mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2202579 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | DANSET-VERGOTEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 avril 2022, Mme D C, représentée par Me Danset-Vergoten, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 19 août 2021 par laquelle le directeur territorial de Lille de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de rétablir rétroactivement ses conditions matérielles d'accueil dans les dix jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Danset-Vergoten, avocate de Mme C, de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente à défaut pour l'OFII de justifier d'une délégation de signature ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 551-16 et D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'il n'est pas établi qu'elle a été informée de la possibilité que les conditions matérielles d'accueil lui soient " retirées " ;
- elle a été prise en méconnaissance du principe général du droit à être entendue et de son droit de présenter des observations, prévu par les dispositions des articles L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et L. 551-15 et L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'OFII n'a pas procédé à une évaluation de ses besoins particuliers et de sa vulnérabilité, en méconnaissance des articles L. 551-15, L. 551-16, L. 522-1 et L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 522-1, R. 522-1 et R. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que, d'une part, les éléments médicaux qu'elle a fournis n'ont pas été examinés par un médecin de l'OFII, d'autre part, aucun avis relatif à sa situation médicale n'a été émis ;
- elle méconnaît les dispositions du paragraphe 5 de l'article 20 et les dispositions de l'article 21 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 en ce que la décision attaquée est fondée sur un motif non prévu par les dispositions précitées de cette directive et n'a pas pris en compte sa situation de vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L.551-15 et L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 522-1 et L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que des dispositions des articles 20 et 21 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 novembre 2021.
Par une ordonnance du 25 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée le 16 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Lançon, les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C, ressortissante guinéenne née le 23 décembre 1994, a présenté une demande d'asile auprès des services de la préfecture du Nord enregistrée le 2 novembre 2020. Par une décision du 19 août 2021, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Lille a mis fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil, en considérant que l'intéressée n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter à deux rendez-vous consécutifs et qu'elle avait été déclarée en fuite le 22 juin 2021. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler la décision du 19 août 2021 précitée.
2. En premier lieu, par une décision en date du 1er septembre 2020, régulièrement publiée sur le site internet de l'office français de l'immigration et de l'intégration, le directeur général de cet office a donné délégation à M. A B, directeur territorial à Lille, à l'effet de signer la décision en litige, laquelle relève des missions dévolues à cette direction. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, comprennent les prestations et l'allocation prévues aux chapitres II et III. " Aux termes de l'article L. 551-9 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente. " L'article L. 551-16 de ce code dispose, dans sa version applicable au litige : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : / () / 3o Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes; / () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1o, 2o ou 3o du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ". Enfin, l'article D. 551-18 du même code dispose : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature. / (). "
4. La décision attaquée, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des circonstances de fait de l'espèce, énonce, contrairement à ce qui est soutenu, les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle vise notamment les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile appliquées, alors même que l'article D. 551-18 a été cité par erreur comme étant l'article R. 551-18, qui n'existe pas, et précise que Mme C n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en ne se présentant pas à deux rendez-vous consécutifs et qu'elle a été déclarée en fuite par le préfet du Nord le 22 juin 2021. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée, qui est distinct de l'erreur de fait qui consisterait à ne pas démontrer la matérialité des faits en cause, doit être écarté.
5. En troisième lieu, la requérante se borne à faire valoir qu'il n'est pas établi qu'elle a été informée de la possibilité que les conditions matérielles d'accueil lui soient retirées, c'est-à-dire de la possibilité qu'il y soit mis fin. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du formulaire intitulé Offre de prise en charge au titre du dispositif national d'accueil, signé par la requérante le 2 novembre 2020, que celle-ci a été informée, dans une langue qu'elle comprend, avoir été informée des conditions et modalités de suspension, de " retrait " ou de refus des conditions matérielles d'accueil. En outre, il ressort également des pièces du dossier que Mme C a été informée, par courrier recommandé avec accusé réception du 29 juillet 2021, de l'intention de l'OFII de mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'elle n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en ne se présentant pas à deux rendez-vous successifs et en ayant été déclarée en fuite le 22 juin 2021, et a été invitée à présenter ses observations dans un délai de quinze jours. Le moyen tiré d'un vice de procédure à défaut d'information préalable doit donc être écarté.
6. En quatrième lieu, la requérante se borne à faire valoir qu'il n'est pas établi qu'elle a été mise à même de présenter ses observations préalablement à la notification de la décision attaquée. Ainsi qu'il a été dit au point précédent, il ressort des pièces du dossier que Mme C a été mise en mesure de présenter ses observations préalablement à la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu et de faire des observations préalables manque en fait et doit être écarté.
7. Aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. " L'article L. 522-2 du même code dispose : " L'évaluation de la vulnérabilité du demandeur est effectuée par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin. ". Aux termes de l'article R. 522-1 de ce code : " L'appréciation de la vulnérabilité des demandeurs d'asile est effectuée par les agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en application des articles L. 522-1 à L. 522-4, à l'aide d'un questionnaire dont le contenu est fixé par arrêté des ministres chargés de l'asile et de la santé. ". Selon l'article R. 522-2 du même code : " Si, à l'occasion de l'appréciation de la vulnérabilité, le demandeur d'asile présente des documents à caractère médical, en vue de bénéficier de conditions matérielles d'accueil adaptées à sa situation, ils sont examinés par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui émet un avis. "
8. Les dispositions de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles prises pour son application citées au point précédent, applicables lors de l'enregistrement de la demande d'asile afin de déterminer les besoins particuliers éventuels d'accueil du demandeur, ne peuvent être utilement invoquées à l'appui d'une contestation d'une décision portant cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui ont été initialement définies. En outre, contrairement aux affirmations de la requérante, il ressort en particulier des copies d'écran de l'application DN@ (dispositif national d'accueil) produites par l'OFII en défense, que l'administration a procédé à une évaluation de ses besoins et qu'aucune information ni document de nature médicale ne lui avait été communiqué par l'intéressée. Si Mme C soutient qu'elle présente une situation de vulnérabilité en lien avec son état de santé, l'unique pièce médicale qu'elle produit est un courrier d'un médecin de la Maison médicale de Lille-Sud renvoyant la patiente à un confrère, et faisant état, sans autre précision, d'une " prise en charge chirurgicale de mutilations sexuelles ". Ce seul document, sans indication d'un suivi ou traitement, n'est pas de nature à démontrer que l'état de santé de la requérante fait obstacle à la cessation de ses conditions matérielles d'accueil. Enfin, la requérante ne peut utilement invoquer l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel est relatif au refus des conditions matérielles d'accueil. Par suite, les moyens tirés du vice de procédure, de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation au regard des articles L. 551-15, L. 551-16, L. 522-1, L. 522-2 et R. 522-1 et R. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 : " 1. Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : / () / b) ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités () / () / En ce qui concerne les cas visés aux points a) et b), lorsque le demandeur est retrouvé ou se présente volontairement aux autorités compétentes, une décision dûment motivée, fondée sur les raisons de sa disparition, est prise quant au rétablissement du bénéfice de certaines ou de l'ensemble des conditions matérielles d'accueil retirées ou réduites. / () / 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les Etats membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs ". Aux termes de l'article 21 de cette même directive : " Dans leur droit national transposant la présente directive, les États membres tiennent compte de la situation particulière des personnes vulnérables, () ".
10. Mme C ne peut utilement se prévaloir directement des dispositions des articles 20 et 21 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 sans faire état de l'incompatibilité avec ces dispositions des règles nationales dont l'Office français de l'immigration et de l'intégration a fait application. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de la directive 2013/33/UE citées au point précédent ne peut qu'être écarté.
11. En sixième lieu, d'une part, il résulte des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 3 que le motif tiré de l'absence de l'intéressée au rendez-vous qui lui a été fixé par l'autorité administrative peut fonder une décision de cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil d'une demandeuse d'asile. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que Mme C, qui a fait l'objet d'un arrêté de transfert aux autorités espagnoles du 4 février 2021, ne s'est pas rendue à deux convocations successives qui lui étaient faites par la préfecture du Nord, par courrier recommandé avec accusé réception, aux rendez-vous des 23 avril 2021 et 21 juin 2021 et qu'elle a été, le 22 juin 2021, déclarée en fuite. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 8, la requérante ne peut utilement invoquer l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, en mettant fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil au motif que cette dernière n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, le directeur territorial de l'OFII n'a pas commis d'erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 551-15 et L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen doit être écarté.
12. En septième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 7 à 11, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 522-1 et L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que des dispositions des articles 20 et 21 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 doit être écarté.
13. En huitième et dernier lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la décision serait entachée d'un défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressée. Le caractère " sérieux ", c'est-à-dire en réalité fondé, de l'examen auquel s'est livrée l'administration, relève quant à lui de la qualification juridique des faits.
14. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 19 août 2021 par laquelle le directeur territorial de Lille de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à Me Danset-Vergoten et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2024.
La rapporteure,
signé
L.-J. Lançon
Le président,
signé
J.-M. RiouLa greffière,
signé
I. Baudry
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026