jeudi 26 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2403749 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire enregistrée le 18 décembre 2024, et un mémoire complémentaire enregistré le 24 décembre 2024, M. I demande au tribunal :
1°) de désigner un avocat commis d'office ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 décembre 2024 par lequel le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de cinq ans ;
2°) d'enjoindre le préfet de la Moselle à lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de 15 jours suivant la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'arrêté dans son ensemble :
- il est entaché d'incompétence ;
- il n'est pas suffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- il ne lui a pas été notifié dans une langue qu'il comprend.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- le préfet ne pouvait fonder sa décision sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il remplit les conditions prévues par les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-1 pour se voir délivrer un titre de séjour de plein droit ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et il ne présente pas un risque de fuite.
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision portant interdiction de circulation :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée et aux circonstances humanitaires ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire enregistré le 24 décembre 2024, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. H ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Me Raymond, avocate commis d'office, représentant M. H qui souligne que le requérant est père de deux enfants français, dont il contribue à l'entretien, et conjoint d'une ressortissante française ; qu'il a sollicité à plusieurs reprises un titre de séjour ; qu'il ne s'est soustrait à aucune mesure d'éloignement et dispose de garanties de représentation, son épouse ayant un domicile stable ; que la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée au regard de sa vie privée et familiale en France ;
- les observations de M. H, assisté d'un interprète en langue arabe ;
- les observations de Me Morel, représentant le préfet de la Moselle, qui fait valoir qu'il n'existe au dossier aucune preuve de dépôt d'une demande de titre de séjour, ni de décision explicite ou implicite de la préfecture rejetant une telle demande ; que le requérant ne justifie pas la présence actuelle de ses enfants en France, ni sa contribution à leur entretien, pas plus qu'il n'établit une communauté de vie avec son épouse ; qu'il ne présente aucune perspective d'insertion professionnelle, et ne dispose d'aucune ressource ; qu'il constitue une menace pour l'ordre public.
La clôture de l'instruction a été prononcée à 14h25, à l'issue de l'audience en application de l'article R. 922-16 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. H, ressortissant égyptien, né le 27 décembre 1991 à Al Manoufieh (Egypte), est entré en France en dernier lieu le 7 mai 2021 sous couvert d'un visa long séjour valable jusqu'au 20 avril 2022. Incarcéré à la maison d'arrêt de Sarreguemines, M. H été placé au centre de rétention administrative de Metz à sa levée d'écrou le 8 novembre 2024. Par un arrêté du 16 décembre 2024, le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de cinq ans. M. H demande, par la requête susvisée, l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'arrêté dans son ensemble :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige est signé par M. B E, directeur de l'immigration et de l'intégration, à qui le préfet de la Moselle a, par un arrêté du 17 octobre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, délégué sa signature à l'effet de signer, notamment les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des mentions de l'arrêté contesté, que le préfet de la Moselle, après avoir constaté le mandat de dépôt en date du 3 octobre 2023 prononcé par le tribunal judiciaire de Colmar à l'encontre de M. H, pour des faits d'arrestation, d'enlèvement, de séquestration suivi de libération avant le 7ème jour et de violence ou menace avec usage d'une arme sans incapacité, ainsi que sa condamnation, par un jugement du 17 octobre 2024 par ce même tribunal à 14 mois d'emprisonnement pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité et vol en réunion, et précisé que le requérant est défavorablement connu des services de police depuis 2013, a examiné l'ensemble de sa situation personnelle et familiale et a vérifié, au vu des éléments dont il avait connaissance, qu'aucune circonstance ne faisait obstacle à une mesure d'éloignement. S'agissant plus particulièrement de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, cet arrêté vise notamment l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne, d'une part, la menace à l'ordre public que constitue le comportement de M. H et, d'autre part, l'absence de garanties de représentation suffisantes. S'agissant de la décision fixant le pays de destination, cet arrêté vise notamment les articles L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionne la nationalité du requérant et indique qu'il n'établit pas encourir des risques de traitement prohibé par ces stipulations en cas de retour dans son pays d'origine. S'agissant enfin de la décision portant interdiction de retour, cet arrêté vise notamment l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne les éléments relatifs à la durée de sa présence en France, à ses liens sur le territoire et dans son pays d'origine et à la menace que représente sa présence en France sur l'ordre public dont il a été tenu compte pour fixer la durée de cette interdiction. Alors que le préfet n'est pas tenu de mentionner tous les éléments relatifs à la situation de l'étranger auquel il fait obligation de quitter le territoire français, cet arrêté comporte ainsi l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Cette motivation révèle également que le préfet de la Moselle a procédé à un examen particulier de la situation de M. H. Les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de ces décisions et du défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressée doivent, par suite, être écartés.
4. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur la légalité de celle-ci. Le requérant ne peut ainsi utilement faire valoir que l'arrêté contesté n'aurait pas été notifié dans une langue qu'il comprend.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; / () ".
6. Pour obliger M. H à quitter le territoire français, le préfet de la Moselle s'est fondé sur la circonstance que depuis l'expiration de son visa long séjour le 22 avril 2022, l'intéressé s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré. Toutefois, pour prendre la décision contestée, le préfet de la Moselle s'est également fondé sur le 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur la circonstance que le comportement du requérant constitue une menace pour l'ordre public. Il ressort ainsi des pièces du dossier que M. H est défavorablement connu des services de police depuis 2013. Il a fait l'objet d'un mandat de dépôt le 3 octobre 2023 prononcé par le tribunal judiciaire de Colmar, pour des faits d'arrestation, d'enlèvement, de séquestration suivi de libération avant le 7ème jour et pour des faits de violence ou menace avec usage d'une arme sans incapacité, ainsi que d'une condamnation, par un jugement du 17 octobre 2024 par le même tribunal, à 14 mois d'emprisonnement pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité et vol en réunion. M. H a par suite été écroué du 4 octobre 2023 au 8 novembre 2024 à la maison d'arrêt de Sarreguemines, puis au centre pénitentiaire de Mulhouse Lutterbach, puis de nouveau au sein de la maison d'arrêt de Sarreguemines. Précédemment à ces faits, il avait été condamné le 19 mai 2015 à deux mois d'emprisonnement par le tribunal correctionnel de Rouen pour des faits de détention de stupéfiants. Dans ces conditions, à supposer même que le préfet ne pouvait se fonder sur le 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile, il ressort des pièces du dossier que le préfet aurait pris la même décision en se fondant exclusivement sur le 5° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Moselle aurait dû fonder sa décision sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non sur celles du 2° de ce même article.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 423-1 du même code : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ".
8. M. H soutient qu'il ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il pouvait bénéficier de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées en tant que père d'enfants français et conjoint de ressortissant français. Toutefois, eu égard aux faits délictueux commis par l'intéressé, le préfet de la Moselle a entendu opposer au requérant la réserve d'ordre public. Ainsi, comme il a été précisé au point 6 du présent jugement, M. H est défavorablement connu des services de police depuis 2013 et son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que le préfet aurait méconnu les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et fait une inexacte appréciation des circonstances de l'espèce en estimant que la présence en France de M. H constituait une menace pour l'ordre public faisant obstacle à la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfants français et de conjoint de ressortissant français, doivent être écartés.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
10. M. H soutient que la mesure d'éloignement prononcée à son encontre porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France, dès lors qu'il partage sa vie avec son épouse, Mme F A, ressortissante française, avec qui il a eu deux enfants. Il ressort toutefois des pièces du dossier que si M. H produit des photos de famille et soutient qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de ses enfants, il n'apporte aucun élément de nature à justifier cette contribution, ni la présence actuelle de ses enfants sur le territoire français. Le requérant ne démontre pas davantage la communauté de vie qu'il aurait avec Mme F A, que la seule attestation d'hébergement, datée du 24 décembre 2024, ne suffit pas à caractériser. En outre, M. H ne dispose d'aucune perspective d'insertion sociale et professionnelle sur le territoire français et ne démontre pas être dépourvu d'attaches privées et familiales dans son pays d'origine où résident ses parents selon ses déclarations en date du 23 mai 2024. Enfin, comme il a été précisé au point 6 du présent jugement, M. H a été condamné et écroué pour des faits délictueux graves et récents. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir qu'en lui faisant obligation de quitter le territoire, le préfet de la Moselle a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que cette décision aurait porté atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants tel que garanti par l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant refus de délai de départ volontaire :
11. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ".
12. Si M. H soutient qu'il ne présente pas de risque de fuite et que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public justifiant que lui soit refusé un délai de départ, son moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, comme il a été précisé au point 6 du présent jugement, le comportement de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :
13. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10 du présent jugement, M. H n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
14. En deuxième lieu, M. H soutient que la décision contestée méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'apporte toutefois aucun élément quant à l'existence de risques en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant interdiction de circulation :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. H n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre est illégale. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
16. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces des dossiers, eu égard à la faible durée de présence en France de l'intéressé, à son absence de liens stables et intenses sur le territoire, et au trouble que son comportement cause à l'ordre public, que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en fixant à cinq ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre de M. H.
17. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10 du présent jugement, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que cette décision porterait une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée au respect de leur vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et méconnaitrait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. H n'est pas fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté du 16 décembre 2024 par laquelle le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de cinq ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
19. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. H, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. H est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. H est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. I, au préfet de la Moselle et à Me Raymond.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2024.
La magistrate désignée,
A. DLa greffière,
F. Levaudel
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026