mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2104643 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | AARPI DE ABREU - GUILLEMINOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 juin 2021 et 29 octobre 2021, M. Michel Liénard, représenté par Me de Abreu, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les délibérations n° 2021-25 A, 2021-25 B et 2021-25 C du 14 avril 2021 par lesquelles le conseil municipal de la commune de Rumilly-en-Cambrésis a autorisé des demandes de subvention dans le cadre de l'aide départementale aux villages et bourgs, de l'aide à l'aménagement de trottoirs et des dossiers " amendes de police " ;
2°) d'annuler les délibérations n° 2021-36, 2021-37 et 2021-38 du 17 septembre 2021 du conseil municipal de la commune de Rumilly-en-Cambrésis ayant le même objet ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Rumilly-en-Cambrésis la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les sujets traités par les délibérations du 14 avril 2021 ne constituent pas des questions de faible importance pouvant être abordées au titre des questions diverses en méconnaissance de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales ;
- les délibérations du 17 septembre 2021 ne pouvaient retirer les délibérations du 14 avril 2021, dès lors que le délai de retrait de quatre mois était expiré.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2021, la commune de Rumilly-en-Cambrésis, représentée par Me Forgeois, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que le moyen soulevé par M. A à l'encontre des délibérations du 14 avril 2021 n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemée,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- les observations de Me Philippe représentant M. A et celles de Me Zkirim substituant Me Forgeois, représentant la commune de Rumilly-en-Cambrésis.
Considérant ce qui suit :
1. Par des délibérations n° 2021-25 A, 2021-25 B et 2021-25 C du 14 avril 2021, le conseil municipal de la commune de Rumilly-en-Cambrésis a accepté de solliciter des subventions dans le cadre de l'aide départementale aux villages et bourgs, de l'aide à l'aménagement de trottoirs et des dossiers " amendes de police " et autorisé le maire à signer les documents y afférents. Par des délibérations n° 2021-36, 2021-37 et 2021-38 du 17 septembre 2021, le conseil municipal de la commune de Rumilly-en-Cambrésis a, d'une part, annulé les délibérations n° 2021-25 A et 2021-25 B du 14 avril 2021 et, d'autre part, accepté de solliciter des subventions dans le cadre de l'aide départementale aux villages et bourgs, de l'aide à l'aménagement de trottoirs et des dossiers " amendes de police " et autorisé le maire à signer les documents y afférents. Par la présente requête, M. Michel Liénard, conseiller municipal, demande l'annulation de l'ensemble de ces délibérations.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les délibérations du 17 septembre 2021 :
2. Aux termes de l'article L. 243-3 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut retirer un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits que s'il est illégal et si le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant son édiction. "
3. Il ressort des pièces du dossier que les délibérations n° 2021-25 A et 2021-25 B du 14 avril 2021, qui sont des actes non réglementaires non créateurs de droits, ont été retirées par les délibérations n° 2021-36 et 2021-38 du 17 septembre 2021, soit postérieurement à l'expiration du délai de quatre mois. La délibération n° 2021-37 du 17 septembre 2021 ne mentionne pas expressément qu'elle annule et remplace une précédente délibération. Par suite, M. A est seulement fondé à soutenir que les délibérations n° 2021-36 et 2021-38 du 17 septembre 2021 sont intervenues en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 243-3 du code des relations entre le public et l'administration.
4. Il résulte de ce qui précède que les délibérations n° 2021-36 et 2021-38 du 17 septembre 2021 doivent être annulées en tant qu'elles retirent les délibérations n° 2021-25 A et 2021-25 B du 14 avril 2021.
En ce qui concerne les délibérations du 14 avril 2021 :
5. Aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. () ".
6. Il résulte de ces dispositions que le conseil municipal ne peut délibérer régulièrement que sur les questions inscrites à l'ordre du jour, à l'exception des questions de faible importance susceptibles d'être traitées au titre des " questions diverses ".
7. En l'espèce, il n'est pas contesté que l'ordre du jour de la séance du conseil municipal de la commune de Rumilly-en-Cambrésis du 14 avril 2021 ne comportait aucun point portant sur des demandes de subvention au titre de l'aide départementale aux villages et bourgs, de l'aide à l'aménagement de trottoirs pour les routes départementales et des dossiers " amendes de police " auprès du département du Nord qui ont été examinées au titre des " questions diverses ". Alors que l'objet de ces délibérations porte seulement sur des demandes de subvention et non sur le principe-même des travaux et eu égard à la faible importance de ces questions et à l'absence de conséquences négatives sur les finances communales, le conseil municipal a pu régulièrement délibérer sur ces questions, au titre des " questions diverses ", quand bien même elles ne figuraient pas à l'ordre du jour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des délibérations n° 2021-25 A, 2021-25 B et 2021-25 C du 14 avril 2021.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Rumilly-en-Cambrésis, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante pour l'essentiel, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
10. Il y a lieu, en revanche, de faire application des dispositions citées au point précédent et de mettre à la charge de M. A une somme de 600 euros au titre des frais exposés par la commune de Rumilly-en-Cambrésis et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les délibérations n° 2021-36 et 2021-38 du 17 septembre 2021 de la commune de Rumilly-en-Cambrésis sont annulées en tant qu'elles retirent les délibérations n° 2021-25 A et 2021-25 B du 14 avril 2021 de la commune de Rumilly-en-Cambrésis.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : M. A versera à la commune de Rumilly-en-Cambrésis une somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. Michel Liénard et à la commune de Rumilly-en-Cambrésis.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. LEMÉE
Le président,
Signé
X. FABRE
Le greffier,
Signé
A. DEWIÈRE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604347
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête en référé suspension de M. A..., ressortissant béninois, contre un arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour étudiant et l'obligeant à quitter le territoire. Concernant l'obligation de quitter le territoire, le juge a jugé les conclusions irrecevables en raison de l'existence d'une procédure spéciale de recours suspensif prévue à l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sur le refus de séjour, la condition d'urgence n'étant pas contestée, le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment le défaut d'examen particulier et la méconnaissance de l'article L. 422-1 du même code, n'était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a donc été rejetée dans son intégralité.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604358
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision de rupture de contrat de Mme B... prise par le maire de Léognan. Le juge a relevé que la requérante n'avait pas introduit de requête distincte en annulation, rendant ses conclusions à fin de suspension manifestement irrecevables. Par ailleurs, il a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée, l'agent en période d'essai ne bénéficiant pas d'un droit à la poursuite de son contrat et son absence non justifiée à l'entretien préalable ne permettant pas de retenir un préjudice grave et immédiat.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2602937
Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du ministre de l’intérieur du 26 mars 2026 informant M. A... de la perte de validité de son permis de conduire. La requête a été jugée irrecevable car M. A... n’avait pas déposé de recours en annulation parallèle, condition prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative. À titre subsidiaire, le juge a estimé que le moyen tiré de ce que les infractions auraient été commises par son fils n’était pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, la réalité des infractions étant établie par le paiement des amendes forfaitaires conformément à l’article L. 223-1 du code de la route.
01/06/2026