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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2500023

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2500023

mardi 21 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2500023
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nancy rejette la requête de M. A, ressortissant macédonien, qui contestait le renouvellement de son assignation à résidence pour 45 jours. Le tribunal écarte le moyen tiré d’une insuffisance de motivation, estimant que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé en droit et en fait. Il juge également que l’éloignement de l’intéressé constitue une perspective raisonnable, dès lors que la mesure d’éloignement a été prise moins de trois ans auparavant et que le recours contre celle-ci a été rejeté. La décision se fonde sur les articles L. 731-1 et L. 732-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 janvier 2025 à 8 heures 23, M. B A, représenté par Me Olszakowski demande au tribunal d'annuler l'arrêté de la préfète de Meurthe-et-Moselle du 26 décembre 2024 portant renouvellement d'assignation à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours ;

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée en droit et en fait ;

- il n'est pas établi que l'éloignement constitue une perspective raisonnable ;

Par un mémoire en défense enregistré le 15 janvier 2025, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Durand, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la procédure.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Durand, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant macédonien né le 23 mai 1987, est entré en France, le 7 août 2017, accompagné de ses enfants mineurs pour solliciter l'asile. Cette demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile les 25 septembre 2018 et 15 mars 2019. Il a fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement en dates des 9 décembre 2019 et 1er juillet 2022 à la suite de refus de séjour. Par un arrêté du 26 juillet 2023, il a fait l'objet d'une nouvelle obligation de quitter le territoire français confirmée par un jugement du 8 août 2023 du tribunal administratif de Nancy. Par un arrêté du 19 novembre 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle l'a assigné à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de 45 jours, renouvelable deux fois assortie d'une obligation de se présenter les mardis et jeudis, y compris les jours fériés, à 9 heures 30, auprès des services de police de Mont-Saint-Martin et de s'astreindre à se maintenir quotidiennement de 6 heures à 9 heures au sein de son domicile. Par l'arrêté contesté du 26 décembre 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle a renouvelé la mesure d'assignation à résidence ainsi que les obligations de présentations à la charge de M. A selon les mêmes modalités que celles arrêtés dans sa décision du 19 novembre 2024, pendant une durée de quarante-cinq jours.

Sur les conclusions d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; ()". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée ".

3. En premier lieu, la décision contestée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

4. En second lieu, M. A fait l'objet d'une mesure l'éloignement prise à son encontre depuis moins de trois ans. Par suite, alors que le recours formé contre cette décision a été rejeté par le tribunal administratif de Nancy, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète de Meurthe-et-Moselle ne justifie pas de perspective raisonnable d'éloignement.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de Meurthe-et-Moselle

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 janvier 2025.

Le magistrat désigné

F. Durand

La greffière,

F. Levaudel

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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