vendredi 4 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2501132 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | CORSIGLIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 avril et le 6 juin 2025, M. et Mme C A, agissant tant en leur nom propre qu'en qualité de représentants légaux de leur fils, B, représentés par Me Corsiglia, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 janvier 2025 par lequel le recteur de l'académie de Nancy-Metz a prononcé une sanction d'exclusion définitive du lycée Jeanne d'Arc de Nancy à l'encontre de leur fils, B ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Nancy-Metz de procéder à sa réintégration au sein du lycée Jeanne d'Arc à compter de la rentrée de septembre 2025 ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ni l'avis de la commission académique d'appel, ni le sens de cet avis ne leur ayant été communiqués, ils sont dans l'impossibilité d'apprécier si la composition de cette commission était régulière et fondés à considérer que la décision du recteur est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- les faits commis ne sont pas fautifs ;
- la sanction prononcée est disproportionnée au regard des faits commis.
Par une lettre du 12 mai 2025, M. A a été désigné représentant unique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2025, le recteur de l'académie de Nancy-Metz conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Wolff, rapporteure,
- les conclusions de Mme Marini, rapporteure publique,
- et les observations de Me Corsiglia, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 25 novembre 2024, M. B A, alors scolarisé en classe de 1ère STMG au sein du lycée Jeanne d'Arc de Nancy au titre de l'année 2024/2025, a eu une altercation avec son professeur de mathématiques, qui a conduit à ce qu'une procédure disciplinaire soit engagée à son encontre. Par une décision du 7 décembre 2024, le conseil de discipline lui a infligé une sanction d'exclusion définitive de l'établissement. Par une décision du 17 janvier 2025, le recteur, saisi sur appel de cette décision, a confirmé cette sanction. Par leur requête, M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. Aux termes de l'article R. 511-49 du code de l'éducation : " Toute décision du conseil de discipline de l'établissement ou du conseil de discipline départemental peut être déférée au recteur de l'académie, dans un délai de huit jours à compter de sa notification écrite, soit par le représentant légal de l'élève, ou par ce dernier s'il est majeur, soit par le chef d'établissement. / Le recteur d'académie décide après avis d'une commission académique ".
3. En soutenant qu'ils n'ont pas été en mesure de vérifier la régularité de la composition de la commission académique, sans préciser sur quels points, ni pour quels motifs cette commission aurait, le cas échéant, été irrégulièrement composée, les requérants, à qui il appartenait, s'ils l'estimaient nécessaire, de demander à l'administration la communication des documents relatifs au déroulement de la réunion de la commission académique, n'apportent aucune des précisions permettant au tribunal d'apprécier le bien-fondé de leur moyen.
En ce qui concerne la légalité interne :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'éducation : " Les obligations des élèves consistent dans l'accomplissement des tâches inhérentes à leurs études ; elles incluent l'assiduité et le respect des règles de fonctionnement et de la vie collective des établissements ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Le règlement intérieur, adopté par le conseil d'administration, définit les droits et les devoirs de chacun des membres de la communauté éducative. Il rappelle les règles de civilité et de comportement. Il détermine notamment les modalités selon lesquelles sont mis en application : / () / 4° Les garanties de protection contre toute agression physique ou morale et le devoir qui en découle pour chacun de n'user d'aucune violence ". Enfin, le règlement intérieur du lycée Jeanne d'Arc de Nancy dispose en son point 2. A. 1. que : " Le respect d'autrui et du cadre de vie dans l'établissement ou à ses abords / () - Les brimades, les violences physiques et verbales ou sexuelles (article 222 du code pénal), () constituent des comportements qui, selon leur gravité, font l'objet de sanctions disciplinaires et/ou d'une saisine de l'autorité judiciaire ".
5. D'autre part, aux termes de l'article R. 511-13 du même code : " I.- Dans les collèges et lycées relevant du ministre chargé de l'éducation, les sanctions qui peuvent être prononcées à l'encontre des élèves sont les suivantes : 1° L'avertissement ; 2° Le blâme ; 3° La mesure de responsabilisation ; 4° L'exclusion temporaire de la classe. Pendant l'accomplissement de la sanction, l'élève est accueilli dans l'établissement. La durée de cette exclusion ne peut excéder huit jours ; 5° L'exclusion temporaire de l'établissement ou de l'un de ses services annexes. La durée de cette exclusion ne peut excéder huit jours ; 6° L'exclusion définitive de l'établissement ou de l'un de ses services annexes. /Les sanctions prévues aux 3° à 6° peuvent être assorties du sursis à leur exécution dont les modalités sont définies à l'article R. 511-13-1. () IV.-Sous réserve des dispositions du III, les sanctions, même assorties du sursis à leur exécution, sont inscrites au dossier administratif de l'élève () ".
6. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un élève ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire sont matériellement établis et constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
7. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, lors d'un cours de mathématiques au lycée Jeanne d'Arc de Nancy, le 25 novembre 2024, l'enseignant a rappelé à l'ordre les garçons de la classe alors qu'un élève non identifié avait perturbé le cours par des bruits de bouche. En réponse, l'élève B A a répliqué qu'une élève fille pouvait être à l'origine de ce bruit, ce à quoi l'enseignant a répondu en utilisant l'expression " Et ta sœur ' ". B A s'est alors levé de sa place et s'est approché tout contre son professeur de manière jugée menaçante. Comme ce dernier lui demandait de s'écarter et lui précisait que son comportement lui vaudrait un rendez-vous chez le chef d'établissement, B A a saisi le bras de son professeur en lui disant " viens on y va ". Puis, alors que le professeur se rendait à son bureau pour récupérer ses affaires, B A s'est de nouveau posté à côté de lui en lui disant " viens on sort " et en restant collé à lui, ce qui a conduit l'enseignant à quitter la salle de classe pour la confier à un surveillant. La matérialité de ces faits, qui résulte du récit qu'en a fait l'enseignant, n'est pas contestée par les requérants. En outre, ces derniers ne sont pas fondés à soutenir qu'en indiquant que le comportement de B A aurait été précédé d'un échange " confus ", sans reprendre exactement les termes de la remarque du professeur, la décision contestée est entachée d'une erreur de fait.
8. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède qu'en se levant pour se placer tout contre son professeur et, alors que ce dernier lui indiquait qu'il allait le conduire dans le bureau du chef d'établissement, en lui répliquant " viens on y va " en lui saisissant le bras, M. A a commis des faits d'intimidation, de menaces et d'agression verbale et physique, qui, contrairement à ce soutiennent les requérants, constituent des violences au sens du point 2. A. 1., précité, du règlement intérieur du lycée Jeanne d'Arc. Ces faits de violence reprochés à l'intéressé sont dès lors de ceux qui pouvaient justifier légalement le prononcé d'une sanction disciplinaire à son égard.
9. En dernier lieu, pour contester le choix de la sanction infligée à leur fils, qu'ils estiment disproportionnée, les requérants soutiennent que celui-ci aurait été bouleversé par la phrase " Et ta sœur ' ", qu'il a prise comme une offense envers un membre de sa famille. Toutefois, et alors d'ailleurs qu'il n'est pas établi que l'intéressé aurait présenté ses excuses, verbalement ou par écrit, à son professeur, comme le prétendent les requérants, la circonstance que l'enseignant de B A, en réponse aux perturbations et propos insolents de ce dernier, lui ait fait une remarque que celui-ci a considérée désobligeante ne saurait en aucun cas expliquer l'intimidation, les menaces et l'agression verbale et physique qu'il a dirigées contre son professeur en présence, qui plus est, des autres élèves de la classe. Il ressort en outre des pièces du dossier, que B A a fait l'objet de plusieurs punitions aux mois d'octobre et de novembre 2024 pour avoir perturbé les cours en usant de son téléphone portable ou de son ordinateur et que, parmi les trois attestations produites pour établir son comportement sérieux en classe, deux d'entre elles le décrivent comme dissipé et retardataire. Dans ces conditions, eu égard aux faits reprochés, dont la gravité ne saurait être atténuée par la remarque de l'enseignant, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la sanction d'exclusion définitive prononcée à l'encontre de l'intéressé serait disproportionnée.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. et Mme A à fin d'annulation de la décision du 17 janvier 2025 du recteur de l'académie de Nancy-Metz doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'emporte aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, au titre des frais exposés par M. et Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, pour l'ensemble des requérants, et à la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Copie en sera adressée, pour information, au recteur de l'académie de Nancy-Metz.
Délibéré après l'audience publique du 16 juin 2025 à laquelle siégeaient :
M. Goujon-Fischer, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Wolff, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2025.
La rapporteure,
É. WolffLe président,
J. -F. Goujon-Fischer
Le greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne à la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 250113
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026