mardi 27 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2501557 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GRAVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2025, M. A B, représenté par Me Gravier, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de modifier les mesures ordonnées par l'ordonnance de référé n° 2500312 rendue le 31 janvier 2025, en enjoignant à la préfète de Meurthe-et-Moselle, d'une part, de réexaminer sa situation administrative dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard et, d'autre part, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, avec autorisation de travail, immédiatement à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que depuis l'intervention de l'ordonnance du 31 janvier 2025, la préfète de Meurthe-et-Moselle n'a pas réexaminé sa situation administrative et n'a ainsi pas exécuté la décision de justice ; que la saisine du juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative est ainsi justifiée.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mai 2025, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir :
- sur l'injonction de délivrer un document provisoire de séjour : que M. B dispose d'ores et déjà d'une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 25 août 2025 ; qu'il ne démontre pas en quoi cette autorisation provisoire de séjour trouble ses conditions d'existence ;
- sur l'injonction de réexaminer sa situation : qu'en l'état la préfecture n'est pas en mesure de déterminer l'identité exacte du requérant et qu'aucune suite favorable ne pourra en conséquence être donnée à sa demande.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nancy n° 2500312 du 31 janvier 2025 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Coudert, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 mai 2025 à 9h30 :
- le rapport de M. Coudert, juge des référés,
- les observations de Me Gravier, représentant M. B, également présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, en faisant valoir que sa requête ne présente pas un caractère dilatoire et tend à obtenir l'exécution d'une décision de justice ; que l'expertise documentaire dont l'administration se prévaut n'a aucune valeur dès lors qu'elle se fonde sur le cliché illisible d'une copie de document ; qu'en tout état de cause l'administration ne renverse pas la présomption de validité de ses actes d'état-civil ; qu'il n'a pas été poursuivi pour faux ; qu'il est en droit de se voir délivrer un titre de séjour dès lors que sa fille a le statut de réfugié ; que l'autorisation de travailler qui est sollicitée est nécessaire pour lui permettre de s'intégrer.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10h00.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant sierraléonais né le 10 mai 1991 et arrivé irrégulièrement sur le territoire français en 2013, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour sur ce territoire pendant une durée d'un an par un arrêté du préfet de la Moselle du 7 novembre 2022. Interpelé par les services de la police aux frontières de Thionville, M. B a été placé en rétention administrative en vue de son éloignement vers son pays d'origine par une décision du préfet de la Moselle du 3 janvier 2025. Par une ordonnance n° 2500312 du 31 janvier 2025, la juge des référés du tribunal administratif a suspendu l'exécution de l'arrêté du préfet de la Moselle du 7 novembre 2022 jusqu'au réexamen par le préfet compétent de la situation de M. B et a enjoint à l'administration d'y procéder dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance et, pendant ce réexamen, de l'autoriser à séjourner régulièrement en France.
2. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de modifier les mesures ordonnées par l'ordonnance du 31 janvier 2025, en enjoignant à la préfète de Meurthe-et-Moselle, territorialement compétente, d'une part, de réexaminer sa situation administrative dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard et, d'autre part, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, avec autorisation de travail, immédiatement à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.
Sur les conclusions aux fins d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président " et aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
4. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées par M. B au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
6. Si l'exécution d'une ordonnance prononçant la suspension d'une décision administrative peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du même code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure de suspension demeurée sans effet par une injonction et une astreinte destinée à en assurer l'exécution.
7. D'une part, il est constant que la préfète de Meurthe-et-Moselle n'a pas procédé au réexamen de la situation administrative de M. B dans le délai d'un mois qui lui était imparti par l'ordonnance du 31 janvier 2025. Si la préfète de Meurthe-et-Moselle fait valoir dans ses écritures en défense qu'il existerait un doute quant à l'authenticité des actes d'état-civil produits par le requérant, cette circonstance ne faisait pas obstacle à ce que l'autorité administrative statue sur le droit au séjour de l'intéressé. Dans ces conditions, M. B est fondé à demander qu'il soit enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de procéder à ce réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
8. D'autre part, s'il est constant que la préfète de Meurthe-et-Moselle a délivré à M. B, en exécution de l'ordonnance du 31 janvier 2025, un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 25 août 2025, ce document ne l'autorise pas à travailler. Il résulte toutefois des écritures de M. B, que ce dernier entend obtenir la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 4° de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il résulte des dispositions du 12° de l'article R. 431-14 du même code que le titulaire d'un récépissé de demande de première délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est autorisé à exercer une activité professionnelle. Par suite, M. B est également fondé à demander qu'il soit enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un nouveau récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Sur les frais liés au litige :
9. La présente ordonnance admet M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Gravier, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Gravier de la somme de 1 000 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle, d'une part, de délivrer à M. B, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, d'autre part, de réexaminer la situation administrative de M. B dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Article 3 : Sous réserve que Me Gravier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Gravier, avocate de M. B, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, à la préfète de Meurthe-et-Moselle et à Me Gravier.
Fait à Nancy, le 27 mai 2025.
Le juge des référés,
B. Coudert
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026