vendredi 7 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2500285 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | CHAMPY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 janvier 2025, Mme D B, représentée par Me Champy, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 janvier 2025 par lequel le préfet de la Région Grand-Est, préfet du Bas-Rhin a prononcé son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'annuler l'arrêté du 6 janvier 2025 par lequel le préfet de la Région Grand-Est, préfet du Bas-Rhin l'a assignée à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours avec obligation de se présenter les mardis et jeudis, hors jours fériés, entre 9 heures et 11 heures à l'hôtel de police de Nancy ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Région Grand-Est, préfet du Bas-Rhin de l'autoriser à déposer une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant transfert aux autorités espagnoles :
- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie ;
- la décision a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- il n'est pas établi que la décision ait été précédée de la délivrance de l'information prévue par l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 ;
- la décision a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu protégé par le principe général du droit de l'Union européenne découlant de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le préfet ne justifie pas avoir respecté la procédure de prise en charge prévue à l'article 21 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- la décision méconnaît l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- la décision a été prise en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire ;
- la décision doit être annulée en conséquence de l'annulation de la décision de transfert ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen personnel de sa situation ;
- la décision est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 février 2025, le préfet de la Région Grand-Est, préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Grandjean, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, magistrate désignée,
- les observations de Me Champy, représentant Mme B qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, et relève que la sœur de l'intéressée, avec laquelle le lien de filiation est établi par la production de leurs actes d'état civil respectifs, ayant été prise en charge par l'aide sociale à l'enfance et que le juge des enfants ayant été saisi afin qu'elle soit confiée à la requérante en qualité de tiers de confiance, le préfet devait, en application de la clause discrétionnaire du règlement européen, se regarder responsable de l'examen de la demande d'asile de cette dernière afin de ne pas séparer la fratrie ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante guinéenne née le 27 janvier 2005, est entrée en France, selon ses déclarations le 15 septembre 2024 pour y solliciter la reconnaissance de la qualité de réfugié. Lors du dépôt de sa demande auprès du guichet unique de la préfecture de la Moselle le 8 octobre 2024, la consultation du fichier Eurodac a fait ressortir qu'elle avait franchi les frontières espagnoles dans les douze mois précédent sa demande d'asile. Les autorités espagnoles, sollicitées le 30 octobre 2024 ont expressément accepté, le 6 novembre 2024, la prise en charge de l'intéressée sur le fondement de l'article 13-1 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Par un arrêté du 6 janvier 2025, le préfet de la région Grand Est, préfet du Bas-Rhin a décidé de transférer Mme B aux autorités espagnoles responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par une décision du même jour, l'intéressée a été assignée à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle. Par la requête susvisée, Mme B demande au tribunal l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités espagnoles :
4. En premier lieu, l'arrêté du 6 janvier 2025 est signé par Mme A C, cheffe du pôle régional Dublin de la préfecture, à laquelle le préfet de la région Grand Est, préfet du Bas-Rhin a, par un arrêté du 28 octobre 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, délégué sa signature à l'effet de signer notamment la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
5. En deuxième lieu, la requérante, qui a fait l'objet d'une décision de transfert prise en application des dispositions de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut utilement soutenir qu'elle n'a pas été mise en mesure de présenter ses observations, d'avertir un conseil ou la personne de son choix avant l'édiction de la mesure litigieuse en méconnaissance des dispositions de l'article L. 621-1 de ce code. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Il résulte, toutefois, également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
7. En l'espèce, Mme B a bénéficié le 8 octobre 2024 d'un entretien individuel auprès d'un agent de la préfecture avant l'édiction de la décision attaquée, au cours duquel elle a pu faire valoir ses observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu, tel que protégé par le principe général du droit de l'Union européenne découlant de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement (). / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. / 3. La commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune ainsi qu'une brochure spécifique pour les mineurs non accompagnés, contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac. () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application de ce règlement doit se voir remettre, dès le début de la procédure, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 précité. Eu égard à leur nature, la délivrance de ces informations constitue une garantie pour le demandeur d'asile.
9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme B a attesté par sa signature s'être vue remettre, le 8 octobre 2024, date de sa demande d'asile, par les services de la préfecture de la Moselle les brochures, intitulées " A. J'ai demandé l'asile dans l'UE - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et " B. Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " ainsi que le guide du demandeur d'asile, en langue française qu'elle a déclaré comprendre. Ces documents constituent la brochure commune visée au paragraphe 3 précité de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 et ont ainsi permis à la requérante de bénéficier d'une information complète sur l'application de ce règlement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 doit être écarté.
10. En cinquième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
11. En sixième lieu, le préfet de la région Grand Est, préfet du Bas-Rhin justifie d'une part, de l'obtention de l'accord des autorités espagnoles du 6 novembre 2024 et, d'autre part, de ce que la requérante avait été accueillie en Espagne où ses empreintes ont été relevées le 21 mai 2024, soit moins de douze mois avant qu'elle n'entre sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré du non-respect de la procédure de prise en charge doit être écarté.
12. En dernier lieu, Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ". La faculté laissée à chaque État membre, par l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 précité, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".
13. Mme B soutient que la décision ordonnant son transfert aux autorités espagnoles aura pour effet de la séparer de sa sœur mineure également présente en France. Il ressort des pièces du dossier que la jeune née le 27 mars 2016, que la requérante présente comme sa sœur de manière crédible compte tenu notamment des mentions figurant sur leurs actes d'état civil respectifs, a été confiée au service de l'aide sociale à l'enfance du département de Meurthe-et-Moselle par une ordonnance du procureur de la République du 18 septembre 2024 et que le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Nancy en a confié la tutelle au président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle par un jugement du 26 septembre 2024. Toutefois, aucune des pièces du dossier n'établit les circonstances dans lesquelles la sœur de la requérante est entrée en France et a été confiée à l'aide sociale à l'enfance, ni n'atteste de l'intensité de leurs liens, que ce soit dans leur pays d'origine ou depuis leur arrivée sur le territoire français, l'allégation selon laquelle la requérante aurait sollicité du juge des enfants afin que sa sœur lui soit confiée n'étant par ailleurs corroborée par aucun élément. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la région Grand Est, préfet du Bas-Rhin aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'application de la clause discrétionnaire prévue aux dispositions précitées.
14. Si la requérante soutient qu'elle risque, en cas de transfert vers l'Espagne, d'être éloignée vers son pays d'origine, elle ne produit aucun élément de nature à démontrer que les autorités espagnoles ne seraient pas en mesure de traiter sa demande d'asile dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile ni que ces autorités n'évalueront pas, avant de procéder à un éventuel éloignement de l'intéressée, les risques auxquels elle serait exposée en cas de retour en Guinée. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
15. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé par Mme A C, cheffe du pôle régional Dublin de la préfecture, à laquelle le préfet de la région Grand Est, préfet du Bas-Rhin a, par un arrêté du 28 octobre 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, délégué sa signature à l'effet de signer notamment la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
16. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la requérante a été entendue au cours de l'entretien individuel qui s'est tenu dans le cadre de l'enregistrement de sa demande d'asile et a, ainsi, été mise à même de porter à la connaissance de l'administration les éléments relatifs à sa situation. Par ailleurs, elle ne précise pas la nature des informations tenant à sa situation personnelle qu'elle aurait été empêchée de porter à la connaissance du préfet avant l'édiction de la décision d'assignation à résidence attaquée, et qui, si ces informations avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à cette mesure. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
17. En troisième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
18. En quatrième lieu, pour les motifs précédemment exposés, il n'est pas établi que la décision ordonnant le transfert de Mme B serait illégale. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision l'assignant à résidence doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision de transfert.
19. En cinquième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de la requérante avant de prendre la décision en litige. Par suite ce moyen doit être écarté.
20. En dernier lieu, en se bornant à soutenir qu'elle est enceinte, sans que cet état ne ressorte d'ailleurs aucunement des pièces du dossier, Mme B ne démontre pas que la mesure l'obligeant à se présenter deux fois par semaine au commissariat de Nancy présenterait un caractère disproportionné.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par Mme B au bénéfice de son conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, au ministre de l'intérieur et à Me Champy.
Copie du présent jugement sera adressée pour information au préfet de la région Grand Est, préfet du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2025.
La magistrate désignée,
G. GrandjeanLe greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026