jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2403339 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PASINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 et 26 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Pasina, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la décision implicite par laquelle le conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté la demande de renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de renouveler temporairement sa carte professionnelle sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite car son contrat de travail a été suspendu ce qui le place dans une situation financière précaire ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation dont son entachés les motifs sur lesquels elle repose.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2024, le CNAPS conclut au rejet de la requête.
Vu :
- la requête, enregistrée le 9 novembre 2024 sous le n° 2403338, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 décembre 2024 à 9 heures 30 :
- le rapport de M. Davesne, juge des référés ;
- les observations de Me Pasina, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 9h46.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, qui exerce la profession d'agent de sécurité, a sollicité le renouvellement de sa carte professionnelle auprès du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) le 24 juin 2024. Par une décision du 7 août 2024, le directeur du CNAPS a refusé de renouveler sa carte professionnelle, sur le fondement de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, au motif qu'il a été mis en cause, en qualité d'auteur pour des faits de violence ayant entraîné une incapacité de travail n'excédant pas huit jours et pour des faits d'agression sexuelle. M. A a présenté, le 3 septembre 2024, un recours gracieux contre cette décision qui a été implicitement rejeté par le directeur du CNAPS le 3 novembre 2024. Par sa requête, M. A demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Il résulte de l'instruction que le contrat de travail de M. A en qualité d'agent de sécurité a été suspendu le 16 septembre 2024 en raison du refus de renouvellement de sa carte professionnelle et que son employeur est susceptible de le licencier depuis le 16 novembre 2024. Ainsi, la décision attaquée porte une atteinte suffisamment grave à la situation personnelle de M. A. La condition d'urgence doit donc être regardée comme remplie.
En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
5. Pour fonder la décision de refus de renouvellement de la carte professionnelle de M. A, le directeur du CNAPS s'est fondé sur les mentions du fichier de traitement d'antécédents judiciaires qui font apparaitre que l'intéressé a été l'auteur de faits de violence ayant entraîné une incapacité de travail n'excédant pas huit jours et d'agression sexuelle. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A a, en réalité, été la victime et non l'auteur de ces violences et que les faits d'agression sexuelle font l'objet d'une enquête mais n'ont pas donné lieu à des poursuites pénales. Ainsi, en l'état de l'instruction, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise le directeur du CNAPS dans l'application des dispositions de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure sur lesquelles est fondée la décision attaquée parait propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
6. Eu égard à ses motifs, la présente ordonnance implique nécessairement que le directeur du CNAPS délivre, à titre provisoire, une carte professionnelle à M. A, jusqu'au jugement par lequel le tribunal statuera sur la légalité de la décision attaquée. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CNAPS le versement à M. A de la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de renouveler la carte de professionnelle de M. A est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité de délivrer, à titre provisoire, une carte professionnelle à M. A, jusqu'au jugement par lequel le tribunal statuera sur la légalité de la décision attaquée.
Article 3 : Le Conseil national des activités privées de sécurité versera la somme de 1 500 euros à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité.
Fait à Nancy, le 5 décembre 2024.
Le président, juge des référés,
S. Davesne
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026