mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2500220 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | GEHIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 janvier 2025, M. B C, représenté par Me Géhin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2025 par lequel la préfète des Vosges l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa demande n'est pas tardive ;
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé en droit et en fait ;
- il est illégal en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire, qui est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en l'absence de perspective raisonnable d'éloignement ;
- il méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 janvier 2025, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Samson-Dye, vice-présidente, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Samson-Dye ;
- les observations de M. C, qui fait valoir qu'il ne souhaite pas être reconduit en Russie, où il sera traité comme un déserteur, que sa famille encourt le risque d'être séparée, qu'ils ont mis en œuvre des efforts d'intégration et ont sollicité leur régularisation.
La préfète des Vosges n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 25 mai 2023, la préfète des Vosges a obligé M. C, ressortissant russe, à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, avec désignation du pays de renvoi, un arrêté équivalent ayant été pris le même jour à l'encontre de son épouse, de nationalité arménienne. Le tribunal a rejeté les recours présentés par les intéressés contre ces arrêtés du 25 mai 2023 par un jugement du 3 août 2023. Par un arrêté du 16 janvier 2025, la préfète des Vosges a assigné à résidence M. C pour une durée de quarante-cinq jours. M. C demande l'annulation de ce dernier arrêté.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu, en application des dispositions précitées, d'admettre provisoirement M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
4. En premier lieu, la décision attaquée est signée par Mme F D, adjointe à la cheffe du bureau des migrations et de l'intégration. La préfète des Vosges lui a, par un arrêté du 29 aout 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, délégué sa signature à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme A E, cheffe du bureau des migrations et de l'intégration, notamment les décisions en matière d'assignation à résidence des étrangers. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit, dès lors, être écarté.
5. En deuxième lieu, la décision assignant M. C à résidence vise, notamment, les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'intéressé n'a pas satisfait à son obligation d'exécuter la décision d'obligation de quitter le territoire français du 25 mai 2023, dans le délai de départ volontaire qui lui était imparti. Elle mentionne en outre que si M. C ne peut quitter immédiatement le territoire français, son éloignement demeure une perspective raisonnable. Elle précise enfin que le requérant déclare vouloir demeurer en France auprès de son épouse, de sorte qu'il existe un risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement précitée. La décision contestée comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
6. En troisième lieu, le requérant soutient que l'assignation à résidence méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en raison des risques qu'il encourt en cas de retour en Russie. Toutefois, ce moyen est inopérant à l'encontre de l'assignation à résidence, qui ne désigne pas le pays de renvoi.
7. En quatrième lieu, M. C entend exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français du 25 mai 2023. Cependant, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette mesure d'éloignement porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elle serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors que son épouse est également en situation irrégulière et qu'ils ne résident en France que depuis 2018 avec leurs enfants, sans justifier d'une insertion particulièrement caractérisée. L'exception d'illégalité doit donc être écartée, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de ce moyen.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ".
9. M. C fait valoir qu'il n'a pas la même nationalité que son épouse et que son éloignement ne peut être organisé qu'à destination d'un pays où ils seraient tous deux admissibles, avec leurs enfants. Toutefois, il ne saurait être déduit de ces circonstances que son éloignement ne présente pas le caractère d'une perspective raisonnable. Ses allégations selon lesquelles son éloignement ne pourrait être mis à exécution d'office à destination de la Russie au regard des relations franco-russes ne sont pas assorties d'éléments de nature à en confirmer le bien-fondé. Dès lors, l'assignation à résidence ne méconnaît pas les dispositions citées au point précédent.
10. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 janvier 2025 portant assignation à résidence, de sorte que sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la préfète des Vosges et à Me Géhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
La magistrate désignée,
A. Samson-Dye
La greffière
F. Levaudel
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026