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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2403552

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2403552

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2403552
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantMOUDNI-ADAM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 décembre 2024 à 17 heures 47, et un mémoire enregistré le 10 décembre 2024, M. B A, placé au centre de rétention administrative de Metz, demande au tribunal :

1°) de désigner un avocat commis d'office ;

2°) d'annuler l'arrêté du 27 novembre 2024 par lequel le préfet de l'Yonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix ans.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

- ces décisions sont entachées d'incompétence ;

- elles n'ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend ;

Sur le moyen commun aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant d'accorder un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination :

- ces décisions sont entachées d'une insuffisance de motivation ;

Sur les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît son droit d'être entendu protégé par le principe général du droit de l'Union européenne découlant de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur le moyen propre à la décision refusant un délai de départ volontaire :

- cette décision est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il ne présente pas un risque de fuite ;

Sur les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :

- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

Sur les moyens propres à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix ans :

- cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation, faute notamment de préciser la gravité de la menace pour l'ordre public que représente son comportement ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation quant à sa durée et quant à l'existence de circonstances humanitaires ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2024, le préfet de l'Yonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné, au titre de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Mme Philis, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués pour statuer sur les recours relevant des procédures à juge unique définis au chapitre 1er du titre II du livre IX de ce code.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Philis, magistrate désignée ;

- les observations de Me Moudni-Adam, avocate commise d'office, représentant M. A qui :

. conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en insistant sur la méconnaissance des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

. soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen sérieux de la situation de M. A, ce dernier, présent en France depuis son plus jeune âge, en situation régulière jusqu'à l'expiration de son titre de séjour en 2021, a été scolarisé et dispose d'attaches familiales sur le territoire ;

. indique qu'il a été condamné à des peines mineures, qu'il a été placé sous bracelet électronique, puis que du fait de son incarcération, il n'a pas pu solliciter le renouvellement de son titre de séjour ;

. conteste les mises en cause évoquées par la préfecture ;

- les observations de M. A qui indique avoir entrepris des démarches pour régulariser sa situation et que contrairement aux allégations de la préfecture, il n'a pas fait l'objet d'un nombre conséquent de gardes à vue ;

- et les observations de M. G, représentant le préfet de l'Yonne, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes moyens, et :

. relève que le requérant adopte des propos incohérents, qu'il ne démontre ni avoir rencontré des obstacles ni avoir entrepris des démarches pour régulariser sa situation à l'expiration de la validité de son titre de séjour ;

. fait valoir que la menace pour l'ordre public est caractérisée eu égard aux nombreuses mises en cause et gardes à vues pour des faits graves, ainsi qu'aux condamnations pénales dont a fait l'objet l'intéressé ;

. ajoute que M. A ne justifie pas d'une vie privée et familiale en France au sens de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, faute d'établir l'intensité des liens dont il dispose sur le territoire et de justifier de son intégration;

. fait valoir que l'intéressé ne remplit aucune condition pour bénéficier d'un titre de séjour de plein droit.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant malien né le 27 janvier 1999, est entré en France, selon ses déclarations, en 2001. Le 26 novembre 2024, il a été interpellé par les services de gendarmerie d'Auxerre et placé en garde à vue pour des faits d'escroquerie réalisée en bande organisée. Par un arrêté du 27 novembre 2024, le préfet de l'Yonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix ans. Par la présente requête, M. A, placé au centre de rétention administrative de Metz, demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la demande de désignation d'un avocat commis d'office :

2. M. A, placé en rétention administrative lors de l'introduction de sa requête, a présenté celle-ci sans ministère d'avocat et a été assisté à l'audience par Me Moudni-Adam, avocate commise d'office désignée par le bâtonnier du barreau de Nancy, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande de désignation d'un avocat commis d'office.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

3. En premier lieu, par un arrêté du 14 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratif de la préfecture le même jour, le préfet de l'Yonne a donné délégation à Mme E C, sous-préfète, directrice du cabinet, à l'effet de signer les décisions en litige en cas d'absence ou d'empêchement de Mme Pauline Girardot, secrétaire générale. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme F n'aurait pas été absente ou empêchée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

4. En deuxième lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur sa légalité. Le requérant ne peut utilement soutenir que les décisions attaquées n'auraient pas été notifiées dans une langue qu'il comprend. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.

5. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de l'Yonne n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressé. Le moyen doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination :

6. Les décisions attaquées comportent l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, le droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Ce droit ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. S'agissant particulièrement des décisions de retour, le droit d'être entendu implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter son point de vue sur l'irrégularité de son séjour et les motifs susceptibles de justifier qu'une décision de retour ne soit pas prononcée à son encontre. Mais il n'implique pas l'obligation, pour l'administration, de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement. Enfin, selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle est prise une décision faisant grief que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.

8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A a été mis à même de présenter, à l'aide du formulaire de renseignement administratif, préalablement à l'édiction de la décision attaquée, des observations sur la perspective d'éloignement et sur sa situation personnelle. Au surplus, il ne se prévaut d'aucun élément pertinent qu'il aurait été empêché de faire valoir et qui aurait pu influer sur le contenu de la décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu tel que protégé par le principe général du droit de l'Union européenne découlant de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté.

9. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. " Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français () est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. / () ".

10. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. En l'espèce, s'il ressort des pièces du dossier que M. A a suivi sa scolarité en France, a été titulaire d'un titre de séjour d'un an valable jusqu'en 2021 et justifie de la présence en France de membres de sa famille, l'intéressé, célibataire sans charge de famille, n'apporte aucun élément suffisant de nature à établir l'intensité des liens dont il dispose sur le territoire. Il ne justifie pas davantage d'une intégration en France et ne démontre pas être isolé dans son pays d'origine. De plus, M. A a été condamné à plusieurs reprises à des peines d'emprisonnement pour des infractions à la législation sur les stupéfiants, ainsi que pour des faits de conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants et sous l'empire d'un état alcoolique, des faits d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, des faits de rébellion et des faits de refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter de conduire. Dans ces conditions, eu égard en particulier à la menace pour l'ordre public que son comportement constitue, le préfet de l'Yonne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en lui faisant obligation de quitter le territoire français. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il pouvait se voir délivrer de plein droit un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les moyens doivent donc être écartés.

En ce qui concerne le moyen propre à la décision refusant un délai de départ volontaire :

12. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".

13. Ainsi qu'il a été dit au point 11, eu égard aux condamnations pénales prononcées à son encontre, le comportement de M. A constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, le préfet de l'Yonne a pu légalement fonder sa décision sur les dispositions du 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce seul motif étant suffisant pour justifier la décision portant refus de délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :

14. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision, invoquée par M. A à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination, doit être écartée.

15. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". M. A n'établit pas encourir des risques actuel, personnel et réel en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix ans :

16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. "

17. Si M. A ne justifie pas de l'intensité des liens dont il dispose en France et si son comportement constitue une menace pour l'ordre public, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et il est également constant qu'il s'est vu délivrer pendant au moins un an un titre de séjour. Alors que M. A conteste les mentions figurant au fichier du traitement des antécédents judiciaires, le préfet a commis une erreur d'appréciation en considérant, sur la base de ces faits, que la menace pour l'ordre public qu'il représente avait un caractère suffisamment grave pour justifier que soit pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix ans. Par suite, M. A est fondé à soutenir que le préfet a fait une inexacte application des dispositions précitées en fixant à dix ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français.

18. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix ans.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de M. A tendant à la désignation d'un avocat commis d'office.

Article 2 : L'arrêté du 27 novembre 2024 en tant qu'il prononce à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix ans est annulé.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Yonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.

La magistrate désignée,

L. Philis

La greffière

M. D

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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