LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2500279

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2500279

lundi 3 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2500279
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantSELARL CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nancy a examiné la requête de Mme A, ressortissante algérienne, contestant un arrêté du préfet du Nord du 23 janvier 2025 portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, interdiction de retour et placement en rétention. Le tribunal a rejeté les conclusions contre le placement en rétention, estimant que seul le juge judiciaire est compétent pour en connaître. En revanche, il a annulé l'obligation de quitter le territoire français, le refus de délai de départ volontaire et l'interdiction de retour, au motif que la décision méconnaissait l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de la vie familiale de Mme A avec son compagnon en situation régulière et de sa grossesse.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 janvier 2025 auprès du tribunal administratif de Lille, Mme C A, retenue au centre de rétention administratif de Metz, représentée par Me Abbas, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2025 du préfet du Nord portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, interdiction de retour pour une durée d'une année et placement en rétention ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il est entaché de défaut de base légale dès lors qu'il ne vise pas l'accord franco-algérien, au regard duquel l'administration devait s'interroger sur son droit au séjour ;

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'interdiction de retour doit être annulée au regard de sa vie privée et familiale et de l'absence de risque pour l'ordre public ;

- elle justifie d'une adresse, d'une vie privée et familiale et a remis son passeport aux autorités, de sorte qu'elle devait se voir accorder un délai de départ volontaire ;

- son placement en rétention doit être annulé en l'absence de danger pour l'ordre public, de risque de fuite et de précédente mesure d'éloignement, et alors qu'elle justifie d'une adresse stable et a remis son passeport.

Par une ordonnance du 28 janvier 2025, le président du tribunal administratif de Lille a transmis la requête de Mme A au tribunal administratif de Nancy.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2025 à 13h02, le préfet du Nord, représenté par Me Rannou, de la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Samson-Dye, vice-présidente, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Samson-Dye, qui a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur les conclusions dirigées contre la décision portant placement en rétention ;

- les observations de Me A, assistée de Mme B, interprète en langue arabe, qui fait valoir qu'elle ne souhaite pas retourner dans son pays d'origine, qu'elle est menacée par sa famille qui voulait la contraindre à un mariage forcé, qu'elle ne représente pas de menace pour l'ordre public, qu'elle suit des cours auprès d'une association, qu'elle vit avec son compagnon qui est en situation régulière, qu'elle est enceinte de ce dernier, qu'il s'agit de sa première grossesse et qu'un retour en Algérie l'expose à un risque de violence de la part des membres de sa famille, en lien avec cette grossesse.

Le préfet du Nord n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante algérienne née le 18 février 1982, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2025 pris à son encontre par le préfet du Nord et portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, interdiction de retour pour une durée d'une année et placement en rétention.

Sur les conclusions dirigées contre le placement en rétention :

2. Aux termes de l'article L. 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision de placement en rétention peut la contester devant le magistrat du siège du tribunal judiciaire, dans un délai de quatre jours à compter de sa notification. () ".

3. Il résulte de ces dispositions que le magistrat du siège du tribunal judiciaire est seul compétent pour connaître des décisions de placement en rétention. Par suite les conclusions de Mme A contre la décision la plaçant en rétention administrative ne peuvent qu'être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Sur les conclusions dirigées contre les autres décisions attaquées :

4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

5. Si la vie privée en France de Mme A est récente, puisqu'elle est y entrée en juillet 2024, il ressort néanmoins des pièces du dossier qu'elle vit maritalement avec un compatriote, titulaire d'un certificat de résidence de dix ans. Ce dernier réside en France depuis au moins le mois de juillet 2019, au regard des mentions portées sur ses bulletins de salaire. Mme A, âgée de 42 ans, est enceinte de son premier enfant à la date de l'arrêté litigieux. Dans les circonstances particulières de l'espèce, Mme A est fondée à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet du Nord a méconnu les stipulations citées au point précédent.

6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 23 janvier 2025 du préfet du Nord doit être annulé en tant qu'il oblige Mme A à quitter le territoire français. Par voie de conséquence, cet arrêté doit également être annulé en tant qu'il porte refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour pour une durée d'une année.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".

8. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, en application des dispositions précitées, qu'une autorisation provisoire de séjour soit délivrée à la requérante jusqu'à ce qu'il soit de nouveau statué sur sa situation. Il y a dès lors lieu d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation, respectivement dans les délais de huit jours et de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

9. En second lieu, aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ". Aux termes de l'article R. 613-7 du même code : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement ". Et aux termes de l'article 7 du décret du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées : " Les données à caractère personnel et informations enregistrées dans le fichier sont conservées jusqu'à l'aboutissement de la recherche ou l'extinction du motif de l'inscription. ().

10. L'exécution du présent jugement implique également, en application des dispositions précitées, la suppression du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Il y a dès lors lieu d'enjoindre au préfet du Nord de faire procéder à cette suppression dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant placement en rétention administrative sont rejetées comme portées devant un ordre juridictionnel incompétent.

Article 2 : L'arrêté du 23 janvier 2025 du préfet du Nord est annulé en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour pour une durée d'une année à l'encontre de Mme A.

Article 3 : Il est enjoint au préfet du Nord de délivrer une autorisation provisoire de séjour à Mme A dans le délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement, et, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de réexaminer sa situation et de mettre en œuvre la procédure d'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2025.

La magistrate désignée,

A. Samson-Dye

La greffière

F. Levaudel

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions