mardi 20 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2501439 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | HALIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mai 2025 à 10 heures 54, et un mémoire, enregistré le 20 mai 2025, M. H F, représenté par Me Halil, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 mai 2025 par lequel le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Moselle :
- de faire lever, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, dont il fait l'objet ;
- de mettre fin à sa rétention administrative ;
- de lui restituer son passeport ;
- de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour valable six mois ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- ces décisions sont insuffisamment motivées ;
- l'auteur de ces décisions n'était pas compétent pour les édicter ;
- ces décisions ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de fait sur la justification de son identité et sur le nom de sa mère ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- elle méconnaît l'article 3-1 et l'article 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le préfet a fait une inexacte application du 5° de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que son comportement constituait une menace pour l'ordre public ;
- le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, doublée d'un défaut d'examen attentif de sa situation ;
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
- l'annulation de cette décision s'impose en conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet a fait une inexacte application du 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que son comportement constituait une menace pour l'ordre public ;
- le préfet a fait une inexacte application du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant qu'il existait un risque de fuite ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- l'annulation de cette décision s'impose en conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français ;
- cette décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- l'annulation de cette décision s'impose en conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision refusant un délai de départ volontaire ;
- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la durée de l'interdiction qui lui est faite de revenir sur le territoire français ;
- le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, doublée d'un défaut d'examen attentif de sa situation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 19 et 20 mai 2025, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Goujon-Fischer, vice-président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la procédure.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goujon-Fischer, magistrat désigné,
- les observations de Me Bagard, substituant Me Halil, représentant M. F, et celles de M. F, qui a conclu aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- et les observations de Me Morel, représentant le préfet de la Moselle.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, ressortissant kosovare, né le 14 juin 1991, déclare être entré en France en 2012. Par des décisions de 2013, 2014, 2015 et 2016, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) ont rejeté ses demandes d'asile. Il a fait l'objet d'obligations de quitter le territoire français en 2017, 2019 et 2021, sans y déférer, malgré le rejet des recours formés devant le tribunal administratif et la cour administrative d'appel de Nancy contre les deux premières d'entre elles. Le 6 mai 2025, il a été interpelé et placé en garde à vue pour des faits qualifiés de violences conjugales. Par un arrêté du 9 mai 2025, le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sur le fondement des 1° et 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a refusé le bénéfice d'un délai de départ volontaire, a fixé son pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Placé en rétention administrative, M. F demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président " et aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. F au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé de Mme B A, cheffe du bureau de l'éloignement et de l'asile de la préfecture de la Moselle, à qui le préfet de ce département a donné délégation, par un arrêté DCL n° 2025-A-11 du 28 avril 2025, publié le même jour au recueil des actes administratifs de l'État, à l'effet de signer les décisions relevant des attributions de la direction de l'immigration et de l'intégration, au nombre desquelles figurent celles en litige, en cas d'absence et d'empêchement de M. D G, directeur de l'immigration et de l'intégration, et de M. E C, directeur adjoint, chef du bureau de l'admission au séjour. Il n'est pas établi, ni même allégué que M. G et M. C n'auraient pas été absents ou empêchés. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté contesté, manque en fait.
5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet a entendu faire application, notamment les 1° et 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement desquels il a fait obligation à M. F de quitter le territoire français, ainsi que les articles relatifs aux décisions accessoires à cette mesure d'éloignement. Il fait par ailleurs état de la situation particulière de l'intéressée au regard de ces dispositions et notamment des différents critères énoncés à l'article L. 612-10 du même code, s'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, cet arrêté comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait ainsi à l'obligation de motivation.
6. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le requérant, qui au demeurant s'est exprimé en français au cours de l'audience, ne peut utilement se prévaloir de ce que l'arrêté attaqué ne lui aurait pas été notifié dans une langue qu'il comprend.
En ce qui concerne la légalité interne :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".
8. Il est constant que M. F est entré en France irrégulièrement et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour. Le préfet pouvait légalement, pour ce seul motif, lui faire obligation de quitter le territoire français et il résulte de l'instruction qu'il aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur ce motif. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur dans l'appréciation de la menace à l'ordre public que constituait le comportement de M. F ne peut qu'être écarté.
9. En deuxième lieu, si M. F fait valoir que l'arrêté attaqué met en doute son identité déclarée, alors qu'il a produit un passeport en cours de validité, et qu'il comporte une erreur sur le nom de sa mère, ces mentions sont en tout état de cause sans incidence sur la légalité de cet arrêté et notamment de l'obligation faite à l'intéressé de quitter le territoire français.
10. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. F, qui est entré en France irrégulièrement en 2012, s'y est maintenu malgré le rejet de ses demandes d'asile et le prononcé à son encontre de trois mesures d'éloignement. S'il indique vivre en France avec sa compagne, leurs deux enfants nés en 2011 et 2014, scolarisés, et sa mère, en situation de handicap, qu'il assiste dans les gestes de la vie quotidienne, et que deux de ses frères, ainsi que des neveux, résident régulièrement en France, il est constant que sa compagne, de nationalité serbe, est également en situation irrégulière et il ne ressort des pièces du dossier ni que la vie familiale ne pourrait pas se poursuivre en Serbie, où est né le premier enfant du couple, ou au Kosovo, ni que les deux enfants du couple ne pourraient pas y reprendre une scolarité, ni enfin que le requérant serait seul à pouvoir porter assistance à sa mère. Enfin, il n'est pas établi que M. F, qui fait valoir qu'il souffre d'une pathologie psychiatrique pour laquelle il bénéficie d'un traitement et d'un suivi médical, ne serait pas en mesure d'accéder à une prise en charge médicale adaptée dans son pays d'origine. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions du séjour en France de l'intéressé, l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale, ou à celui de sa compagne et de ses enfants, une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été décidée. Dès lors, elle ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. En quatrième lieu, pour les mêmes raisons que celles exposées au point précédent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation ou méconnaitrait l'intérêt supérieur de ses enfants, protégé par l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Par ailleurs, il ne peut se prévaloir utilement des stipulations de l'article 9 de cette convention internationale, selon lesquelles les Etats parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents, qui créent seulement des obligations entre Etats et alors, au demeurant que la mesure d'éloignement contestée n'implique pas en elle-même, ainsi qu'il a été rappelé, de séparation de la cellule familiale.
S'agissant de la décision refusant le bénéfice d'un délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, M. F n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre le refus de lui accorder un délai de départ volontaire.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".
14. Il est constant que M. F est entré en France irrégulièrement, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et n'a pas été en mesure de présenter un document d'identité ou de voyage en cours de validité. Il entrait ainsi dans les cas, prévus par les dispositions citées ci-dessus, dans lesquels le risque de fuite est présumé et permet à l'autorité préfectorale de refuser le bénéfice d'un délai de départ volontaire. En outre, il ne justifie pas de circonstances particulières de nature à combattre cette présomption. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le refus de lui accorder un délai de départ volontaire serait entaché d'une erreur dans l'appréciation du risque de fuite.
15. Le préfet pouvait légalement prendre la même décision sans se fonder en outre sur la menace à l'ordre public qu'aurait représentée le comportement de M. F et il résulte de l'instruction qu'il aurait pris la même décision en ne retenant pas ce motif. Par suite, le moyen tiré d'une erreur dans l'appréciation de cette menace ne peut qu'être écarté.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
16. En premier lieu, M. F n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.
17. En deuxième lieu, si M. F, dont les demandes d'asile ont été rejetées à plusieurs reprises par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la CNDA, soutient qu'un retour dans son pays d'origine l'exposerait à des traitements prohibés par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'apporte aucun élément de nature à justifier du bien-fondé de telles craintes.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
18. En premier lieu, M. F n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, ni celle de la décision lui refusant un délai de départ volontaire, il n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
20. M. F s'est vu refuser le bénéfice d'un délai de départ volontaire et pouvait dès lors faire l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français. Au regard de la durée et des conditions de son entrée en France, ainsi que de sa situation personnelle et familiale, il ne justifie pas de circonstances humanitaires qui auraient impliqué que l'autorité administrative n'édicte pas cette interdiction de retour, ni n'est fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation en fixant à trois ans la durée de cette interdiction. Le préfet pouvait légalement prendre la même décision sans se fonder sur la menace à l'ordre public qu'aurait représentée le comportement de M. F et il résulte de l'instruction qu'il aurait pris la même décision en ne retenant pas ce motif. Par suite, le moyen tiré d'une erreur dans l'appréciation de cette menace ne peut qu'être écarté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. F, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions présentées à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
22. Les dispositions des articles L. 761 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le conseil de M. F au titre des frais exposés par ce dernier et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1 : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H F, au préfet de la Moselle et à Me Halil.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mai 2025.
Le magistrat désigné,
J.-F. Goujon-Fischer
La greffière,
L. Rémond
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026