mardi 26 août 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2403599 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | SAS ASTERIA AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 5 décembre 2024 et 9 janvier 2025, M. B A, représenté par Me El Fekri, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 novembre 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de 12 mois ;
3°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail sans délai à compter de la notification de la décision à intervenir, et de procéder à l'effacement du signalement de non-admission dans le système d'information Schengen.
Il soutient que :
Sur le moyen dirigé contre l'ensemble des décisions :
- les décisions contestées sont insuffisamment motivées ;
Sur la décision portant refus du titre de séjour :
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'accord franco-marocain n'interdisant pas au préfet d'apprécier une mesure de régularisation de la situation d'un ressortissant marocain au regard de sa situation professionnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du pouvoir de régularisation de l'administration ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne représente pas de risque de fuite ;
Sur la décision portant fixation du pays de destination :
- elles méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision portant interdiction de retour d'une durée d'un an :
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation réelle ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français
- elle méconnaît le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur d'appréciation s'agissant de la durée de la mesure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2025, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés et que le motif tiré de l'article L. 423-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, entaché d'erreur de fait, doit être neutralisé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 juin 2025.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 9 octobre 1987 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Samson-Dye,
- et les observations de Me El Fekri, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant marocain né le 1er avril 2000, est entré en France, le 30 décembre 2020, sous couvert d'un visa de court séjour, après avoir séjourné en Roumanie dans le cadre de ses études. Par un arrêté du 18 octobre 2023, la préfète de Meurthe-et-Moselle a ordonné sa remise aux autorités roumaines et lui a interdit de circuler sur le territoire français pour une durée de six mois. Cet arrêté a été annulé par un jugement n° 2303048 de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Nancy du 25 octobre 2023. L'intéressé a sollicité son admission exceptionnelle au séjour le 17 novembre 2023. Par un arrêté du 19 novembre 2024, dont M. A demande l'annulation, la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de 12 mois
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen invoqué à l'encontre de toutes les décisions :
2. L'arrêté en litige comporte un exposé suffisant des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, pour chacune des mesures qu'il édicte. Par suite, il est suffisamment motivé, contrairement à ce que soutient le requérant.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article 9 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord ". Aux termes de l'article 3 du même accord : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " () ".
4. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
5. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, au sens de l'article 9 de cet accord. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié. En revanche, les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont applicables aux ressortissants marocains en matière de délivrance d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".
6. Il ressort des termes de la décision attaquée que la préfète a estimé que M. A ne remplissait pas les conditions de l'article 3 de l'accord franco-marocain, qu'il ne justifiait pas de considérations de nature à permettre la régularisation de sa situation administrative au motif de sa situation professionnelle, puis qu'il ne remplissait pas les conditions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". La préfète n'a pas, en revanche, à bon droit compte tenu de ce qui a été précisé au point précédent, examiné la demande de titre de séjour portant la mention " salarié " de M. A à l'aune de l'article L. 435-1. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la situation professionnelle de M. A justifierait la délivrance d'un titre de ce séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant.
7. En deuxième lieu, il est constant que M. A est célibataire et sans enfant et qu'il ne réside en France que depuis 2020. S'il justifie entretenir des liens avec son oncle et des cousins présents sur le territoire national et y avoir noué des relations amicales, disposer d'un logement indépendant, avoir régularisé sa situation fiscale et avoir effectué des dons au profit d'entreprises caritatives, et s'il n'est pas contesté qu'il a exercé une activité professionnelle, il ne présente pas pour autant des liens personnels et une situation d'insertion particulièrement intenses sur le territoire national. C'est donc sans entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet a pu rejeter sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, sous l'angle de la vie privée et familiale.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
9. Compte tenu des circonstances de fait rappelées au point 7, le refus de titre de séjour n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette mesure a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point précédent doit, dès lors, être écarté.
10. En quatrième lieu, le requérant soutient qu'il vit en France depuis 2020, qu'il a travaillé pour la même société depuis mars 2021, qu'il justifie de fiches de paie, qu'il n'a pas été poursuivi pénalement pour les faits de travail illégal que relève l'administration, que son employeur souhaite le réembaucher et qu'il justifie des compétences pour ce poste. Toutefois, les documents qu'il produit dans la présente instance au sujet de son insertion professionnelle, qui se limitent à une demande d'autorisation de travail établie à son profit pour un poste de manager approvisionnement et un projet de contrat de travail, postérieurs à l'arrêté litigieux, ainsi qu'un justificatif de dépôt d'une offre auprès de Pôle Emploi par son employeur, sont insuffisants pour caractériser une erreur manifeste d'appréciation entachant le refus de régulariser sa situation à titre professionnel. Au regard de ce qui a été indiqué au point 7, le refus de régulariser la situation de M. A au titre de sa vie privée et familiale n'est pas davantage entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
11. En cinquième et dernier lieu, il résulte de l'instruction que la préfète aurait pris la même décision si elle n'avait pas retenu, à tort, que M. A relevait des dispositions de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors que l'unique mesure d'éloignement dont il avait fait l'objet avait été annulée. Ce motif doit donc être neutralisé, ainsi que le demande le défendeur. M. A ne saurait donc utilement se prévaloir d'une erreur de droit entachant ce motif neutralisé.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, l'illégalité du refus de titre de séjour n'étant pas établie, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision au soutien de ses conclusions contre la décision portant obligation de quitter le territoire. Il n'est pas davantage fondé à soutenir qu'il ne relève pas du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que cette mesure serait de ce fait, dépourvue de base légale.
13. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit, évoqué sommairement dans la requête, n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
14. En troisième lieu, au regard des circonstances évoquées au point 7, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qu'elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
15. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () ".
16. Il est constant que le requérant ne relève pas du 5° de l'article L. 612-3, dès lors qu'il ne peut être regardé comme s'étant soustrait à l'exécution de la précédente mesure d'éloignement dont il avait fait l'objet, puisque cette dernière, annulée par le juge administratif, est réputée n'avoir jamais existé.
17. Par ailleurs, dès lors que M. A avait sollicité la délivrance d'un titre de séjour, il ne saurait être regardé comme relevant du 2° de ce même article.
18. Dès lors, le requérant est fondé à soutenir qu'il ne saurait être regardé comme présentant un risque de fuite et à demander l'annulation de la décision le privant de délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
19. Le moyen tiré de ce que cette décision méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, dès lors que le requérant ne fait état d'aucune circonstance de nature à justifier de l'impossibilité de mener une vie familiale normale spécifiquement dans son pays d'origine.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
20. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Aux termes de l'article L. 613-2 de ce code : " Les () décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
21. Il ressort des termes de la décision en litige qu'elle est fondée exclusivement sur le refus de délai de départ volontaire opposé au requérant. Dès lors que ce refus de délai de départ volontaire est annulé par le présent jugement, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne peut qu'être, par voie de conséquence, annulée.
22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est seulement fondé à demander l'annulation des décisions portant refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois, contenues dans l'arrêté de la préfète de Meurthe-et-Moselle du 19 novembre 2024.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
23. En premier lieu, aux termes de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification ".
24. Il y a lieu de rappeler à M. A son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative.
25. En second lieu, aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006 / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ".
26. Le présent jugement, qui annule l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. A, implique nécessairement que l'administration efface le signalement dont il fait l'objet dans le système d'information Schengen aux fins de non-admission. Il y a donc lieu d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de prendre, sans délai, toute mesure propre à mettre fin à ce signalement.
27. Le présent jugement n'implique, pour le surplus, aucune autre mesure d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois, contenues dans l'arrêté de la préfète de Meurthe-et-Moselle du 19 novembre 2024, sont annulées, sans que M. A soit dispensé de son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui sera fixé par l'autorité administrative.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de prendre, sans délai, toute mesure propre à mettre fin au signalement de M. A dans le système d'information Schengen procédant de l'interdiction de retour sur le territoire français du 19 novembre 2024 annulée.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience publique du 4 juillet 2025 à laquelle siégeaient :
Mme Samson-Dye présidente,
Mme Bourjol, première conseillère,
Mme Philis, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2025.
La présidente-rapporteure,
A. Samson-DyeL'assesseure la plus ancienne,
A. Bourjol
Le greffier
P. Lepage
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 243599
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026