lundi 16 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2403543 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | REICH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 novembre 2024, M. A E B, représenté par Me Reich, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle l'a assigné à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou, à défaut, de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- l'arrêté attaqué n'est pas daté ;
- la notification de l'arrêté est irrégulière, faute d'avoir pu prendre connaissance de la mesure d'éloignement sur le fondement de laquelle l'arrêté attaqué a été pris ;
- l'arrêté attaqué est illégal du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
- la mesure d'assignation à résidence est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 200 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné, au titre de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Mme Philis, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués pour statuer sur les recours relevant des procédures à juge unique définis au chapitre 1er du titre II du livre IX de ce code.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Philis, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant italien né le 20 septembre 1992, a été placé en garde à vue par les services de police de Nancy, le 26 mars 2024, pour des faits de vol et d'usage frauduleux de cartes bancaires volées, puis le 28 novembre 2024 pour des faits de recel de vol et d'utilisation frauduleuse de moyen de paiement. Par un arrêté du 26 mars 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois. Par un arrêté du 29 novembre 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle l'a assigné à résidence, sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois, et l'a obligé à se présenter chaque mercredi et vendredi, y compris les jours fériés, à 11 heures auprès des services de police de Nancy situés 38 boulevard Lobau, ainsi qu'à se maintenir à son domicile entre 6 heures et 9 heures tous les jours. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2024.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. En raison de l'urgence et alors qu'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu, en application des dispositions précitées, d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, par un arrêté du 17 septembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Meurthe-et-Moselle le lendemain, la préfète de Meurthe-et-Moselle a donné délégation à M. Julien Le Goff, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer les décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception des arrêtés de conflit. Dans ces conditions, M. C était compétent pour signer la décision attaquée. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En deuxième lieu, la circonstance que la décision en litige ne serait pas datée est sans incidence sur sa légalité. Au demeurant, il ressort des termes même de l'arrêté attaqué que la date de son édiction, le 29 novembre 2024, est mentionnée en page 3. Par conséquent, le moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur sa légalité.
7. D'une part, le requérant ne peut utilement soutenir que l'arrêté attaqué aurait été notifié dans des conditions irrégulières dès lors qu'il n'aurait pas été mis à même de prendre connaissance de la mesure d'éloignement sur le fondement de laquelle cet arrêté a été pris. Dès lors, le moyen doit être écarté comme inopérant.
8. D'autre part, le moyen tiré de l'irrégularité de la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français étant inopérant, l'exception d'illégalité de cette décision, invoquée par M. B à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant assignation à résidence, doit être écartée.
9. En quatrième lieu, la circonstance que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur matérielle sur les faits pour lesquels M. B a été poursuivi par les services de police est sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ".
11. Si M. B soutient que la décision attaquée n'est pas proportionnée au regard de l'objectif poursuivi, il ne justifie d'aucune circonstance faisant obstacle à son prononcé et à ce qu'il se soumette aux modalités de contrôle qu'elle prévoit. Par suite, le moyen tiré du caractère disproportionné de la mesure d'assignation à résidence doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du M. B la somme demandée par l'Etat au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de l'Etat présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A E B, à Me Reich et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024.
La magistrate désignée,
L. Philis
La greffière
M. D
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026