LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2200209

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2200209

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2200209
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a examiné la demande de Mme A, aide-soignante au CHU de Lille, visant à faire reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie de l'épaule gauche. La juridiction a annulé la décision du directeur général du CHU refusant cette reconnaissance, ainsi que les rejets des recours gracieux. Se fondant sur l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986, le tribunal a estimé que les expertises médicales établissaient un lien direct entre la maladie et les contraintes du poste de travail (efforts de traction, port de charges). La solution retenue est l'annulation pour erreur d'appréciation, le CHU ne démontrant pas de circonstance particulière détachant la maladie du service.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 janvier 2022, Mme B A, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 8 avril 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie et de son arrêt de travail et de prendre en charge les soins en résultant et les décisions de rejet de ses recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier universitaire de Lille de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie ainsi que de l'arrêt de travail correspondant et de prendre en charge les soins en résultant ensemble les décisions de rejet de ses recours gracieux.

Elle soutient que le centre hospitalier de Lille a commis une erreur d'appréciation, sa pathologie étant en lien direct avec son poste de travail.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2022, le centre hospitalier universitaire de Lille conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- au vu du tableau des maladies professionnelles, les tâches réalisées par Mme A dans le cadre de l'exercice de ses fonctions, ne correspondent pas aux critères relevant d'une maladie professionnelle n° 57 A ;

- Mme A, qui est droitière, ne présente pas de difficulté au niveau de l'épaule droite ;

-il n'est pas lié par l'avis de la commission de réforme ni par les conclusions expertales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Célino,

- et les conclusions de Mme Courtois, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, aide-soignante, exerçait ses fonctions au sein du centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille depuis l'année 2013. Souffrant d'une pathologie de la coiffe des rotateurs de l'épaule gauche, elle a formulé, le 6 juin 2017, une demande de reconnaissance de l'imputabilité de sa maladie au service. Par une décision du 8 avril 2021, le directeur général du CHU de Lille a rejeté sa demande. Les recours gracieux formés par

Mme A ont été rejetés par deux décisions des 17 août 2021 et 25 novembre 2021.

Mme A demande au tribunal d'annuler les décisions des 8 avril 2021, 17 août 2021 et

25 novembre 2021 portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie ainsi que de l'arrêt de travail et de prendre en charge les soins en résultant.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. L'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa version applicable au litige, dispose que : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. ".

3. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service. Il appartient au fonctionnaire qui entend voir reconnaître le caractère professionnel d'une pathologie dont il souffre d'apporter des éléments de nature à justifier l'existence d'un lien direct entre cette pathologie et son travail habituel.

4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport d'expertise du

Dr C, que Mme A présente " une tendinopathie de la coiffe des rotateurs qui s'inscrit dans le cadre d'une maladie professionnelle 57 A ", que les soins effectués ont un lien direct et certain avec cette maladie déclarée le 6 juin 2017. Aucun état préexistant non imputable au service n'était mis en exergue par ce médecin, lequel a estimé que la reprise du travail était possible sous réserve d'éviter tout effort de traction du membre supérieur gauche, tout port de charge de plus de 5 kgs et toute élévation du membre supérieur gauche au-delà de 90°. Dans ces conditions, cette expertise médicale doit être analysée comme concluant à l'existence d'un lien direct entre la pathologie de Mme A et son travail d'aide-soignante. En outre, le Dr D, médecin du travail, a mis l'accent sur le caractère peu autonome des patients dont la requérante s'occupait et a souligné que les différentes activités réalisées entraînaient des sollicitations contraignantes pour les membres supérieurs. Il ressort de la fiche de poste de

Mme A que l'intéressée devait notamment aider à la réalisation des toilettes des patients semi-valides, réaliser les toilettes des patients invalides, procéder au lever et à la mise au fauteuil des patients. Dans son recours gracieux, reçu par le CHU de Lille le 7 mai 2021, Mme A a indiqué que le rehaussement ou le lever des patients s'effectuait seule, que ces derniers étaient régulièrement agités, tombaient au sol et qu'elle utilisait ses deux bras pour relever un patient ou pour faire la toilette d'un patient lourdement handicapé, éléments non sérieusement contestés par le CHU. Enfin, la commission de réforme a émis un avis favorable à l'imputabilité de la pathologie au service. Par suite, en dépit du fait que Mme A soit droitière et que le centre hospitalier ne soit pas lié par les conclusions expertales et l'avis de la commission de réforme, la requérante doit être regardée comme apportant la preuve d'un lien direct entre sa pathologie et ses fonctions d'aide-soignante. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que les décisions attaquées sont entachées d'une erreur d'appréciation.

5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'affection en cause et, par voie de conséquence, des décisions de rejet de ses recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. En raison du motif qui la fonde, l'annulation des décisions attaquées implique nécessairement que soit reconnue l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A, ainsi que de l'arrêt de travail correspondant et la prise en charge des soins en résultant. Il y a lieu d'enjoindre au directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

DÉCIDE :

Article 1er : Les décisions des 8 avril 2021, 17 août 2021 et 25 novembre 2021 par lesquelles le directeur du centre hospitalier universitaire de Lille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A et de l'arrêt de travail du 13 mai 2019 au 2 février 2020, ainsi que la prise en charge des soins correspondants, sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au centre hospitalier universitaire de Lille de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie déclarée par Mme A le 6 juin 2017 et de l'arrêt de travail du

13 mai 2019 au 2 février 2020, et de procéder à la prise en charge des soins correspondants, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier universitaire de Lille.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Riou, président,

- Mme Jaur, première conseillère,

- Mme Célino, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

C. CélinoLe président,

Signé

J.-M. Riou

La greffière,

Signé

D. Wisniewski

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions