mardi 26 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2403465 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Lebon-Mamoudy, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 12 août 2024, par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a ordonné son expulsion du territoire français et a fixé le Maroc comme pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-de-Moselle de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il existe une urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, dès lors qu'il est actuellement détenu, que sa levée d'écrou est fixée au 11 décembre 2024 et qu'il craint d'être expulsé avant que le tribunal ait examiné son recours pour excès de pouvoir contre cette mesure d'éloignement ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, tenant à l'atteinte manifestement disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi qu'à l'erreur manifeste d'appréciation entachant la décision d'expulsion, alors qu'il ne présente pas une menace grave, actuelle et réelle pour l'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Samson-Dye, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 19 mars 1992, est entré en France en 2001 et a été en possession de cartes de séjour temporaire de 2011 à 2017. M. A, qui est incarcéré depuis le 24 novembre 2016, a fait l'objet d'une mesure d'expulsion par un arrêté du 12 août 2024. Une première demande de suspension, présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a été rejetée par une ordonnance du juge des référés du 23 octobre 2024, au motif qu'il n'existait pas de doute sérieux sur la légalité de cette décision. Dans la présente instance, M. A demande désormais la suspension de cet arrêté sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Sur les conclusions tendant à la suspension de la mesure d'éloignement :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en France : " l'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public ". Avant de prendre sa décision, l'autorité administrative doit, en application de l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en France, aviser l'étranger de l'engagement de la procédure et, sauf en cas d'urgence absolue, le convoquer pour être entendu par une commission composée de deux magistrats judiciaires relevant du tribunal judiciaire du chef-lieu du département où l'étranger réside ainsi que d'un conseiller de tribunal administratif. Celle-ci rend un avis motivé, après avoir lors de débats publics entendu l'intéressé, qui a le droit d'être assisté d'un conseil ou de toute personne de son choix.
4. Eu égard à son objet et à ses effets, une décision prononçant l'expulsion d'un étranger du territoire français porte, en principe et sauf à ce que l'administration fasse valoir des circonstances particulières, par elle-même atteinte de manière grave et immédiate à la situation de la personne qu'elle vise et crée, dès lors, une situation d'urgence justifiant que soit, le cas échéant, prononcée la suspension de l'exécution de cette décision. Il appartient au juge des référés, saisi d'une telle décision sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'apprécier si la mesure d'expulsion porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, en conciliant les exigences de la protection de la sûreté de l'Etat et de la sécurité publique avec la liberté fondamentale que constitue, en particulier, le droit de mener une vie familiale normale. La condition d'illégalité manifeste de la décision contestée, au regard de ce droit, ne peut être regardée comme remplie que dans le cas où il est justifié d'une atteinte manifestement disproportionnée aux buts en vue desquels la mesure contestée a été prise.
5. Il n'est pas contesté qu'ainsi que le relève l'arrêté litigieux, M. A est incarcéré depuis le 24 novembre 2016 et doit être libéré le 11 décembre 2024. Il a été condamné par le tribunal correctionnel de Nancy, le 26 août 2011, à une peine d'un mois d'emprisonnement pour menace de mort réitérée, le 25 juillet 2018, à une peine de sept ans d'emprisonnement pour des faits d'extorsion avec violences ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours en récidive, et par la cour d'appel de Nancy, le 29 janvier 2019, à une peine de cinq ans d'emprisonnement pour des faits d'agression sexuelle. Il ressort des écritures du requérant que les faits d'agression sexuelle ont été commis en janvier 2013 et ceux d'extorsion en novembre 2016. Dans ce contexte, caractérisé par plusieurs condamnations pour des actes de violence contre des personnes, dont le dernier, commis en récidive, a précédé de quelques jours seulement le début de son incarcération, l'intéressé constitue une menace réelle, grave et actuelle pour l'ordre public, alors même que M. A n'aurait pas fait l'objet de compte rendu d'incidents pour des faits de violence en détention, qu'il a exercé une activité professionnelle en prison, qu'il a commencé à indemniser les victimes et qu'il a bénéficié d'une permission de sortie en 2021.
6. Par ailleurs, le requérant, désormais âgé de 32 ans, est célibataire et sans enfant. Il n'est pas établi qu'il présenterait une situation de vulnérabilité caractérisée qui justifierait qu'il demeure auprès de ses proches. Dans ces conditions, alors même qu'il est entré en France à l'âge de 9 ans et à supposer qu'il n'ait plus de famille proche dans son pays d'origine ainsi qu'il le prétend, il n'est pas porté une atteinte manifestement grave et illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, consacré à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Il suit de là qu'aucune atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale n'est caractérisée. La requête, manifestement mal fondée, doit donc être rejetée, dans toutes ses conclusions, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie pour information sera adressée à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Fait à Nancy, le 26 novembre 2024.
La juge des référés,
A. Samson-Dye
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026