mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2107530 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BERTHE |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 22 septembre 2021 sous le n° 2107530 et un mémoire enregistré le 2 janvier 2023 et non communiqué, Mme B D, représentée par Me Berthe, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2021 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application combinée des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que l'article D. 431-7 n'était pas applicable à la date du dépôt de sa demande ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
- il méconnait l'autorité de chose jugée.
Par un mémoire en défense enregistré 26 décembre 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 septembre 2021.
Par ordonnance du 22 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 9 janvier 2023.
II. Par une requête enregistrée le 22 septembre 2021 sous le n° 2107534 et un mémoire enregistré le 2 janvier 2023 et non communiqué, M. A C, représenté par Me Berthe, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2021 par lequel le préfet du Nord a refusé le lui délivrer le titre de séjour demandé ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application combinée des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que l'article D. 431-7 n'était pas applicable à la date du dépôt de sa demande ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
- il méconnait l'autorité de chose jugée.
Par un mémoire en défense enregistré 26 décembre 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 septembre 2021.
Par ordonnance du 3 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 19 janvier 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- les arrêts de la cour administrative d'appel de Douai nos 21DA00138 et 21DA00139 du 22 avril 2021 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Boileau ;
- et les observations de Me Berthe représentant Mme D et M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D, épouse C et M. A C, nés respectivement les 5 mai 1989 et 30 avril 1988 et de nationalité géorgienne, sont entrés en France le 24 janvier 2019 selon leurs déclarations. Par arrêtés du 27 juillet 2020, le préfet du Nord a refusé de leur délivrer un titre de séjour et a assorti ces décisions d'une obligation de quitter le territoire français. Les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour ont été annulées le 22 avril 2021 par la cour administrative d'appel de Douai, qui a enjoint au préfet du Nord de réexaminer les demandes de Mme D et de M. C. Par arrêtés du 20 juillet 2021, le préfet du Nord a à nouveau refusé de délivrer aux intéressés le titre de séjour demandé.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2107530 et 2107534 visées ci-dessus concernent la situation d'un couple d'étrangers et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a, par suite, lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Par deux arrêts nos 21DA00138 et 21DA00139 du 22 avril 2021, devenu définitifs, la cour administrative d'appel de Douai a annulé les décisions par lesquelles le préfet du Nord a refusé de délivrer aux requérants un titre de séjour en se fondant sur la circonstance que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui enferment dans un délai contraint la possibilité pour un étranger demandeur d'asile de solliciter une admission au séjour à un autre titre et qui servaient de fondement à ces décisions, n'étaient pas entrées en vigueur à la date d'enregistrement de leurs demandes d'asile. En fondant les décisions contestées sur le même motif, le préfet du Nord a méconnu l'autorité de chose jugée dont sont revêtus les arrêts précités. Les requérants sont, par suite, fondés à invoquer cette erreur de droit.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, que les arrêtés du 20 juillet 2021 doivent être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. L'exécution du présent jugement implique que le préfet du Nord procède à l'enregistrement des demandes de titre de séjour présentées par Mme D et M. C et qu'il leur délivre un récépissé de dépôt de cette demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée.
Sur les frais liés au litige :
6. Mme D et M. C ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle, leur avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Berthe, avocat de Mme D et de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Berthe d'une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés du préfet du Nord du 20 juillet 2021 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de procéder à l'enregistrement des demandes de Mme D et de M. C et à la délivrance d'un récépissé de dépôt dans le délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Berthe une somme de 1 500 euros en applications des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Berthe renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à M. A C, à Me Berthe et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
M. Huguen, premier conseiller,
M. Boileau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
C. BOILEAU
La présidente,
Signé
A-M. LEGUIN La greffière,
Signé
S. SING
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2107530, 2107534
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026