mardi 6 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2500036 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | CAGLAR |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 janvier et 26 mars 2025 sous le n° 2500035, Mme D B épouse A, représentée par Me Caglar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale " et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, au besoin sous astreinte, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Caglar, avocate de Mme B, de la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il méconnaît les articles 3-1 et 9 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les articles L. 423-23 et R. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par exception d'illégalité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les articles L. 423-23 et R. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par exception d'illégalité ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mars 2025, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 novembre 2024.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 janvier et 26 mars 2025 sous le n° 2500036, M. C A, représenté par Me Caglar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale " et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, au besoin sous astreinte, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Caglar, avocate de M. A, de la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il méconnaît les articles 3-1 et 9 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les articles L. 423-23 et R. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par exception d'illégalité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les articles L. 423-23 et R. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par exception d'illégalité ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mars 2025, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bastian, conseiller,
- et les observations de Me Caglar, avocate de Mme B et de M. A.
La préfète de Meurthe-et-Moselle n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante albanaise née le 6 mai 1988, et M. A, ressortissant albanais né le 24 septembre 1980, sont entrés en France, selon leurs déclarations, le 16 juillet 2016, accompagnés de leur fille mineure. Ils ont sollicité le 1er février 2024 leur admission exceptionnelle au séjour au titre du travail. Par des arrêtés du 7 octobre 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de les admettre au séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés. Par des requêtes nos 2500035 et 2500036 qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, Mme B et M. A demandent l'annulation de ces arrêtés.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, les arrêtés attaqués comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, ils sont suffisamment motivés.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes des arrêtés attaqués ni des autres pièces des dossiers que la préfète n'aurait pas procédé à un examen complet et attentif de la situation des requérants. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen de leur situation doivent être écartés.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 9 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Les États parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation est nécessaire dans l'intérêt supérieur de l'enfant. Une décision en ce sens peut être nécessaire dans certains cas particuliers, par exemple lorsque les parents maltraitent ou négligent l'enfant, ou lorsqu'ils vivent séparément et qu'une décision doit être prise au sujet du lieu de résidence de l'enfant. () ". Ces stipulations créant seulement des obligations entre Etats, sans ouvrir de droits aux intéressés, Mme B et M. A ne peuvent utilement s'en prévaloir.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
6. Mme B et M. A se prévalent de la durée de présence en France de leur fille, arrivée en 2016, qui a respectivement vécu cinq ans en Albanie et huit années sur le territoire français. Il ressort des pièces du dossier qu'elle est scolarisée au moins depuis l'année scolaire 2017/2018 et était, à la date de la décision attaquée, inscrite en classe de 4ème. Toutefois, si les intéressés allèguent que leur fille suit une scolarité exemplaire et assidue et qu'elle obtient de très bons résultats, ils se bornent à produire deux bulletins scolaires, sur une période de plus de six ans de scolarité, le second bulletin étant au demeurant postérieur à la décision contestée. Dans ces conditions, les requérants n'établissent pas, au vu des pièces qu'ils produisent, la scolarité exemplaire et assidue de leur fille. En outre, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la poursuite de sa scolarité serait impossible en Albanie, pays dans lequel elle a vécu les cinq premières années de sa vie. Enfin, la participation de leur fille à des activités extrascolaires en 2019/2020, 2020/2021 et en 2024 ne permet pas d'établir que son intérêt supérieur serait de demeurer sur le territoire français. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations citées au point précédent doivent être écartés.
Sur les décisions portant refus de titre de séjour :
7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ". Il appartient à l'autorité administrative, en application de ces dispositions, de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention "vie privée et familiale" répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail, ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là-même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
8. D'une part, il ressort des pièces des dossiers que Mme B et M. A résident en France depuis huit ans à la date de la décision attaquée. Leur fille est scolarisée depuis au moins 2017 en France, où elle a vécu la majeure partie de sa vie. Ils ont en outre suivi des cours de français pendant deux ans et participent à des activités bénévoles, notamment par la confection de masques en tissu pendant la crise sanitaire et lors de manifestations des Restos du Cœur. S'ils soutiennent avoir tissé des liens amicaux sur le territoire français, les attestations produites ne permettent pas d'établir l'intensité des liens allégués. Dès lors, et alors qu'ils ne soutiennent pas maintenir de contacts avec d'autres membres de leur famille en France, ils ne disposent pas d'autres liens que leur cellule familiale. Enfin, s'ils soutiennent avoir quitté l'Albanie en raison des violences exercées par la famille de M. A sur Mme B, les attestations qu'ils produisent ne permettent pas d'établir le caractère réel et actuel, à la date de la décision attaquée, des risques encourus. Dans ces conditions, les intéressés ne justifient pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels de nature à justifier leur admission exceptionnelle au séjour au titre de leur vie privée et familiale.
9. D'autre part, Mme B produit deux promesses d'embauche, pour des emplois en qualité d'aide-ménagère à temps partiel et de serveuse à temps complet. M. A produit quant à lui un contrat à durée indéterminée à temps complet en qualité de plaquiste polyvalent, pour lequel son employeur a rempli une demande d'autorisation de travail. Toutefois, ces seuls éléments, associés à la durée de présence des intéressés en France, ne sauraient suffire à attester des motifs exceptionnels exigés par la loi.
10. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que Mme B et M. A ne sont pas fondés à soutenir que la préfète aurait entaché ses décisions d'erreurs manifestes d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. () " Aux termes de l'article R. 423-5 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 423-23, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de la vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier : / 1° La réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France ; / 2° La justification de ses attaches familiales dans son pays d'origine ; / 3° La justification de ses conditions d'existence en France ; / 4° La justification de son insertion dans la société française appréciée notamment au regard de sa connaissance des valeurs de la République et, dans les conditions prévues aux articles L. 412-7 et suivants, de son engagement à respecter ses principes. " Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
12. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, Mme B et M. A ne disposent pas de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser leur séjour porterait à leur droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions et stipulations citées au point précédent doivent être écartés.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que Mme B et M. A ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour. Par suite, les moyens tirés de ce que l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français s'imposerait en raison de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour doivent être écartés.
14. En deuxième lieu, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la méconnaissance des articles L. 423-23 et R. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont inopérants à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français. Ils ne peuvent donc qu'être écartés.
15. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 8 et 12, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
Sur les décisions fixant le pays de destination :
16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme B et M. A ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, les moyens tirés de ce que l'annulation des décisions fixant le pays de destination s'imposerait en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français doivent être écartés.
17. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
18. Il ressort de plusieurs attestations produites par les intéressés que ceux-ci ont quitté l'Albanie en 2016 en raison de violences commises par la famille de M. A sur Mme B. Toutefois, ces attestations ont été rédigées au plus tard en 2018. Or, il ne ressort d'aucune pièce des dossiers que le risque de violence était, à la date de la décision attaquée, encore actuel. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations citées au point précédent doivent être écartés.
19. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B et M. A ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 7 octobre 2024 par lesquels la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de leur délivrer des titres de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés. Par suite, leurs requêtes doivent être rejetées, y compris leurs conclusions à fin d'injonction sous astreintes et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme B et M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B épouse A, à M. C A, à Me Caglar et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience du 10 avril 2025, à laquelle siégeaient :
- Mme Samson-Dye, présidente,
- M. Bastian, conseiller,
- Mme Philis, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2025.
Le rapporteur,
P. Bastian
La présidente,
A. Samson-Dye
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2500035, 2500036
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026