mercredi 12 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2500201 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AARPI GARTNER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Vallas, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 21 novembre 2024 par laquelle le maire de la commune de Thaon-les-Vosges a retiré le permis de construire qui lui avait été accordé par un arrêté en date du 12 août 2024 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Thaon-les-Vosges le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'exécution de la décision est de nature à entraîner un préjudice matériel et moral important ; qu'elle a pour effet d'interrompre le chantier qui avait débuté ; que le gros-œuvre n'est pas hors d'eau ; qu'il est actuellement obligé de vivre dans une caravane avec sa compagne et son fils âgé de cinq ans ; que ses ressources sont limitées aux minima sociaux ; qu'ainsi il justifie d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à ses intérêts ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que le délai de trois mois prévu par les dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme n'a pas été respecté.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2025, la commune de Thaon-les-Vosges, représentée par Me Zoubeidi-Defert, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;
- aucun moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée n'est soulevé par le requérant.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête aux fins d'annulation enregistrée le 21 janvier 2025 sous le n° 2500200 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Coudert, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 février 2025 à 10h00 :
- le rapport de M. Coudert,
- les observations de Me Woerlen, substituant Me Vallas, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens,
- et les observations de Me Zoubeidi-Defert, représentant la commune de Thaon-les-Vosges, qui conclut aux mêmes fins que son mémoire en défense par les mêmes moyens.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10h10.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté en date du 12 août 2024, le maire de la commune de Thaon-les-Vosges a accordé à M. A un permis de construire en vue de l'édification d'une maison d'habitation d'une surface de plancher de 86,11 m2 sur un terrain situé rue de Lorraine. Par arrêté du 21 novembre 2024, le maire de la commune a retiré ce permis de construire. Par la présente requête M. A demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision de retrait.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de la décision litigieuse sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de cette décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Lorsque le juge des référés est saisi d'une demande de suspension d'une décision portant retrait de permis de construire, il lui appartient d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets du retrait de permis litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, en tenant compte, notamment, des conséquences qui seraient susceptibles de résulter, pour les divers intérêts en présence, de la reprise des travaux de construction.
5. D'une part, il résulte de l'instruction que les travaux autorisés par le permis de construire délivré le 12 août 2024 ont débuté et que le gros œuvre n'est pas hors d'eau. Par ailleurs, M. A soutient sans être contredit qu'il réside actuellement, avec sa compagne et son fils âgé de cinq ans, dans une caravane. Il résulte de ces circonstances que l'exécution immédiate du retrait du permis de construire, en raison du retard apporté à l'opération, préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la situation du requérant. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que la reprise des travaux porterait une atteinte grave à un intérêt public ou à l'intérêt de tiers. Ainsi, la condition d'urgence prévue par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie en l'espèce.
6. D'autre part, le moyen tiré de ce que le maire de Thaon-les-Vosges ne pouvait légalement retirer, plus de trois mois après la date de sa délivrance, le permis de construire dont M. A était titulaire est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision du 21 novembre 2024 par laquelle le maire de la commune de Thaon-les-Vosges a retiré le permis de construire qui lui avait été accordé le 12 août 2024 jusqu'au jugement de la requête au fond.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Thaon-les-Vosges une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Thaon-les-Vosges demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 21 novembre 2024 par laquelle le maire de la commune de Thaon-les-Vosges a retiré le permis de construire accordé à M. A le 12 août 2024 est suspendue jusqu'au jugement de la requête au fond.
Article 2 : La commune de Thaon-les-Vosges versera à M. A une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Thaon-les-Vosges au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la commune de Thaon-les-Vosges.
Copie en sera transmise, pour information, à la préfète des Vosges.
Fait à Nancy, le 12 février 2025.
Le juge des référés,
B. Coudert
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026