesquels il a été, postérieurement à l'édiction des décisions en litige, placé en détention provisoire. Le requérant a été interrogé par les services de police sur ces faits, dont il ne conteste pas la réalité, se bornant à soutenir qu'il est présumé innocent. Alors que le placement en garde à vue, puis en détention provisoire, révèlent que les services de police disposent d'éléments précis et concordants sur la matérialité des faits qui lui sont reprochés, le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que la préfète de Meurthe-et-Moselle a estimé que son comportement constituait une menace pour l'ordre public

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 octobre 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant son pays de destination, et en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois, ni l'annulation de l'arrêté du même jour par lequel la préfète l'a assigné à résidence.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Vaxelaire, et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 novembre 2024.

La magistrate désignée,

L. Cabecas La greffière

M. A

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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