mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2500283 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 janvier 2025 à 13 heures 37, Mme E C, placée au centre de rétention administrative de Metz, demande au tribunal :
1°) de désigner un avocat commis d'office et un interprète en langue arabe ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2025 en tant que le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Elle soutient que :
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
- ces décisions sont entachées d'incompétence ;
- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation ;
- elles n'ont pas été notifiées dans une langue qu'elle comprend ;
Sur le moyen propre à la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
Sur le moyen propre à la décision refusant un délai de départ volontaire :
- cette décision est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'elle ne présente pas un risque de fuite ;
Sur le moyen propre à la décision fixant le pays de destination :
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur le moyen propre à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :
- cette décision est entachée d'erreur d'appréciation quant à sa durée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 février 2025, le préfet du Nord, représenté par Me Rannou, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné, au titre de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Mme Philis, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués pour statuer sur les recours relevant des procédures à juge unique définis au chapitre 1er du titre II du livre IX de ce code.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Philis, magistrate désignée ;
- les observations de Me Ercole, avocate commise d'office, représentant Mme C qui :
* reprend les conclusions et moyens de sa requête et demande également l'admission de Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
* insiste sur le moyen tiré de l'insuffisance de motivation en fait de la décision portant obligation de quitter le territoire français, sur l'atteinte portée au droit au respect de la vie privée et familiale, tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, sur la méconnaissance de l'article 3 de cette même convention au regard des risques encourus en cas de renvoi en Tunisie, sur l'erreur d'appréciation entachant l'interdiction de retour sur le territoire français au regard de sa durée, ainsi que sur l'erreur d'appréciation entachant la décision portant refus de lui accorder un délai de départ volontaire au regard des dispositions du 4° et du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* soutient que les décisions attaquées sont entachées d'un défaut d'examen complet de la situation de Mme C ;
* soulève, en ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un, un moyen tiré de l'erreur d'appréciation quant à l'existence de circonstances humanitaires, une telle mesure faisant obstacle à son droit d'assister à son procès pénal ;
* soulève, en ce qui concerne la décision fixant le pays de destination, un moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* précise que Mme C justifie de son intégration par le travail, une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée, les démarches entreprises pour bénéficier de l'aide médicale d'Etat, la maîtrise de notions de français et son engagement associatif ;
* ajoute qu'elle dispose d'attaches familiales et amicales en France, notamment de la présence d'un cousin en situation régulière qui l'héberge de manière stable et pour une durée indéfinie ;
* indique que son compagnon, un compatriote, vit seul à Douai et qu'elle lui rend visite ; son audition par les services de police est faussée dès lors que ses intérêts personnels ne sont pas à Douai ;
* ajoute que si ses parents résident dans son pays d'origine, elle sera isolée en cas de retour en Tunisie dès lors qu'elle a subi des violences commises par son père et qu'elle aurait entrepris des démarches au titre de l'asile ;
- et les observations de Mme C, assistée d'une interprète en langue arabe, qui se prévaut de son intégration et de ses liens familiaux en France, ainsi que des risques de violence qu'elle encourt en cas de retour dans son pays d'origine.
Le préfet du Nord n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante tunisienne née le 6 décembre 1996, est entrée en France, selon ses déclarations, le 30 décembre 2023 munie d'un visa de court séjour valable jusqu'au 8 février 2024 pour une durée de séjour autorisée de 90 jours. Le 27 janvier 2025, elle a été interpellée par les services de police pour des faits de violences conjugales. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2025 en tant que le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur la demande de désignation d'un avocat commis d'office et d'un interprète :
2. Mme C, placée en rétention administrative lors de l'introduction de sa requête, a présenté celle-ci sans ministère d'avocat et a été assistée à l'audience par Me Ercole, avocate commise d'office désignée par le bâtonnier du barreau de Nancy, et par une interprète en langue arabe, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande de désignation d'un avocat commis d'office et d'un interprète.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
4. En raison de l'urgence et alors qu'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu, en application des dispositions précitées, d'admettre provisoirement Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
5. En premier lieu, par un arrêté du 6 décembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Nord le même jour, le préfet du Nord a donné délégation à Mme F A, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer notamment les décisions attaquées. Dans ces conditions, Mme A était compétente pour signer ces décisions. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
7. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressée, notamment au regard de sa vie privée et familiale et des risques encourus en cas de retour en Tunisie. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'absence d'examen complet de sa situation doit être écarté.
8. En quatrième lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur sa légalité. La requérante ne peut utilement soutenir que les décisions attaquées n'auraient pas été notifiées dans une langue qu'elle comprend. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne le moyen propre à la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, entrée récemment en France, a entretenu une relation conjugale ponctuée de violences avec un compatriote. Par ailleurs, elle ne justifie pas disposer sur le territoire français de liens d'une intensité et ancienneté particulières. En outre, elle n'est pas isolée dans son pays d'origine, le caractère conflictuel de sa relation avec ses parents résidant en Tunisie, ainsi que les violences dont son père serait l'auteur, n'étant pas établis. Dans ces conditions, et en dépit des efforts d'intégration dont elle se prévaut, Mme C n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Nord aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, au regard des buts en vue desquels la mesure d'éloignement a été prise.
En ce qui concerne le moyen propre à la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire :
11. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "
12. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, entrée en France munie d'un visa de court séjour, s'est maintenue sur le territoire français au-delà de la validité de son visa sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Mme C ne justifie pas davantage, par les pièces qu'elle produit, des garanties de représentation suffisantes. Dans ces conditions, le préfet du Nord a pu légalement fonder sa décision sur les dispositions combinées du 3° de l'article L. 612-2 et celles du 2° et du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ces motifs étant suffisants pour justifier le refus de délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen propre à la décision fixant le pays de destination :
13. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "
14. Mme C ne produit aucun élément de nature à établir la réalité et le caractère personnel des risques qu'elle encourt en cas de retour dans son pays d'origine. Elle ne justifie pas, en particulier, de démarches qu'elle aurait entreprises en France au titre de l'asile. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent être écartés.
En ce qui concerne le moyen propre à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :
15. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
16. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, le préfet assortit, en principe et sauf circonstances humanitaires, l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour. La durée de cette interdiction doit être déterminée en tenant compte des critères tenant à la durée de présence en France, à la nature et l'ancienneté des liens de l'intéressé avec la France, à l'existence de précédentes mesures d'éloignement et à la menace pour l'ordre public représentée par la présence en France de l'intéressé.
17. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'aucun délai de départ volontaire n'ayant été accordé à Mme C pour exécuter l'obligation de quitter le territoire français dont elle a fait l'objet le 27 janvier 2025, seules des circonstances humanitaires étaient de nature à faire obstacle au prononcé de l'interdiction de retour sur le territoire français en litige. En l'espèce, ni la situation personnelle de l'intéressée, ni la circonstance tirée de ce qu'elle fait l'objet d'une convocation devant une juridiction pénale, ne sauraient constituer des circonstances humanitaires au sens des dispositions citées au point 15.
18. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 10, Mme C, entrée récemment en France, ne justifie pas de liens personnels et familiaux sur le territoire d'une particulière intensité. Dans ces conditions, même en l'absence de menace pour l'ordre public ou de précédentes mesures d'éloignement, le préfet du Nord n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en prononçant à l'encontre de Mme C une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
19. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation quant à l'existence de circonstances humanitaires et à la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il n'y plus lieu de statuer sur la demande de Mme C tendant à la désignation d'un avocat commis d'office et d'un interprète.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C, Me Ercole et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
La magistrate désignée,
L. Philis
La greffière
M. D
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026