mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2104654 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | AARPI DE ABREU - GUILLEMINOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 juin 2021 et 29 octobre 2021, M. Michel Liénard, représenté par Me de Abreu, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération n° 2021-13 du 14 avril 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Rumilly-en-Cambrésis a approuvé le compte de gestion de l'année 2020 ;
2°) d'annuler la délibération n° 2021-14 du 14 avril 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Rumilly-en-Cambrésis a approuvé le compte administratif de l'année 2020 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Rumilly-en-Cambrésis la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le compte de gestion a été approuvé après le compte administratif en méconnaissance des dispositions de l'article L. 1612-12 du code général des collectivités territoriales ;
- ni le compte administratif, ni le compte de gestion ne sont sincères en méconnaissance des dispositions de l'article L. 1612-4 du code général des collectivités territoriales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2021, la commune de Rumilly-en-Cambrésis, représentée par Me Forgeois, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemée,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- les observations de Me Philippe représentant M. A et celles de Me Zkirim substituant Me Forgeois, représentant la commune de Rumilly-en-Cambrésis.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération n° 2021-13 du 14 avril 2021, le conseil municipal de la commune de Rumilly-en-Cambrésis a approuvé le compte de gestion de l'année 2020. Par une délibération n° 2021-14 du même jour, le conseil municipal a approuvé le compte administratif de l'année 2020. Par la présente requête, M. Michel Liénard, conseiller municipal, demande l'annulation de ces deux délibérations.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 1612-4 du code général des collectivités territoriales : " Le budget de la collectivité territoriale est en équilibre réel lorsque la section de fonctionnement et la section d'investissement sont respectivement votées en équilibre, les recettes et les dépenses ayant été évaluées de façon sincère, et lorsque le prélèvement sur les recettes de la section de fonctionnement au profit de la section d'investissement, ajouté aux recettes propres de cette section, à l'exclusion du produit des emprunts, et éventuellement aux dotations des comptes d'amortissements et de provisions, fournit des ressources suffisantes pour couvrir le remboursement en capital des annuités d'emprunt à échoir au cours de l'exercice. " Aux termes de l'article L. 1612-14 du même code : " Lorsque l'arrêté des comptes des collectivités territoriales fait apparaître dans l'exécution du budget, après vérification de la sincérité des inscriptions de recettes et de dépenses, un déficit égal ou supérieur à 10 % des recettes de la section de fonctionnement s'il s'agit d'une commune de moins de 20 000 habitants et à 5 % dans les autres cas, la chambre régionale des comptes, saisie par le représentant de l'Etat, propose à la collectivité territoriale les mesures nécessaires au rétablissement de l'équilibre budgétaire, dans le délai d'un mois à compter de cette saisine. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que par un document intitulé " information " budget " à l'attention des conseillers municipaux ", la commune de Rumilly-en-Cambrésis a informé les conseillers municipaux que des dépenses issues du service des eaux et relatives à l'année 2020 seraient imputées sur le budget de l'année 2021. Pour justifier de la non-inclusion de ces dépenses dans les comptes administratif et de gestion de l'année 2020, la commune de Rumilly-en-Cambrésis fait valoir que ces dépenses d'un montant total de 113 759 euros ont été découvertes tardivement. Toutefois, ces dépenses se rattachant à l'année 2020 et en l'absence de toute précision sur la date exacte à laquelle ces dépenses ont été portées à la connaissance de la commune, elles devaient figurer aussi bien au compte administratif qu'au compte de gestion de l'année 2020. Par suite, M. A est fondé à soutenir que les délibérations n° 2021-13 et 2021-14 du 14 avril 2021 méconnaissent le principe de sincérité.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que les délibérations n° 2021-13 et 2021-14 du 14 avril 2021 doivent être annulées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Rumilly-en-Cambrésis au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
6. Il y a lieu, en revanche, de faire application des dispositions citées au point précédent et de mettre à la charge de la commune de Rumilly-en-Cambrésis une somme de 600 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les délibérations n° 2021-13 et 2021-14 du 14 avril 2021 de la commune de Rumilly-en-Cambrésis sont annulées.
Article 2 : La commune de Rumilly-en-Cambrésis versera à M. A une somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Rumilly-en-Cambrésis présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. Michel Liénard et à la commune de Rumilly-en-Cambrésis.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. LEMÉE
Le président,
Signé
X. FABRE
Le greffier,
Signé
A. DEWIÈRE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604347
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête en référé suspension de M. A..., ressortissant béninois, contre un arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour étudiant et l'obligeant à quitter le territoire. Concernant l'obligation de quitter le territoire, le juge a jugé les conclusions irrecevables en raison de l'existence d'une procédure spéciale de recours suspensif prévue à l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sur le refus de séjour, la condition d'urgence n'étant pas contestée, le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment le défaut d'examen particulier et la méconnaissance de l'article L. 422-1 du même code, n'était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a donc été rejetée dans son intégralité.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604358
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision de rupture de contrat de Mme B... prise par le maire de Léognan. Le juge a relevé que la requérante n'avait pas introduit de requête distincte en annulation, rendant ses conclusions à fin de suspension manifestement irrecevables. Par ailleurs, il a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée, l'agent en période d'essai ne bénéficiant pas d'un droit à la poursuite de son contrat et son absence non justifiée à l'entretien préalable ne permettant pas de retenir un préjudice grave et immédiat.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2602937
Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du ministre de l’intérieur du 26 mars 2026 informant M. A... de la perte de validité de son permis de conduire. La requête a été jugée irrecevable car M. A... n’avait pas déposé de recours en annulation parallèle, condition prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative. À titre subsidiaire, le juge a estimé que le moyen tiré de ce que les infractions auraient été commises par son fils n’était pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, la réalité des infractions étant établie par le paiement des amendes forfaitaires conformément à l’article L. 223-1 du code de la route.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2604046
Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de Mme B... qui sollicitait la suspension de saisies administratives à tiers détenteur émises pour le recouvrement de taxes foncières. La requérante invoquait l'urgence en raison de sa faible pension de retraite et un doute sérieux sur la légalité des saisies, notamment pour non-exigibilité d'une partie de la créance. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour Mme B... de justifier de conséquences graves liées à l'exécution des saisies. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026